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L’art difficile de l’auto-promotion et autres douceurs hors sujet

Posted by Emmanuelle Urien on avr 15, 2013 in egopub, Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Après une période de gestation équivalente à celle de l’éléphante tout ce qu’il y a de plus raisonnable compte tenu de mes (pré)occupations annexes, mon dernier roman vient de paraître, comme promis, aux éditions Denoël, sous la houlette attentive et enthousiaste de Béatrice Duval. Contrairement à ce que j’avais annoncé, il ne s’intitule pas « La femme de Schrödinger » mais « L’art difficile de rester assise sur une balançoire » – plus long à dire mais plus facile à prononcer. Le contenu, lui, n’a pas changé. Je vous livre ci-dessous la quatrième de couverture :

Mariée à l’homme idéal, mère de trois enfants parfaits, elle pensait que la vie était un long fleuve tranquille. Mais il faut être deux pour le croire.
Quand son mari la quitte pour sa meilleure amie, Pauline se retrouve victime d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, elle voudrait mourir mais reconnaît qu’il serait ridicule de se jeter par la fenêtre d’un premier étage. Et même haïr sa rivale se révèle absurde, puisque le destin vient juste de faire mourir la garce. Pauline oscille entre haine et douleur, désir de vengeance et volonté de refaire sa vie, quitte à partir en chasse sur les sites de rencontre. Conseillée par sa mère psychiatre, elle passe à l’action et décide d’effacer la source du mal. Après tout, puisqu’elle doit faire son deuil, autant s’imaginer veuve… Jusqu’au jour où Yann disparaît pour de bon.

À ceux d’entre vous qui auraient suivi le fil de mes précédentes publications dont la noirceur a inspiré les plus belles idées suicidaires du début du XXIe siècle et qui se réjouissent d’avance de dévorer cet opus afin de sombrer au plus vite dans une nouvelle dépression, je dis : Amis, posez ce couteau, on vous aime quand même. Certes, ce roman est un peu plus léger, moins sombre, et pas franchement désespéré. Pour autant, il contient du cheval des éléments susceptibles de vous faire plonger dans les arcanes d’une souffrance sur laquelle on s’étend peu en général (par pudeur? Par crainte de faire surgir le démon en évoquant son nom? Parce que les grandes douleurs actuelles se doivent d’être muettes, sauf si elles sont physiques ou économiques?), celle lié à la trahison. Dans le couple. Ça y est, je viens de perdre la moitié de mes lecteurs potentiels.

La colère, aussi. Cette haine de l’autre qui s’entremêle à la douleur, qui s’y fond, jusqu’à ce que ces deux sentiments n’en fassent plus qu’un seul, insupportable. Ça s’appelle la doulhaine, les lexicographes ne l’ont pas encore adoptée, pourtant voyez comme elle est belle et vigoureuse.

Ce livre parle aussi du rapport à la mère, cette figure (forcément) secourable à laquelle on voudrait pouvoir s’accrocher, mais qui parfois se dérobe ou vous bouscule, révélant un visage qu’on n’est pas sûr de reconnaître, et vous tendant un miroir alors que vous aviez juré de ne plus jamais vous regarder en face.

(Et hop, encore un quart de lecteurs évaporés.)

Voilà, c’était pour les aspects un peu graves de ce texte. Il y en a d’autres, bien sûr, mais ceux-là sont vraiment trop rébarbatifs complexes révélateurs de la trame du roman pour que je vous les expose ici. À part ça, selon un sondage Ipsos, on m’a rapporté que ce livre était drôle. Toutefois, selon la formule à présent consacrée (par moi, pour commencer), je préfère vous mettre en garde : malgré les précautions prises lors de sa confection, ce roman peut contenir des traces de chats, d’équations quantiques, et de mauvaise foi. Vous voilà prévenus.

Et sinon, comme je l’ai brièvement expliqué à M. Laforge au Grand Soir 3 jeudi dernier, Madame Bovary, ce n’est pas moi, ou alors juste les pieds et un peu les sourcils. Autrement dit, je n’ai pas écrit dans ce livre l’histoire de ma vie – ce qui, en soi, n’a guère d’importance, mais j’aimerais bien que certains journalistes s’abstiennent de poser cette question (« Alors, ce livre, c’est de l’autofiction? ») ainsi que quelques autres (« Vous êtes plutôt du matin ou du soir? Plume ou clavier? Robe de chambre ou guêpière? Et c’est quoi votre auteur préféré? Et tes parents, ils sont dans la salle? ») qui n’éclairent en rien le contenu ou la portée d’un texte et ne font que focaliser l’attention sur l’auteur qui ne sait plus où se mettre alors que tout ce qu’il voulait, lui, c’est qu’on parle un peu de son bouquin et s’acheter une nouvelle Twingo avec les royalties pendant les 2 minutes d’antenne dont il a pu bénéficier en tirant un profit éhonté des relations qu’il a nouées avec les pontes de la presse en échange de services que la morale réprouve mais qui feront l’objet d’un roman à scandale plein de name dropping dans quelques années.

