Ces informations seraient à prendre au conditionnel

kljol-008.jpgEt voici revenue cette période difficile entre toutes : celle des vacances des autres. Le mois de juillet s’annonçant (pluvieux), voilà-t-y pas que les bambins ont rangé leur cartable et déclaré la guerre à toute forme d’activité nécessitant l’utilisation prolongée (plus de dix minutes) de leur cerveau. Fort bien, je ne m’y oppose pas, ayant moi-même, il y a quelque temps de cela, fait usage des mêmes congés avec les mêmes velléités (ou leur absence). N’empêche : quand les adultes, leurs parents, et vice-versa, ponctuent chaque jour que juillet fit avec un “aaaaaaaah, enfin les vacances!”, que répondre, je vous le demande?

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Bon, d’accord, côté actualités (ou inactualité), je n’ai pas grand chose à vous mettre sous la dent. La faute, justement, auxdites vacances. Tout juste puis-je vous préciser, rapport à ce roman que j’aurais écrit et que mon éditeur aurait accepté, qu’il paraitrait au premier trimestre 2009 (vous aurez noté que l’information n’est pas à prendre à l’indicatif). Ce qui me laisse(rait) pas mal de temps pour faire les corrections et libère(rait, sauf que du coup, l’accent s’aiguise à la syllabe précédente) de la place pour musarder en petite tenue 100% Lycra sous les parasols ou les cocotiers, ça dépend du budget.

 

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Sauf que non, même pas (je ne suis pas particulièrement fière de cette phrase mais tant pis, je laisse).

 

Parce que, comme le dira un jour le proverbe que je vous propose en cette belle occasion (rhhhââââââ, l’étééé, les vacaaaaances!), Si en juillet tu dramatises, en août tu seras polyglotte, ma fille. Bon, d’accord, il est (serarait) nul, ce proverbe. N’empêche : avec M’sieur Causse, on doit écrire très vite deux pièces (de boucherie) qu’on nous a commandées. Et j’ai la mienne propre à ajuster pour les compagnies qui s’étaient déclarées intéressées à l’époque (quand c’était même pas encore les vacances). Et aussi, il est possible qu’on ait à se lancer dans la traduction d’une saga en douze tomes du bas-arménien vers le français. Et que je doive fournir très vite aux dames de Talents Hauts le synopsis d’un bilingue SF (j’y suis presque, j’arrive!). Sans compter un recueil de nouvelles que je dois au CNL (mais à moi avant tout), un manuel de management à traduire du québécois en françois toutes affaires cessantes, et je ne vous parle même pas du reste tellement c’est au conditionnel (futur).

 

Et un nouveau logement à trouver.

 

Et de la confiance à prendre.

 

Et du bonheur à revendre (très cher, c’est du hi tech dernier cri éthicable), dont deux bons tiers de virtuel.

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Et la poussière à faire sur mon bureau, pis le linge à étendre.

 

Là encore, ces informations sont à prendre, sinon avec précaution, du moins avec des pincettes, et en tout cas au conditionnel.
(Ce non-post de ce non-blog aurait également pu s’intituler : Je n’ai rien à dire, et alors? Du coup, je mets des images, j’avais promis que non, mais il semblerait que j’aie peint quand même…)

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Un peu de tout

D’abord, vous dire que mon prochain (et premier, en quelque sorte) roman ne s’intitulera pas Angle mort, et que c’est pourtant une bonne nouvelle.

Ensuite, mais ça c’est juste pour faire râler (mais râle-t-il vraiment? Je n’arrive pas à le déterminer…) M’sieur Fournier, hier jeudi 5 juin, nous avons joué avec la Teigne devant le Palais de Justice à Toulouse pour soutenir les faucheurs d’OGM.

Ce qui m’amène* à évoquer le fait que le mercredi 11 juin, à 17h30, je causerai dans le poste pour l’émission Transversales de Christian Moretto, et ce en compagnie de mes sombres amies les Filles du Noir… ça va papoter sec sur radio Mon Païs!

Toujours le 11 (quel brio dans la transition, décidément), et même si cela n’a rien à voir avec mon actualité (je suis une punk et j’assume) vous pourrez assister à la première représentation de Tonton Maurice est toujours mort. …comment ça, qu’es aco?

