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Des extraits, et quelques nouveaux inédits...




Midnight crash on a sunny moon
(Voilà, elle est finie...)
 
Took the train, to Dixon. I don't remember my walk to the station, my mind was way too full, there was chaos in there, brought about by both my inexperience of a routine situation - walking outside, unaccompanied - and this recurring thought of my new self : so I'm a murderer. Well, I could live with that, there's always a good reason to murder someone, especially when you're five, not very well-behaved yet. But killing one's mother is an entirely different matter, one I am unable to cope with. Thus in the train I try to shake it off : I did not do it, full stop. That lifts a momentary weight off me and I can feel my head clearing, now there is just the ebb and flow of context information to deal with, faces of travellers, the colours of their clothes, the fabric of the seats, mixed sounds and smells and the disrupting lull of the train ; I don't know if I like to be lost that much. But, at least, it prevents that question from obsessing me : did I do it? No, no, no hisses the train repeatedly, as if for sure.
But say, what if I did? (...)





Les mouches
Tête de station

sont tirés de Court, noir, sans sucre.






Chien méchant

Dans les draps de Morgane


font partie de Toute humanité mise à part 








Les Mouches

 

"Marianne essaie d'ignorer le bourdonnement oppressant des mouches autour d'elle, et leurs caresses indélicates. Impossible de les chasser, ses mains sont occupées : l'une à essuyer la sueur qui coule de son front, l'autre à éponger le sang dans la plaie, un sang aussi noir que la peau qu'il inonde.

Marianne est une idéaliste. Quand elle était en France, quelques années plus tôt, elle a fait la révolution avec ses camarades infirmières pour protester contre les conditions de travail. Aujourd'hui, entre deux patients, elle raconte en riant son indignation d'alors, elle mime pour ses collègues du Katanga les poings et les panneaux brandis, elle leur scande les slogans et eux, ils applaudissent : ils trouvent ça bien, cet engagement, ces idéaux ; son enthousiasme les amuse comme une curiosité exotique. (...)"

(Les mouches, in "Court, noir, sans sucre", L'être minuscule décembre 2005, p. 47)



Cliquez sur les mouches!




Tête de station

"Un client sur cinq considère le chauffeur de taxi comme un escroc, c'est statistique, convient Tonio.
Alors regardez bien, M'sieur, je vais tout droit, toujours tout droit, on ne peut pas faire plus direct. La main gauche accompagne le mouvement, le précède même, à tel point qu'elle arrive avant tout le monde à destination : une belle demeure victorienne au sommet d'une avenue bordée de palmiers, la plage est à deux pas, on sent d'ici la crème à bronzer qui fait des paillettes sur les épaules des filles, le paysage est splendide, la moindre villa vaut son pesant d'or quelle que soit la monnaie dans laquelle on le convertit.

C'est trop cher, je me plaindrai, proteste le client mécontent. (...)"

(Tête de station, in "Court, noir, sans sucre",
L'être minuscule décembre 2005, pp. 76-77)



© Ph. Rase-handsmade.be
Chien méchant

"Il ne va jamais plus loin que le seuil. Il ose s’aventurer jusqu’au fond de l’impasse et pousser des deux mains le portail rouillé. Passant outre son grincement sinistre, il avance dans l’allée en écartant les hautes herbes échappées des plates-bandes qui l’ont bordée naguère. Il monte ensuite, comme on grimpe à l’échafaud, la volée de marches menant au perron. Arrivé là, il n’essaie pas d’ouvrir la porte de la vieille demeure, se gardant même de la toucher. Il s’assoit simplement sur le paillasson desséché, dos à la rue. Immobile, il commence à fixer le lourd marteau à tête de chien qui orne la porte blanche, clignant des yeux lorsque les rayons du soleil viennent s’y accrocher. Il attend.

On aimerait bien lui coller d’emblée l’étiquette d’idiot du village, à ce grand garçon 
d’une quinzaine d’années qui semble ne s’intéresser à rien. Mal vêtu, les cheveux décoiffés, tout juste propre et les bras toujours ballants, il lui manque cependant ce sourire trop gentil avec lequel on s’imagine que les simplets sont nés. Antonin Fermal, lui, garde les lèvres serrées et son regard absent ne rit pas. Il répond quand on lui parle, mais toujours avec un temps de retard qui met son interlocuteur mal à l’aise et le dissuade de poursuivre la conversation.(...)"

(Chien méchant, in Toute humanité mise à part, Quadrature février 2006, p.59)




Dans les draps de Morgane

Morgane a mis des draps rouge dans le lit. Elle m'a annoncé la couleur alors que je lisais le journal dans mon fauteuil, les paupières vacillantes, comme chaque soir. À l'heure où la somnolence me gagne, Morgane reprend vigueur : c'est une créature de la nuit, son sang est jeune et vif, elle se moque bien de respecter les exigences de mon horloge interne.
Rouge vif, les draps. Et les oreillers assortis.
Je déteste le rouge.
"Sympa, non? Ça a un petit côté..." Elle s'est trémoussée des épaules aux genoux, regard en coin et cils battants, semant des clairs-obscurs dans sa robe de soie. C'est une femme éloquente, c'est certain : quand le vocabulaire lui manque, Morgane m'offre une mimique ou une ondulation. Elle sait se faire comprendre, elle y met tout son corps. Ignorant le roulis de ses hanches, j'ai voulu lui avouer qu'il n'était pas question que je m'allonge dans tout ce rouge, même avec elle, même en échange d'ébats dont elle me sait avide mais, comme souvent, elle m'a devancé : "Tu n'aimes pas."(...)"

(Dans les draps de Morgane, in Toute humanité mise à part, Quadrature février 2006, p.29)

Vous avez dit inédit?

Après une réflexion si mûre qu'elle en deviendrait blette, je me résouds à mettre en ligne Têtes mortes, l'une de mes plus vieilles nouvelles. C'est sans doute aussi la plus noire de toutes : elle ne contient pas la moindre trace d'humour ou de dérision, c'est un franc appel au suicide. Les survivants n'hésiteront pas à la relire pour se convaincre de leur incroyable force de caractère. Quant à moi qui l'ai écrite, je suis en quelque sorte le maître du monde. Je vous laisse, c'est l'heure de mon Prozac.


Une bizarrerie : ma seule et modeste contribution à la littérature de science-fiction (en dehors d'une  saga en 12 tomes écrite dans ma tête par un jour de grand vent) : Le coeur est un organe moteur.

Une absurdité : le produit d'un délire informatique, pour feu le concours de Ligny, jamais envoyé mais conservé bien au chaud, virgule après virgule, au creux de mon ordinateur : Le zoomorphisme pour les nuls.

Du théâtre : c'est une comédie, c'est en un acte, ça s'appelle Dessine-moi une maison (extrait).



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