Sinon, ça va, merci. Le printemps toulousain est arrivé, Jazz me down a été adapté au théâtre au Cameroun, ma pièce Dessine-moi une maison sera jouée en juin, j’ai un petit texte jeunesse qui paraîtra d’ici deux mois, nous avons sorti avec Manu Causse un CD de lectures musicales intitulé Cinq tentatives d’approche de l’infini (chez Esope Editions), je vais écrire une nouvelle en binôme avec un chercheur (il cherche, j’écris) pour le festival de la Novela, un nouveau roman avance dans ma tête, le Salon de Balma ce week-end était une réussite (comme d’habitude, même si un scandale y a éclaté qu’on ferait bien de ne pas relayer) et demain soir, c’est la 100e édition de l’émission de radio Pas Plus Haut Que Le Bord (dans laquelle je chronique sous le pseudonyme de Lola Parabellum, maintenant vous savez). Non, vraiment, c’est parfait.

Ah, si, quand même. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais : Frijide Barjot, tais-toi. On n’en veut pas, de ton sang et de ta haine. Va-t’en prier au Vatican, pars t’agiter dans les robes du pape, va secouer les puces à sa mule si ça peut te calmer, mais par pitié, oublie-nous.

Nous, les gens en général.

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Je vous l’avais bien dit que je reviendrais

Posted by Emmanuelle Urien on mai 10, 2012 in egopub, Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Zut, voilà qu’elle remet ça.

Encore un livre, encore des nouvelles, en plus cette fois ce n’est même pas un vrai livre, mais où va le monde, sainte misère, vraiment c’est insupportable, quelle absence totale de pudeur, parler d’elle comme ça, au vu et au su de tous, quel manque patent de modestie, franchement qui ça intéresse ces histoires, c’est quand même un peu toujours la même chose, une suite de combinaisons séquencées à partir de 26 lettres et quelques signes de ponctuation, aucune originalité, en plus je déteste le violet, et puis ce titre, alors, du pur racolage, sûrement une apologie à peine masquée du GPS alors qu’avec un bon atlas routier on s’en sort très bien, et tu sais ce qu’il te dit l’homme perdu?

…Oui, j’aime bien faire parler en premier mon détracteur intérieur avant de chanter mes propres louanges faire ma propre publicité, c’est une façon très personnelle que j’ai de soigner une tendance maladive à l’effacement, la preuve en est ma présence assez discrète sur ce non-blog qui, décidément, porte de mieux en mieux son nom, quelle bonne idée j’ai eue là.

Or donc, j’ai récemment commis cette bluette (Jean d’Ormesson, sors de ce corps, et d’abord je ne te permets pas) Je vous présente donc mon cadet, baptisé « C’est plutôt triste, un homme perdu », une ode vibrante à la vie qui fait la part belle à l’émotion au travers d’une écriture à la fois fluide et travaillée digne des plus belles plumes du 19e siècle des nouvelles au nombre de sept (ce qui, vous l’admettrez, est déjà loin d’être anodin) dans lesquelles des hommes (plus ou moins sept aussi, donc comme qui dirait les héros) vivent des trucs absolument incroyables quand il ne leur arrive pas des choses franchement banales. Il n’y a pas de fautes d’orthographe et ce n’est pas très long à lire.

Comme vous pouvez le constater, je ne sais toujours pas parler de mes livres. Tant pis, je laisse.

Je tiens tout de même à signaler que ce recueil existe exclusivement en version numérique. Cela ne signifie pas que je ne me sois pas appliquée pour l’écrire. Cela ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas de travail éditorial en amont, vu que l’éditeur, Onlit, est quelqu’un de très sérieux bien que belge. Ce recueil dont vous ne pourrez donc pas corner les pages est pourtant un vrai livre avec, il est vrai, des mots et des phrases, pas mal de points-virgules et, derrière tout ça, une certaine réflexion (mais forcément moins que dans le recueil précédent vu qu’il parlait de miroirs). Que dire d’autre? Qu’il coûte seulement 3,99€? Non, je préfère éviter qu’il soit question d’argent entre nous.

Du coup, grâce à tous les droits d’auteur que je touche, je suis propriétaire d’une liseuse.

Non, pas cette liseuse-là, celle-ci. Sauf que la mienne est noire, si vous voulez tout savoir.

En réalité, il n’y a pas de relation de cause à effet entre ce nouveau recueil et cette récente acquisition, mais comme un jour celle-ci me sera reprochée et qu’on m’accusera d’être l’auteur de l’assassinat du livre papier avant de me brûler vive en place publique, je préfère anticiper et avouer sans qu’il soit besoin de me soumettre préalablement à la question. Oui, j’ai une liseuse, oui, je l’utilise, et oui, j’aime ça, quelle perversité. Mais j’aime aussi les livres papier, et Jules, et Jim. Ce sont deux choses différentes, deux supports pour un même combat (tiens, la pasionaria en moi ressurgit, on sent que c’est le printemps) : la littérature. Ou la culture en général. Deux armes de diffusion massive. Non pas antagoniques, mais complémentaires.

J’arrête, ça devient trop sérieux, j’ai mal à la tête. Cela dit, le débat est ouvert (même si des bas bleus s’imposeraient facilement ici vu le sujet de l’action) et votre avis m’intéresse, surtout s’il correspond au mien.

Je vous aurais bien parlé d’autres choses, mais je n’ai plus trop le temps. Ou alors juste pour vous livrer, en vrac, quelques sujets de réjouissance ; tenez, vous trierez :

- Une émission politico-satirique et rafraîchissante à écouter ici ou en public : Pas Plus Haut Que Le Bord.

- Des lectures musicales, toujours avec Manu Causse, au salon du livre de Pamiers (09) le dimanche 3 juin pour le petit-déjeuner (c’est le repas où il n’y a pas de cassoulet) ; après, on signe.