Ahem, j’explique. Enfin non, pas moi, je laisse l’auteur pitcher** la chose :

Bonjour,
Je m’appelle Maurice, et je suis mort.
J’ai vécu toute ma vie dans une petite maison à la campagne, dans la cuisine, face à la télévision. Aujourd’hui, je suis dans le salon, et de vieilles femmes me veillent (mais personne n’a pensé à rentrer mes poules).
Dans la cuisine, il y a Mo, Ariane et Camille, mes petits-neveux. Ils parlent de moi, ils parlent d’eux - Mo, l’aîné, est homo, Ariane sa soeur aime s’occuper de tout, et Camille, la petite dernière, pense à autre chose. Ils s’aiment et se disputent, se chambrent en cuisine en attendant de m’accompagner dans mon prochain logement - le dernier, normalement.
Mais ce qu’ils apprendront de moi au cours de cette veillée funèbre leur en dira aussi beaucoup sur eux-mêmes.
Surtout s’ils pensent à rentrer les poules.

“Tonton Maurice est toujours mort”, une pièce de Manu Causse par la compagnie À la fin de l’envoi, (mise en scène Pascal Lebret), du 11 au 28 juin (du mercredi au samedi) au Théâtre de Poche, rue El Alamein (faubourg Bonnefoy), Toulouse (métro Marengo SNCF).

Réservations au 05 61 48 25 52 - par mail : theatredepochetoulouse@tiscali.fr ou sur http://www.boodu.com/salle.php?id=poche

C’est vraiment une belle pièce, et ce n’est pas parce que ma vision est, allez savoir pourquoi, totalement partiale, qu’il ne faut pas me croire : allez, zou, au théâtre, les Toulousains et avoisinants!

Et comme vous êtes restés jusqu’au bout (de ce non-post sur ce non-blog), vous avez droit à une image…

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*mais si, c’est lié : à Transversales, on cause littérature et écologie (donc fauchage d’OGM, QED)

** pitcher, c’est encore de l’occitan, c’est dérivé de pichòt qui veut dire petit, d’où : “faire un petit résumé de l’histoire (boudu)”.

Quelques chiffres

…ne fût-ce que pour justifier l’existence de ce non-blog d’actualités.

J’ai passé sous silence mes activités du mois passé (encore que, si vous descendez un peu, vous verrez qu’il y a des images) pour d’excellentes raisons : le manque de temps (30%), l’absence d’envie (20%), l’absence tout court (10%) et une grosse flemme (ça doit faire dans les 40%, je ne recompte pas). Chose incroyable, le monde ne s’est pas arrêté de tourner pour autant (encore que la rondeur de ses révolutions ne se soit pas améliorée, mais ceci fera l’objet d’un autre débat, ou pas).

Quelles conclusions en tirer?

Eh bien… aucune. Autrement dit, zéro.

On avance, non?

Ou alors si : ayant établi la preuve que ma présence dans la blogosphère n’était pas indispensable à la bonne marche du monde, je vais m’y installer d’autant plus volontiers que je suis soulagée de constater qu’aucun de mes faits, gestes et phrases n’aura de conséquence sur l’avenir de la planète ou de l’humanité. Non, parce que, voyez-vous, je craignais que mes activités internautiques (ou leur absence) ne créent d’infimes (Σ) remous susceptibles de provoquer raz-de-marée, séismes, désertifications, inondations, révolutions ou retour du talon compensé. Genre effet papillon (enfin, araignée, pour rester dans le champ sémantique, c’est-à-dire sur la toile). Alors que non, pas du tout : les talons compensés, je n’y suis pour rien. En revanche, je tiens à ce sujet un responsable tout désigné, mais qu’il serait petit, justement, de montrer du doigt.

Mais je parle, je parle, et je ne dis rien. Tout ceci n’a en effet aucune sorte d’intérêt, et les vagues théories que je tricote, outre qu’elles sont fumeuses, sont pleines de trous et manquent de chiffres. Tant pis, je laisse.

Non, en fait, je venais vous parler de mon actualité. Mais comme j’en ai peu, je remplissais pour étoffer.

Ahem. C’est parti.

Le 15 mai, je serai à Dijon (19) pour la remise du Prix des lycéens et apprentis de Bourgogne.

Le 22 mai, à Tournefeuille (31), dans le cadre du festival Histoires en toutes lettres consacré cette année au roman noir, j’interviendrai à partir de 19h lors d’une rencontre intitulée Emmanuelle Urien remet les monstres à l’heure. Pour que ce soit plus joli et rythmé, je lirai également deux nouvelles (dont une inédite) accompagné de Manu Causse à la guitare. Il y aura une séance de dédicaces, aussi.

Le 27 mai, j’interviens auprès de trois classes au collège de Léguevin (31).

Le 31 mai, je remets le Prix du Lecteur du Val à Péchabou (31), et j’en profite aussi pour gribouiller des trucs sur des livres (j’ai le droit, c’est les miens).

Le 19 juin, avec mes quatz’amies les Filles du Noir (Solenn Colléter, Magali Duru, Fabienne Ferrère, Patricia Parry), nous animerons le Café littéraire de Plaisance du Touch (31).

Voilà… avec tous ces chiffres, vous pourrez au moins remplir votre grille de loto …comment ça, y en a pas assez? Et si je vous ajoute une soirée kebab le 12 mai à Pellouailles-les-vignes (49), ça passe?

La prochaine fois, je vous parlerai de théâtre.

Roman photo

Mind mapping on paperboard - quelques mots issus de l’atelier de Saint Orens… Mind mapping on paper-board… quelques mots rescapés de l’atelier de Saint Orens, aujourd’hui clos, en attendant la parution du livre aux éditions Loubatières (sortie le 6 juillet sous forme de coffret).

bonnefoy-024.jpg Saint Orens, toujours. Quinze heures de travail acharné sans relever la tête de sa copie. Aujourd’hui, les quatorze participants sont en cure de sommeil. La littérature leur dit merci.

bonnefoy-091.jpgÀ Fréjus par le chemin des écoliers. Uniquement parce que j’aime les coquelicots…

bonnefoy-109.jpgFréjus encore, la villa Aurélienne qui nous abrita (y compris nuitamment) à l’occasion des délibérations et de la remise des prix du concours de la Nouvelle en Mille mots.

bonnefoy-126.jpg Le Pont-Neuf sur la Garonne, ô Toulouse…

Si vous avez manqué le début…

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Un rapide examen des lieux et une datation au carbone 14 m’indiquent que le sol poussiéreux de ce non-blog n’a pas été foulé depuis bientôt un mois.

Pas par moi, en tout cas…

Nous sommes le 3 avril 2008, il est 5h30 du matin, et comme la machine à sommeil s’est enrayée (la mienne ne vaut rien, j’ai dû écoper d’un modèle d’occasion), autant mettre à profit le temps qu’il me reste avant le lever des trolls pour revenir un peu sur les trente derniers jours avant de, peut-être, parler des trente prochains. C’est un non-blog d’actualités, ici, tout de même!

Un examen approfondi de l’actualité du mois passé m’apprend en particulier qu’en mars figuraient parmi mes (pré)occupations le bouclage d’un roman, et un marathon littéraire en Bourgogne.

Je pense avoir mené le premier à bien (mais seuls l’avenir et mon éditeur nous le confirmeront) et, quant au second, permettez que j’y revienne en détail : La sélection de La collecte des monstres pour le Prix Littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne, m’a amenée à sillonner cette jolie région pendant quelques jours au cours desquels j’ai pu rencontrer, dans le désordre, quelque 700 lycéens dont une bonne partie de lecteurs motivés et brillants, des organisatrices impliquées et aussi adorables l’une que l’autre (Coucou, Cécile et Marion), des profs et documentalistes enthousiastes et un maire sortant qui ne le méritait pas (ça vous a un petit côté politique, ça…tant pis, je laisse, au risque de faire fuir mon lectorat de droite). Ma timidité naturelle devant les foules (la timidité en question considérant qu’au-delà de cinquante personnes, le public se transforme en foule) en a pris un coup et s’est carapatée ; sans aller jusqu’à dire que j’étais absolument à l’aise, l’intérêt affirmé des uns et des autres pour mes monstrueuses petites histoires m’a enchantée… qui a dit que les adolescents ne lisaient plus? …Ils seront 1990 à voter pour leur livre préféré sur les dix œuvres sélectionnées, et que le scrutin me soit favorable ou pas, je reviendrai le 15 mai à Dijon pour retrouver tout ce beau monde. Et un clin d’œil spécial à l’étonnante Léna-sur-sa-péniche.