- Un président sorti (ça va nous faire au moins jusqu’à la fin de l’année, le temps de déchanter)

- Un musée fantastique à Humlebæk près de Copenhague, le Louisiana.

- Mon prochain roman, « La femme de Schrödinger », qui paraît toujours en 2013 chez Denoël.

- Un salon le 25 mai à Villeneuve/Lot (je n’ai pas dit que je mettais les trucs dans l’ordre).

- La Fête à Fred qui repasse entre le 30 mai et le 1er juin au Chapeau Rouge (Toulouse).

- Le ciel bleu, les oiseaux, les fleurs, l’amour, le cuir et la dentelle (je laisse, ça, ou pas? Tiens, oui.)

Je vous dis donc à très bientôt (six mois tout au plus, je commence à prendre un bon rythme de croisière, moi). Bonnes lectures et joli mois de mai à tous.

(Non, attendez, fermez pas, faut que j’y retourne, j’ai pas mis les liens.)

Voilà.

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Principe de certitude

Posted by Emmanuelle Urien on jan 31, 2012 in egopub

Il fait un peu frais, ici. Personne n’a pensé à allumer le chauffage depuis mon dernier passage?

Non, mais n’allez pas croire, j’ai des tas de choses intéressantes à raconter, et pas seulement sur la température qui, il est vrai, a sacrément baissé depuis septembre, ainsi que me l’indiquait récemment une mienne voisine dont le talent d’observation le dispute généralement à un intérêt marqué pour les conversation météorologiques de plein vent, ce qui lui valut d’ailleurs, lors de notre dernier entretien sur le seuil de ma porte, une bronchite aiguë et la conviction que le réchauffement de la planète était une mesure qui ne serait jamais appliquée, et quel gouvernement d’incapables, franchement, une bonne apocalypse et on n’en parlera plus. Après, elle a commencé à tousser et je l’ai renvoyée chez elle.

Bon, pour tout dire, depuis quelques mois, je me sens comme le petit lapin Duracell à taper sur mon tambourin à qui mieux-mieux pour satisfaire les attentes des uns et parfois des autres et, ne nous leurrons pas, mon probable besoin de confort primaire (un toit, un matelas, du chocolat et une connexion internet). Plusieurs mois en veille agitée, donc, avec de bref sursauts ponctués de questions du genre « Mais à quoi bon se démener ainsi ? », « Quel est l’intérêt intrinsèque de toute cette agitation unidirectionnelle ? » et « En quoi M. Fitch est-il à même de décider de la politique socio-économique de mon pays à moi alors que lui et ses copains Moody et Standard ne savent même pas le situer sur la carte ? ».
Rien de bien profond, ni de très amusant, en somme. Il faut dire que les circonstances ne se prêtaient guère à la cogitation enthousiaste. Considérez plutôt : la température a baissé (ma voisine en est la preuve agonisante), le monde est en crise (d’accord, rien de nouveau mais le clou s’est tellement enfoncé qu’on le sent jusqu’à l’os), l’apocalypse est pour demain (j’espère quand même qu’ils se donneront la peine d’allumer un joli feu d’artifices et qu’il y aura du chocolat Bonnat, on ne va quand même pas mourir planqués sous notre lit en avalant les moutons qu’on a suivis toute notre vie), et Gallimard a refusé mon dernier roman.
Habile transition.
(Oui, parce que sinon, je pouvais vous tenir la jambe encore une bonne trentaine de lignes en vous bassinant avec l’absence de programme électoral de toutes les couleurs de l’hémicycle, la hausse de la TVA sur le livre mais pas sur le jambon (on a les premières nécessités qu’on peut), la lutte profonde que constitue la vie en général, mais aussi et, en particulier, le vert très discutable dont ma voisine a repeint sa façade suite à sa bronchite.)
Eh bien non, même pas. D’ailleurs, je devrais biffer à grands traits décidés les lignes qui précèdent. Sauf que, bien sûr : TPLJ.
Et que j’ai carrément laissé passer ma transition.
Qu’à cela ne tienne : revenons quelques lignes plus haut, là où j’évoquais un roman refusé ; puis, par le truchement habile d’une faculté cognitive drôlement pratique appelée la mémoire, projetons-nous élégamment quelques mois en arrière.

Vous y êtes?

Bien.

C’était donc en septembre, et l’aurore boréale berçait les otaries attardées dans la baie je disais sur ce non-blog avoir achevé de crocheter une interminable étole de soie au point albanais et, concomitamment, un roman , puis avoir confié ce dernier à l’agence Pontas. S’ensuivait, par la force des choses, une attente que d’aucuns qualifieraient de longue, mais d’aucuns n’ont jamais eu aucune patience. En réalité, il s’est écoulé à peine quatre mois avant qu’hier, je ne signe un nouveau contrat. Qui me permet de travailler avec les éditions Denoël et leur éditrice Béatrice Duval, dont je ne cesse de lire le plus grand bien et que j’ai hâte de rencontrer…  Je suis donc follement heureuse de vous annoncer (ici, une application fine et subtile qui déclenche, au passage du poids de l’œil sur la ligne, un roulement de tambour du plus bel effet et dont l’exécution n’aura point d’imitateur) que La femme de Schrödinger sortira en 2013 aux éditions Denoël précédemment citées.