Passons maintenant à l’actualité future (les contradictions internes de certains termes de ce non-blog m’effraient parfois) : vendredi 4 avril, je remettrai le Prix de la ville de Balma 2008 à l’occasion du Salon des littératures francophones, j’invite tous les lecteurs de la région à s’y rendre, c’est un beau salon très bien animé (cela dit, ne me cherchez pas : cette année je n’y signe pas, mais il y aura toutes les Filles du Noir). Samedi 12 avril, je remettrai à Fréjus le Prix de la nouvelle en 1000 mots, et le dimanche, on me trouvera peut-être les pieds dans l’eau sur la plage. Le 22 avril, je commence l’animation d’un nouvel atelier d’écriture à Balma (L’écriture du noir, tiens donc).

Je ne donne pas encore mon programme de mai, il convient de maintenir une certaine attente chez le lecteur, c’est un procédé qui a fait ses preuves chez d’autres.

En attendant, je poursuis mes petites besognes quotidiennes ; dernière session de mon atelier à St Orens samedi prochain, avec préparation des copies pour l’éditeur ensuite ; correction d’un ouvrage sur les complexes (plus je le lis, moins j’en ai, comme quoi ça marche…), lecture et notation de manuscrits pour les concours que je préside (ouh, le vilain mot), et tout plein de petits projets à remettre sur le métier depuis leur mise à l’écart pour cause d’écriture de roman, à savoir un jeunesse bilingue SF, un recueil de nouvelles, une pièce de théâtre à étoffer, plein de courrier en retard (voilà qui est nouveau), un site à remettre à jour, de la musique à écrire et jouer, tout ça. Et garder confiance, mon amour, on va y arriver.

On ne va pas s’ennuyer. Pas avant 2010…Fondu BourguignonFondu Bourguignon

Bricolittérature…atelier, part I

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MaisonsAujourd’hui samedi, j’ai rejoint à Saint Orens les participants de l’atelier que j’anime pour la Boutique d’écriture du grand Toulouse sur le thème de la maison, croisé avec les dix illustrations de Ronald Curchod que vous pouvez voir ici.

Illustrations qui, il faut bien le dire, ont été unanimement perçues comme sombres, angoissantes ou morbides pour certaines. Dans un premier temps en tout cas. En contraste parfait avec ce que tous mettaient dans l’idée de maison.

Qu’à cela ne tienne : écrivons sur ce contraste. Pour passer de l’ombre à la lumière, et poursuivre les séances au soleil… Alors voilà :

Navire échoué sombrant dans une marée noire, maison aux portes gommées, aux fenêtres murées.

Bloc dérivant en marge d’un monde étrange et minéral.

Vaisseau fantôme enlisé dans la boue d’un marécage.

Une boîte sans ouverture.

Un désaccord frappant entre soi et cette autre vision de soi.

Un lieu tourmenté qui m’échappe, détaché du reste du monde. Aucun bruit et quelque chose de pesant qui met mal à l’aise.

Une cellule vide et verrouillée.

Un foyer asphyxié par l’ennui qui consume les rêves pour n’en laisser que des cendres éclairant à peine le lendemain : lundi c’est un calvaire, mardi c’est un tombeau ; un baraquement qui s’écroule le mercredi.

Un grand mur.

Arrogant.

Qui me retient prisonnière.

Un grand mur, très haut, et tout juste crépi, et qui n’attend rien, rien pour le faire vivre.

Prisonnière de l’extérieur.

Coquille vide dans un décor, inquiétant mélange de cahutes de camps et de hangars déserts, bâtisse éphémère close comme une tombe.

Une maison sans porte, sans lumière, sans chaleur.

Rien de bon ne peut sortir de ces murs gris cernés de flaques sombres. Le seul être vivant est un monstre de conte.

A travers les fenêtres minuscules, des arbres squelettiques se détachent sur la lueur sinistre d’un incendie.

Cube sans porte dont la tristesse étouffe mon âme dans la marée noire d’une nuit menaçante.

Cette maison, je n’en veux pas.

Ma maison, je la veux remplie de soleil, percée de larges baies captant le point du jour, bercée de cris d’enfants qui écrasent mes fleurs avec leur ballon. Sur le bord de la fenêtre refroidit la tarte aux pommes, et le chien-qui-sourit fait un somme.

Ma maison, j’y mets du rouge, du brun, du blanc pour l’apaiser. Des photos de ceux que j’aime aux murs, et je sais que la porte n’est pas fermée.

Ma maison, elle est sensuelle comme une yourte, et l’air déplace çà et là, dans les recoins de son jupon, des brassées d’odeurs aux multiples couleurs, des saveurs venues d’un ailleurs.

Ma maison. Pas massive, mais bien assise, mitoyenne d’autres maisons, calée entre ses voisines, les épaulant, recevant des chats sur son toit et des amis dans son jardin.

Ma maison, elle n’a pas une ni deux, mais trois portes. Toujours ouvertes.

Ma maison est une fontaine au bord de laquelle il fait bon voir ruisseler l’eau comme le temps s’écoule, ma maison porte en elle toutes les saisons d’une vie réussie.

La maison est à la nature ce que mon cœur est à mon corps.

Mes omissions pour la qualifier ne sont que provisoires : toute ma vie je la passerai à la définir pour mieux l’habiter.

Ma maison. En partir et y revenir.

Juste en fermant les yeux.

Ce texte a été réalisé à partir de ceux que m’ont fourni Alain, Arlette, Audray, Christine, Colette, Françoise, Line, Monique, Nicole, Noëlle, Pascualina, Patricia, Robert, Sylvie (pardon de t’avoir, bien involontairement, oubliée!),Valérie. Ils sont forts, non?

Joyeuse surprise

 

Hier, j’ai incrémenté d’un an le décompte de ma vie.

 

Hier, j’ai eu un an de plus.

 

Hier, je me suis rapprochée de la fin.

 

Hier, je me suis éloignée du début.

 

Hier, je me suis aperçue que je n’avais toujours pas atteint l’âge de raison.

 

Hier, j’ai pris de la bouteille en toute discrétion.

 

Hier, plein de gens m’ont appelée en scandant les mêmes mots.

Bon, ça suffit comme ça. Vous l’aurez compris, hier c’était mon anniversaire, ce qui n’a rien d’exceptionnel en soi. A vrai dire, je n’y accorde moi-même, en général, qu’une attention très limitée (l’ampleur de l’attention en pareil cas étant d’ailleurs proportionnelle au nombre des années, tiens donc…). Quelqu’un d’autre, en revanche, s’est penché sur mon cas en ce jour-pas-comme-les-autres et, alors que je planchais bravement (et avec un rien de somnolence) sur le chapitre 15 (ouaiaiaiaias! …plus que 40…) de mon roman dans la quiétude tout relative (la faute au PC, il zonzonne fort) de mon petit chez-moi, la sonnette retentit.

 

(Là, un rien de suspens, forcément).

 

La suite, vous la connaissez. C’est un grand classique : la surprise des mille (selon les organisateurs ; la police et les voisins sont plus réservés sur ce chiffre, mais c’est le propre du genre) amis invités à une fête impromptue orchestrée par mon amour à grand renfort de complots et diversions diverses, la rugbystique n’étant pas la moindre.

 

Classique certes, mais d’autant plus efficace dans mon petit cas que c’était une grande première : moi je croyais que ça n’arrivait que dans les films ou chez les autres, ceux dont on entend toujours parler mais qu’on ne rencontre jamais. Heureusement, je n’étais pas en peignoir et en cheveux (sauf dans ma tête), quoique l’image me plaise.

 

J’ai adoré ça (oui, je sais, c’est mieux avec la petite robe cocktail décolletée ici et là, les bijoux et le maquillage idoine, mais… non, c’est pas mieux. Trop convenu. Et moi, les convenances, j’essaie d’arrêter).

 

Et maintenant, les remerciements. Loin de toute idée de respect poli des convenances, justement, par simple élan du coeur, le mien (désolée, c’est tout ce que j’ai à offrir, mais c’est du bio).