Et que j’en bats des mains (Machine née Rostopchine, sors de ce corps).
Et que j’en rends grâce à Pontas et, en particulier, à Anna et à Marc qui ont eu la curiosité et l’envie de lire mes élucubrations écrits et de les faire partager, et dont l’optimisme a eu raison de toutes mes appréhensions (« Non mais vous êtes sûrs que quelqu’un va vouloir de ce truc roman? »). Et un grand merci également au CRL qui m’a soutenue dans ce projet.

Voilà, c’était le vrai grand événement qui a contribué à me convaincre que 2012 ET 2013 seraient de bons crus, en termes de plaisir général, et littéraire qui plus est.

…Et tant que vous êtes là, vous reprendrez bien un peu de retape ?

Mon dernier livre, Tous nos petits morceaux, est toujours sorti chez D’un Noir si Bleu (et sachez que certains textes font actuellement l’objet d’enregistrements sonores dont vous pourrez profiter aussi prochainement que possible), que Court, noir, sans sucre et Toute humanité mise à part sont encore et toujours disponible chez les belgissimes Quadrature – d’ailleurs, je serai à Bruxelles du 1er au 4 mars derrière mes piles de recueils pour en deviser gaiement avec les chalands que vous êtes – et que Jazz me down et Vénus Atlantica, parus chez les dynamiques éditions de l’Atelier In8, vous attendent partout où ils sont distribués, c’est à dire partout. Quant à La collecte des monstres et Tu devrais voir quelqu’un (prélude informel à La femme de Schrödinger), c’est toujours chez Gallimard.

Par ailleurs, je serai présente au salon alternatif de Toulouse « Du pain, du vin, du bouquin » le 10 mars, puis au salon des Littératures francophones de Balma les 24 et 25 mars, puis à Villeneuve/Lot les 26 et 27 mai.

Voilà, je n’ai plus rien d’intéressant à raconter et surtout, le temps qui m’était imparti commence à faire les gros yeux pour que je me remette au travail. Je vous dis donc à bientôt pour le récit palpitant de nouvelles aventures, la prochaine fois j’essaierai d’amener un tigre du Bengale pour la touche exotique ou une Aston Martin pour les courses-poursuites dans les ruelles d’Acapulco. D’ici là, lisez, écrivez, vivez. S’il vous plaît, bien sûr.

 
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Révolution de septembre

Posted by Emmanuelle Urien on août 31, 2011 in egopub

L’été gris-bleu s’achève dans un feu d’artifice de pages bien remplies. Certes, la métaphore laisse à désirer, mais j’ai des excuses : j’ai épuisé tout mon stock de bons mots dans les livres que j’ai traduits ces derniers mois, les corrections de mon recueil de nouvelles à paraître dans les semaines qui viennent et, plus encore je l’espère, dans un roman enfin achevé.

Le recueil, j’en ai déjà parlé, j’en reparle, car on ne parle jamais assez des recueils de nouvelles – et pas seulement les miens.

Tous nos petits morceaux sort le 11 septembre aux éditions D’un noir si bleu. En quatrième de couverture, il est écrit ceci :

« Les miroirs en voient de belles… Quand ils prennent la parole, témoins presque passifs de nos intimités, c’est pour nous renvoyer leur version de notre histoire, fidèle ou déformée par le rôle qu’ils y jouent, et mettre en lumière nos lâchetés secrètes comme nos éclats les plus audacieux.

Dans un exercice de style inédit, Emmanuelle Urien explore à l’occasion de son quatrième recueil de nouvelles des univers aux reflets disparates. Sous l’apparente froideur des miroirs, l’émotion affleure. Sans tain. »

Douze nouvelles dans lesquelles, pour une fois, je sors de l’intérieur de mes personnages où ça commençait à coller pour les observer sous l’angle parfois improbable de leurs reflets changeants (c’est beau comme un poème inédit de Marceline Desbordes-Valmore ; tant pis, je laisse). Comme on ne se refait pas (ou alors, tout doucement pour ne pas déranger), l’ambiance reste noire et les destins souvent tragiques, ce qui n’empêche pas l’humour, je vous jure.

(Parallèlement et par le plus grand des hasards, Manu Causse sort, le même jour et chez le même éditeur, son Petit guide des transports à l’usage du trentenaire amoureux, dont je vous recommande la lecture. Se conserve très bien au congélateur.)

Dans une frénésie de communication, je présenterai Tous nos petits morceaux lors de divers salons et festivals cet automne, à commencer, le 11 septembre, par l’incontournable « Place aux Nouvelles » à Lauzerte (82), « La 25e heure du Livre » au Mans (72) les 8 et 9 octobre, puis « Les Passants considérables » les 22 et 23 octobre à Salins les Bains (39) et enfin, « Livres à vous à Voiron » (38) du 4 au 6 novembre. Le tout avec des lectures musicales.

Passons maintenant au sujet que vous attendiez tous en étranglant votre souris d’impatience, la Revolución. Car ça y est, j’ai fini. Voilà presque deux ans que j’avais entamé l’écriture de mon deuxième, interrompue longuement et souvent au profit d’activités de traduction plus rémunératrices liées à l’obligation ingrate qui nous est faite d’acquitter mensuellement des factures alors qu’on pourrait très bien tout payer en une seule fois le jour de sa retraite. J’ai donc achevé, il y a quelques jours, « La femme de Schrödinger ». Et je me suis bien amusée.

Et où est la révolution, dans tout ça? me direz-vous avec ce sens de l’à-propos qui ne vous fait jamais défaut.