 

Merci à toi (normalement, là, ça s’affiche en gras, en rouge, en souligné, avec des clignotants partout pour dire qu’il faut cliquer d’ssus) pour ça et tout le reste ( il faudrait nos deux vies et des centaines de pages pour le dire comme il faut). Merci à Bob, Cyrille, Jenn, Marc, Michel, Solenn, Virginie, Yannick, Zélila (par ordre alphabétique de prénom, vous vous souvenez?). Et aussi à Angé-l’ange-échevelé, Fred-à-l’oeil-bleu, Magali-la-Bruxelloise-d’un-jour, Marion-l’inéloignée, Patricia-l’attentive… pas venues mais là quand même, d’une certaine façon.

 

Mes amis, mes amours, tralala…

 

On dirait les Césars. Tant pis, je laisse.

 

Pas de gâteau mais des bougies dans les yeux de tous, à commencer par les miens. A finir, d’ailleurs.

 

Et d’ailleurs, c’est fini.

 

Pas tout à fait : ce soir, suite aux suggestions de Zadig, on a recommencé, en famille recomposée. Il y avait de la réglisse et des mots glissés en douce, des dessins et des cornichons.

 

Mince, on a oublié la confiture. Faudra remettre ça.

 

And now, for something completely different.

 

Travailler. Le roman. Lecture des Nouvelles en 1000 mots sélectionnées en finale pour le concours que je préside cette année (il y a aussi le Lecteur du Val, mais je n’ai pas encore les finalistes. Et le Prix de la ville de Balma, mais le choix des lecteur ne m’a pas encore été communiqué). Mise en forme du texte collectif pour l’atelier que j’anime à St Orens, en attendant qu’on se retrouve samedi pour de nouvelles aventures. J’ai envoyé aujourd’hui le bon à tirer pour Jazz me down chez In8, ça sort début avril, prenez carrément le coffret Jazz Quartet. Penser, avec appréhension et joie, à ma tournée internationale en Bourgogne du 17 au 20 mars pour le Prix des Lycéens et Apprentis de Bourgogne. réfléchir à mon prochain atelier à Balma, sur le thème de l’écriture du noir. Traduire mes fiches de cuisine pour le 15. Trouver un appareil photo pas cher pour recommencer les photomontages sur mon site. Jouer du balafon (je vous ferai écouter, c’est l’un de mes cadeaux d’anniv). Continuer les cours particuliers de guitare (à ce propos, et ça n’a pourtant rien à voir mais tant pis je laisse, avec la Teigne on concerte le 12 mars au Fairfield café). Etoffer ma pièce Dessine-moi une maison.

 

Et vivre.

 

Joyeuse surprise, non?

 

 

 

Et le septième jour…

Qui a dit, déjà, que le dimanche était jour de repos?

Bon, je passe sur le samedi, dont la matinée fut consacrée à l’animation de mon premier atelier d’écriture. Je passe, parce que c’était un régal. Le regard des quinze participants sur les illustrations de Ronald Curchod m’a enchantée, c’est bon d’aller si loin dans le partage et la gaieté, je crains d’avoir reçu plus que je n’ai donné. Tant pis, je garde.

Aujourd’hui dimanche, nous étions de concert avec la Teigne, pour l’assemblée générale des AMAP* de Midi-Pyrénées. Chanter, jouer de la musique, c’est avant tout du plaisir. Et ce ne sont pas l’effondrement d’un ampli, le court-circuit de la sono, les froncements de sourcils du public dérangé par quelques décibels tombés dans la purée de topinambours (il y avait aussi des carottes, et c’était délicieux de toute façon) ou les changements de programme faisant tourner court le tour de chant, qui me feront penser le contraire.

Parce qu’aujourd’hui dimanche, il y avait aussi lecture, au Théâtre de Poche, de ma pièce Dessine-moi une maison. Présence obligatoire et ravie de l’auteur, présentation de la pièce, et le plein de rires dans la salle, il faut dire que les lecteurs/comédiens s’étaient appropriés les personnages avec maestria. Après, plusieurs propositions pour monter la pièce, par des metteurs en scène enthousiastes. Mince, il va falloir choisir, si je m’attendais à ça.

La vie d’artiste, des fois, c’est pas facile. Plaignez-moi, allez.