La révolution, c’est que ce roman, je l’ai remis, non pas à un ou des éditeurs, mais à Pontas, une agence littéraire et audiovisuelle qui a souhaité me représenter. J’attaque donc désormais la forteresse éditoriale internationale par la face nord, et libérée du poids de l’attente, des relances et des négociations. Et qui plus est avec une équipe de toute évidence dynamique, et hautement sympathique. Aventure à suivre…

Quelques mots sur le roman lui-même :

La Femme de Schrödinger

Assise sur la balançoire en face de son mari, elle vivait le parfait amour.  Elle le croyait, du moins. Car les tape-culs sont traîtres, et il faut être deux pour garder l’équilibre.

Quittée par son mari après qu’il l’a trompée avec sa meilleure amie, Fatiha souffre d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, même si elle admet l’inutilité de se jeter par la fenêtre d’un premier étage et l’absurdité de haïr une rivale absente puisque le destin a fait mourir la garce. Narratrice subjective, pleureuse extravagante, Fatiha embarque le lecteur dans la démesure parfois comique que peut acquérir une situation tristement banale. Comme ses trois enfants la préfèrent en vie, elle va lutter pour tenir en respect la douleur et la haine. Conseillée par sa mère psychiatre, Fatiha passe à l’action : effacer la source du mal, décréter que Julien est mort – même si le défunt téléphone régulièrement aux enfants. Jusqu’au jour où il disparaît pour de bon.

Et là, je vous le fais en anglais, pour le côté international qui ne vous aura pas échappé dans ma démarche à base d’ouverture sur le monde :

Schrödinger’s woman

For years, she had been sitting happily on the see-saw, living a well-balanced, perfect love with her husband. She didn’t see the saw that sent her sprawling.

After her husband Julien cheated on her with her best friend and left her, Fatiha is suffering from a very common disease in such circumstances: she’s both alive and dead – though she admits there is no point in jumping out of a first-floor window and no sense in hating a rival who, ironically, just died. Subjective narrator of her own drama, Fatiha is an extravagant mourner and drags the readers into the comical excesses caused by this sad, trivial situation. As her three children would rather have her alive, she struggles to keep hate and grief at bay. With the support of her psychiatrist mother, Fatiha goes into action: to remove the source of the trouble, she will declare her ex-husband dead – although the deceased regularly phones the children. Until the day Julien actually disappears.

Dark and mordant, Emmanuelle Urien’s latest novel reminds us that emotionally disturbed individuals don’t always act in a rational way but that, in spite of erratic behavior patterns, they remain deeply human nonetheless.

Voilà voilà. Je vous laisse, j’ai trois livres et demi à traduire d’ici la fin de l’année et un tronc d’arbre à poncer. Bonne rentrée à tous…

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Même pas mort

Posted by Emmanuelle Urien on juin 30, 2011 in egopub, Raconte-moi ta vie

Contrairement aux apparences et n’en déplaise à ses plus fidèles détracteurs, ce non-blog n’est pas mort, il est blessé seulement. Et encore, c’est superficiel.

Il y a un an tout juste paraissait le précédent non-post. C’est purement un hasard que celui-ci sorte aujourd’hui : j’ai glissé en cliquant et hop, je suis tombée ici la tête la première, comme Alice dans le terrier du lapin, et aussi à la bourre que celui-ci.

Je vous aurais bien fait un résumé de ces 365 derniers jours sans blog, mais il ne s’est rien passé. J’ai dû traduire six bouquins avec des vrais morceaux de banshees dedans, quatre sites et quelques dizaines d’articles divers dont la plupart à la solde du grand capital (oui, j’ai un vrai travail, moi, monsieur), mais sinon, rien du tout, je vous dis. Sauf, peut-être, ce recueil de nouvelles* que j’ai re-bouclé et qui sortira le 11 septembre pour le festival de Lauzerte. Et les Glossolalies sur lesquelles j’ai pas mal avancé (vous pouvez en écouter les premiers morceaux sur la page d’accueil de mon site, remis à jour pour l’occasion). Et ces chroniques dans des émissions de radio interlopes mais galvanisantes. Et ce contrat qui me permet de voir l’édition d’un œil nouveau, mais j’en reparlerai après l’été, quand j’aurai fini mon roman, et avec le plus grand sérieux. En dehors de ça, il n’est rien arrivé, je vous assure.

Ah, si : la vie est belle.

Voilà, je reviens bientôt, ne raccrochez pas. Bonne vacances à tous.

* Tous nos petits morceaux, éditions D’un Noir Si Bleu, septembre 2011. Mais cela ne m’empêche pas d’équeuter les haricots verts ; d’ailleurs, j’y vais de ce pas.

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Le programme de l’été

Posted by Emmanuelle Urien on juin 30, 2010 in Non classé

Ce non-post essentiel pour vous tenir informé(e)s de l’actualité estivale d’Emmanuelle Urien et Manu Causse, également connus sous le nom des « Manu/e/s » ou des « Terence Hill et Bud Spencer de la littérature ».

Après quelques jours de détente familiale, Manu Causse entame les hostilités en participant, les 17 et 18 juillet, au Salon du livre de Sablet en Provence (entre Avignon et Vaisons la Romaine), pour défendre en particulier son dernier roman bilingue, Solo Rock.

Le 20 juillet, une grande première : nous proposons notre spectacle de lectures musicales dans un lieu unique, le Golf indoor de Toulouse (avenue Larrieu) ; histoire de profiter au maximum du lieu, les lectures seront suivies de la première représentation publique du projet Glossolalies (voir non-post précédent). Des voix, des histoires, mais aussi des boucles hypnotiques et des mots qui dansent. Expérimental, donc – surtout si on en profite pour s’essayer au golf…

Le dimanche 25, les plus aveyronnais d’entre nous pourront retrouver Manu Causse au Festival du livre et de la BD de La Fouillade (où, paraît-il, il présentera son dernier ouvrage intitulé LoFi, une brève histoire de l’amour, qui a la particularité de ne jamais avoir été écrit). Même si elle n’est pas invitée au salon, Emmanuelle Urien ne sera pas loin, histoire de vérifier que son compagnon se tienne bien… c’est l’occasion de la voir également.

Vous n’êtes pas libres en juillet ? Alors passons au mois d’août.

Le 7, c’est à Arvieu (Aveyron encore), au bord du lac, que vous pourrez nous retrouver tous deux pour un salon du livre. On ne promet pas de ne pas lire ou chanter, tout dépendra…

Pour finir, les amis de LoFi pourront venir l’aider à construire ses aventures improvichantées, à nouveau au Golf Indoor, le 24 août au soir.

Et tout cela avant la rentrée de septembre, qui s’annonce, pour changer, mouvementée…

Je précise que je n’ai même pas écrit ce qui précède, d’où la distanciation d’Emmanuelle Urien par rapport à son personnage (pour peu que cela veuille dire quelque chose).

J’aurais bien ajouté le deuxième volet du projet Glossolalie submentionné, mais il est encore en cours de mixage, et nous n’avons pas le temps de nous en occuper maintenant parce qu’il faut faire les bagages et qu’un moustique s’acharne à me bourdonner dans les oreilles et qu’il m’est impossible de me concentrer dans ces conditions.

En attendant, vous pouvez (ré)écouter la saga LoFi de Manu Causse et même la podcaster – ne vous décriez pas, je connais des gens très bien qui le font. Le premier épisode est ici, le deuxième là, le troisième un peu plus loin, le quatrième en suivant, le cinquième précède de peu le sixième qui clôt une belle série à écouter sur la plage ou au petit déjeuner, mais pas en boîte…

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Glossolalie

Posted by Emmanuelle Urien on mai 31, 2010 in Rien à voir

C’est officiel : en ce moment, je crée peu, et je ne fais plus de musique. Tout le monde le dit derrière mon dos, à voix basse pour que je ne l’entende pas, et dans des langues étrangères pour plus de sûreté, certains utilisent même de l’encre sympathique afin de ne pas éveiller les soupçons.*

Voire!

Du coup, le week-end passé (fort vite, ma foi, et sans se retourner, le lâche), aiguillonnée par quelque propos à caractère provocateur dont je tairai la provenance par respect de l’anonymat de son auteur, j’emprisonnai au lasso une boucle musicale qui passait, attachai avec la même corde le compositeur à sa chaise et à sa guitare jusqu’à ce que ladite boucle soit gravée à jamais dans la mémoire de son ordinateur, puis m’enfermai à double tour dans mon cerveau droit (c’est là que, paraît-il, j’entrepose à la va-comme-je-te-pousse les portées, les clés de sol et de douze, les pinceaux, une gamme complète de plumes d’oie et son encrier assorti, mes pointes et mon tutu de tulle ainsi que de nombreux accessoires introuvables même au Télé-achat), bien décidée à m’abstraire du monde tant que je n’aurais pas prouvé à sa face que j’étais / il était / nous étions encore dotés de cette facilité à créer qu’oncques ne perdîmes ou laissâmes s’étioler dans l’impuissante consternation (ou la consternante impuissance, j’aime bien aussi) que confèrent aux artistes les plus capricants (bêê) les petits jours qui passent, l’air de rien, et se déguisent pour se ressembler alors qu’en fait non, pas du tout**. A cane non magno saepe tenetur aper, et asinus asinum fricat (hi han). La semaine prochaine, on passe au B.

Vingt minutes*** plus tard, hop.

Ah ah****.

Des paroles en douze langues établissant les bases d’une nouvelle métaphysique de la grammaire indo-européenne (mais je ne perds pas de vue les basques, finnois, hongrois, turcs et autres isolats le premier qui dit 2000 je le sors), une mélodie déclinant une gamme mixolydienne complexe à double détente avec retour automatique à la ligne et triple loop piquée, un travail de sonorisation expérimentale à faire oublier 4’33 », des arrangements que même FR David il en redemanderait, deux cafés et l’addition*****.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, devant vos yeux ébahis, je vais pour la première fois sur ce non-blog Ajouter Un Son. Les gens du deuxième rang*****, je veux bien que vous reculiez, la manipulation peut être hasardeuse, et qui dit hasard dit danger, comme l’ont si bien compris nos amis anglo-saxons.

… mais si, ça marche. C’est vous. C’est la faute de votre navigateur qui n’est pas au goût du jour (un correspondant anonyme me signale qu’on prononce désormais « à jour »). Ou alors c’est le plugin qui bugge.

Quoi qu’il en soit, chers auditeurs, ne changez pas de fréquence!

Tadââââaaaaaaaaaa (j’ai la flemme de mettre tous les accents circonflexes, mais le cœur y est)!

Heimatspoema.mp3

(entre glossolalie teutonne, romancero gitano et chevauchée sauvage, excusez du peu.)