Tout ça pour dire quoi? Que j’adore les week-ends de travail. Et que je remercie tous ceux sans qui rien n’aurait été possible. En particulier mes deux petits trolls, qui ont supporté avec fougue et patience (si si, c’est possible) mes tensions de mère veillant à la fois sur sa progéniture, et à la bonne marche de ses activités artistiques. Et à mon amour, qui m’a prêté main forte (et quelle main!) dans ce qui aurait pu être une épreuve, et s’est avéré un délice. D’autant plus que lui aussi était de concert et d’audition théâtrale.

La vie d’artiste, des fois, c’est encore mieux à deux.

Sans transition (ça repose), un peu de musique : sur un texte de par moi-même, et une musique improvisée par Lofi (soit Manu Causse à la guitare-choeurs, JB-Djembé à la basse et, en guest-star, Ghislaine-la-jolie-voix-timide-en-fond, talentueuse dessinatrice dans le civil), un slam pris sur le vif il y a quelques soirs (une prise et, une fois n’est pas coutume, une seule piste), et donc très perfectible : Echec et maths.

Voilà, c’est tout pour ce septième jour (enfin moi, là, je continue, j’ai encore du travail…).

*AMAP : Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

Non, ne lisez pas, c’est pitoyable

Encore?

Deux jours de suite? Tu es sûre?

C’est juste qu’il y a des moments dans la vie où il devient vital de se détendre, et où rien ne semble efficace pour y parvenir.

Rien?

En fait, si, peut-être. Ecrire. ça* tombe bien, je sais faire. Mais pas n’importe quoi. Le meilleur remède au désespoir (même quand les raisons du désespoir peuvent sembler grotesques, surtout considérées, au choix, par un SDF au stade final de l’alcoolisme, un authentique orphelin du Darfour, ou le rescapé paraplégique et veuf d’un carambolage sur l’A86), c’est la dérision. Et même, j’irai plus loin : l’auto-dérision. Ah ah, j’en vois qui tremblent dans le fond…

Alors non, je n’exposerai pas ici l’étendue de mon malheur à moi. Ce n’est pas le lieu, il y a des blogs, pour ça.

…Mince alors, mais du coup, qu’est-ce que je vais faire? La liste des courses? Notez, j’avais dit que je la mettrais, c’est même affiché en toutes lettres sur l’en-tête de ce blog.

Oui mais non : les courses, je les ai faites hier. Il me manque bien des tomates, mais elles n’étaient pas belles, et de toute façon ce n’est pas la saison.

Alors justement (transition), tant qu’à être hors de saison, hors de propos, hors de moi et hors du monde, je vais faire ma liste de Noël.

Cher Père Noël,

je sais que je m’y prends un peu tard, mais peut-être que, comme pour les soldes, vous pourrez dénicher parmis vos invendus quelques-unes des bricoles que je n’ai pas osé réclamer en décembre, et qui ne priveront personne puisque c’est à moi seule qu’elles iront comme un gant. Et tant qu’à y être, mettez carrément la paire, ça évitera un voyage inutile. Alors voilà :

- une bonbonne de gaz hilarant goût menthe poivrée pour s’esclaffer l’haleine fraîche en toute occasion,

- un peigne à carder en titane pour démêler les nerfs d’acier en pelote,

- la cotte de mailles du chevalier Bayard (retaillée en 34) pour encaisser les coups bas de l’adversité, avec renfort spécial au niveau du coeur,

- une machine à remonter le temps à l’envers avec détecteur de bons moments pour anticiper les plages de bonheur et pouvoir s’y vautrer hors saison (on y revient),

- un baillon en cuir rouge (euh…) pour faire taire la petite voix intérieure geignarde,

- une copine un peu lourde qui viendrait me donner des coups de coude dans les côtes en se moquant de moi et en répétant que hein, tant qu’on a la santé, hein, hein? (Aïeue…),

- Un sirop pour la toux parce qu’aujourd’hui les pharmacies sont fermées et que lundi il sera trop tard, avec tout ce qui m’arrive je serai sûrement décédée, keuf keuf**,

- Mehr Licht, bitte! Und eine Tasse Tee. Kein Zucker, Danke.

Voilà, c’est tout pour le moment. Je me réserve le droit de compléter cette liste quand je veux et comme je veux, ou de me taire à jamais. Adieu monde cruel, c’est portes ouvertes au Museum, j’emmène les trolls.