Et là (les occupants du troisième rang peuvent-ils rejoindre au fond de la salle ceux du deuxième? C’est à cause du monsieur de la sécurité, il est intransigeant. Et il mesure deux mètres, ce qui ne gâche rien), je ne sais pas très bien si la manipulation a fonctionné. Je n’en aurai conscience, sans doute, qu’une fois non-posté ce non-billet, ce qui peut ralentir les choses.

Bon, ça marche, là?

Mais bon sang, Lilienwald, te rends-tu compte qu’à cette heure et à ce stade de ton monologue, les visiteurs, s’il en fût (Kanterbräu, sors de ce post), ont déjà – ou n’ont pas – écouté ce fichier? Rosensee, il faut t’y faire, tu es complètement décalée!*****************

* Laissez tomber, la paranoïa, c’est has been, on parle désormais de syndrome de perception vindicative altérée (PVA). D’ailleurs, c’est l’objet de la 8e saison du Dr House non je l’ai pas dit je le regarde pas je sais pas qui c’est j’ai même pas la télé ou alors un tout petit peu et c’est pas ma faute monsieur le juge (je viens de battre le record de la plus longue phrase barrée, voir note ** – notez que c’est moi qui détenais le précédent).

** Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d’écrire la plus longue phrase du monde, mais chaque fois je suis interrompue grossièrement par la petite voix dans ma tête qui me dit qu’il faudrait déjà voir à dépasser Proust qui en a pondu une de 243 mots, sans parler des autres genre Joyce, et que moi je ne sais pas compter si loin, et alors mon petit doigt sur le clavier cherche aussitôt le point. Et tant que j’y suis, si le propriétaire de la petite voix en question voulait bien se présenter à l’accueil, on la lui remettrait avec plaisir et un soulagement affiché en 4×3 elle est facile celle-là veux-tu bien te taire.

*** Deux heures, en fait. Mais je préfère que la postérité retienne la rapidité de mon génie plutôt que ma paresse neuronale.

****Au choix : rire sardinique (c’est comme sardonique, mais je me suis trompée de touche et comme je trouve ça joli, je laisse – c’est mon côté poisson) ; exclamation vaguement auto-dérosoire (tiens, j’ai retrouvé mon o) ; faute de frappe (je voulais écrire Eh eh) ; transition maladroite mais méritoire ; Ah ah.

***** Celle-là, j’ai déjà dû la faire. Tant pis, je laisse. C’est dire si j’assume mes non-propos sur ce non-blog.

****** Tout le monde sait qu’il n’y a jamais personne au premier rang.

***************** Et à plus d’un titre (je vous laisse réfléchir sur cette intervention sinistre) … incidemment, je suis consciente que, côté notes de bas de page, ça ne va pas mieux depuis la dernière fois. Mais je vous fais confiance pour trouver votre voie (en gros, lisez de haut en bas) ; pour ma part, et comme d’habitude, je me retire du monde dans un monastère avec chocolat (minimum 75% de cacao) et wifi. Amen.

PS : il est long, ce non-post. Je vous prie donc de m’en non-excuser. Et aussi : crédits photo Régis, Juliana et moi-même.

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Monstres, purgatoire et autres divertissements

Posted by Emmanuelle Urien on mai 19, 2010 in egopub

Bien sûr que si, ça compte, d’annoncer les choses au tout dernier moment. C’est une méthode que j’ai développée en collaboration avec la Nasa, qui confère une intensité particulière au communiqué, et qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous en dire  plus pour d’évidentes raisons de confidentialité – vous aurez compris que le sort de la planète est en jeu.

Oui, bon, peut-être que j’exagère un peu, mais voilà tout de même une allégation qui me permet de remonter de trente places au classement du championnat du monde de la mauvaise foi.

Les esprits les plus acérés l’auront lu entre les lignes : ce soir, il y a lecture musicale de nouvelles au Théâtre de Poche.

Voilà qui tombe bien, me direz-vous : un intense désespoir était justement en train de vous saisir à la pensée du grand vide qu’était votre vie parce que ce soir, ce soir entre tous, vous n’aviez rien à faire. Pas d’amis à inviter, pas de famille à visiter, pas de télévision à allumer (d’ailleurs, vous n’avez pas de télévision et c’est tout à votre honneur), plus un seul livre à lire (ce qui en revanche est une honte, sans vouloir enfoncer le clou).

Pour tout dire, vous envisagiez de mettre fin à vos jours, au moins pour les 24 prochaines heures. Alors que la solution était bêtement à votre portée ; d’ailleurs je vous l’amène sur un plateau, la voici, servez-vous.

« Écouter Manu Causse et Emmanuelle Urien au Théâtre de Poche, mais bon sang, Jim, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt? Je crois que mon divorce avec Samantha m’a ôté tout sens commun et que l’OPA hostile de l’entreprise de John sur mes puits de pétrole en Tanzanie m’a ébranlé plus que je ne saurais le dire, Brendan. »

Et puis, heureuse coïncidence, vous habitez Toulouse. Ou sa banlieue. Ou ses environs. Ou sa région, plus ou moins proche. Quoi qu’il en soit, en partant maintenant, vous pouvez être au 10, rue El Alamein pour 21 heures ce soir. En petites foulées, ça passe. Et sinon, tant pis, vous avez une séance de rattrapage demain soir, même heure.