* trop compliqué pour Wordpress, le ç majuscule…

**comme dans : passed on! I am no more! I have ceased to be! I’ve expired and gone to meet my maker! I’m a stiff! Bereft of life, I rest in peace! Pushing up the daisies! My metabolic processes are now history! I’m off the twig! I’ve kicked the bucket, shuffled off this mortal coil, ran down the curtain and joined the bleedin’ choir invisibile!! I AM AN EX-PARROT!!

Ben voilà, c’est fait, je l’ai dit, avoué, écrit : en vrai, je suis une perruche. Enfin, étais…

Addendum en soirée, toujours dans la série écrire ça fait du bien là où ça fait mal, quelques mots inspirés par ma non-visite cet après-midi au Museum, couplés avec un hommage non déguisé au blog d’Eric Chevillard :

Portes ouvertes au Museum d’histoire naturelle : une file d’attente à perte de vue, des siècles à faire la queue. Tout au bout, aux portes de la ville, les squelettes des derniers dinosaures.

Des hauts des bas

Quelques lignes à caractère informatif pour commencer :

France Bleu diffusera ces prochaines semaines, sur son réseau national, un certain nombre des textes co-écrits avec Manu Causse pour l’émission Les Petites Histoires. C’est à minuit, et pour trouver la fréquence de votre région, ou écouter surinternet, c’est ici. Au programme :

29 janvier : Petite musique de nuit (ah zut, c’est déjà passé… tant pis je laisse, il faut bien justifier le titre de ce non-blog)

25 février : Vaisselle sale

29 février : Peau de vache

3 mars : En vacances

5 mars : Les méfaits de la bouteille

Par ailleurs, mon atelier d’écriture démarrera samedi prochain (9 février) à Saint Orens. Information de pure forme, puisque le numerus clausus (quinze personnes) est atteint… mais j’en profite pour faire un clin d’oeil à Barbie Métal qui me fait le plaisir d’être du nombre des participants.

Dimanche 10 février à 17h, ma pièce Dessine-moi une maison sera présentée au Théâtre de poche (faubourg Bonnefoy à Toulouse) dans le cadre du Gueuloir de poche. S’il y a des professionnels dans la salle (Compagnies théâtrales, comédiens, metteurs en scène, Steven Spielberg…), je les invite à venir faire leur marché, il y aura du produit frais, cultivé avec amour et sans additifs.

Samedi 1er mars à 15h, les désormais célèbres (aumoins dans le canton) Filles du Noir présenteront leurs derniers ouvrages à la foule en liesse rassemblée pour l’occasion à la librairie Privat de Toulouse. Au menu : lectures croisées, papotages complices, feu roulant de questions-réponses, signatures. Petit rappel : lesFilles du Noir, ce sont (par ordre alphabétique d’apparition à l’écran) Magali Duru (Les beaux dimanches, éd. Quadrature), Solenn Colléter (Je suis morte et je n’ai rien appris, éd. Albin Michel), Patricia Parry (Petits arrangements avec l’infâme, éd. du Seuil), Fabienne Ferrère (Un chien du Diable, éd. Denoël), et moi-même tant qu’à y être (des trucs de monstres chez un éditeur en ard).

Quoi d’autre?

Toujours un roman à finir, mais j’ai encore deux mois, alors ça va, rien ne presse (oups, je me suis trahie).

Une nouvelle à paraître en avril dans un coffret de la collection La Porte à côté proposée par les édition In8 et consacré au jazz, intitulée Jazz me down. Mes compagnons de coffret sont Marc Villard, Jean Colombier et jacques Boutinet.

Une autre, Gaudium, qui paraîtra dans la revue Espace(s) du CNES consacrée aux Dix mots de la Langue Française. Je n’ai même pas la date, tenez, voilà bien une information inutile…

Je n’oublie rien, je crois, sauf une grosse baisse de forme polymorphe contre laquelle je lutte très fort en ce moment sans trop savoir quelle arme utiliser. Allez, petit 1, méthode Coué : JE VAIS BIEN (oui, ça fait un peu mal aux oreilles ; d’où le nom de la méthode, je suppose).

Puisque je vous dis que je vais bien.

…ahem… d’autres méthodes?