Vous pouvez réserver en cliquant sur des liens comme celui-ci ou celui-là. Vous pouvez aussi ne pas réserver et nous faire la surprise, on sera contents aussi. Et les retardataires (ceux qui auraient flâné en route pour faire des guirlandes de pâquerettes et des poupées en coquelicots, je sais qu’il y a des adeptes, et  je respecte leur différence) qui n’arriveraient que vendredi peuvent se rattraper en assistant à la millième représentation (c’est un chiffre que je lance sur un coup de tête, un peu au hasard, mais on n’en a jamais été aussi proche) de Tonton Maurice est toujours mort, la pièce de Manu Causse qui, après une tournée internationale, revient au Poche où elle est née.

Sinon, en bref et en vrac : Court, noir, sans sucre, qui s’est récemment réincarné chez Quadrature, poursuit sa seconde vie avec bonheur, Vénus Atlantica, une nouvelle érotique grâce à laquelle je vais enfin pouvoir prétendre à la postérité, sortira dans un coffret chez In8 en septembre, j’ai un nouveau canapé, je traduis à tour de bras mais me consacrerai au moins à mi-temps à l’écriture de mon roman dès le mois prochain, Clara, une grande lectrice, s’est bloqué la mâchoire en lisant mes nouvelles, après être tombée dans Choir, j’aime toujours autant ce qu’écrit Éric Chevillard, mon dernier recueil de nouvelles attend toujours de trouver un éditeur (notez qu’au lieu d’attendre, il ferait mieux de se bouger), l’hortensia est en boutons et les capucines feuillissent à foison dans ma courette au pied des Alpes suisses, et je n’ai rien à me mettre pour ce soir où, j’allais oublier de le mentionner heureusement que vous m’y faites penser, je lis mes nouvelles et celles de Manu Causse au Théâtre de Poche.

Et comme, pour une fois, je n’ai fait aucun renvoi en bas de page (je me porte vraiment de mieux en mieux, la thérapie comportementale fait ses effets), j’ajoute un Post scriptum (c’est un traitement palliatif très efficace) :

P.S. : mes plates excuses à tous les G.C.* dont les messages attendent encore une réponse de ma part, réponse que je ne peux pas leur promettre parce que je suis plutôt honnête, comme personne. Et dans ce même esprit de franchise, outre les excuses, je leur dois d’être touchée par le contenu de ces mails : ce n’est pas parce que je n’ai pas le temps d’y répondre que je ne les lis pas, et ils me font plaisir, alors merci à tous, je vous embrasse (si vous ne m’avez jamais envoyé de message auquel je n’ai pas répondu, ne lisez pas ce qui précède).

* Gentils correspondants.

Zut, j’ai craqué.

Des bises à tous, et une grande tape virile dans le dos aux autres.

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COURT, NOIR, SANS SUCRE…

Posted by Emmanuelle Urien on fév 13, 2010 in egopub

…revient. Et il n’est pas content.

Toujours court (quoique un peu moins), décidément très noir, et garanti sans édulcorant… mais c’est aujourd’hui la belge équipe de Quadrature qui a repris le flambeau des mains de L’être minuscule, lequel le lui a cédé pour trois fois rien avec élégance pour une réédition, augmentée de deux nouvelles inédites, de mon tout premier recueil.

Convenez que c’est une bonne nouvelle. Quinze, même.

À part ça, rien de neuf ou presque : mes miroirs n’ont toujours pas trouvé preneurs en dépit de l’état de propreté irréprochable dans lequel je les maintiens ; la nouvelle érotique que m’a commandée mon bel éditeur In8 a été testée et approuvée et figurera dans un coffret à paraître d’ici un certain temps, sans doute après l’été ; je traduis, avec M’sieur Causse, à tour de bras et commence à envisager de refuser des clients ; nous concerterons en trio avec LoFi mardi prochain 16 février sur la scène du Bijou (Toulouse) en dernière partie de soirée ; et les mails continuent de s’accumuler dans ma boîte plus vite que je ne peux y répondre, pardon aux GC qui attendent, et ce n’est pas fini.

Non, vraiment, rien de nouveau…

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Tids & bits

Posted by Emmanuelle Urien on déc 19, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

Un courant d’air venu de je ne sais où se planque sous mon bureau et me remonte au bout des doigts. Ce nouveau non-post (qui surgit moins de deux mois après le précédent, notez l’exploit) sera donc entièrement écrit avec des moufles. J’hésite encore, par respect pour mes non-lecteurs, à enfiler les après-ski, à coiffer la chapka et à m’envelopper dans une couverture écossaise, mais ce n’est pas l’envie qui manque.

Ça, c’était donc la première nouvelle de mon actualité : j’ai froid. Mais je n’hiberne pas pour autant. Et, selon la tradition vieille comme ce non-blog qui veut que je vous livre dans leurs moindres détails mes faits et gestes passés – en tout cas ceux qui relèvent du registre professionnel, pour le reste vous ne saurez rien -, venez ici que je vous raconte.

En novembre, il y a eu le salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière, où le magnifique « Qui comme Ulysse » de Georges Flipo a reçu le prix Ozoir’Elles qui récompense depuis deux ans un recueil de nouvelles. Je fais partie du jury « exclusivement féminin » (avec, entre autres, Annie Saumont) et comme Georges, en plus d’être un excellent écrivain, est également un ami précieux, je suis heureuse pour lui. Cerise sur le gâteau : son recueil a été récompensé à la quasi unanimité des voix. Comme ça, on ne pourra pas m’accuser de copinage.

Toujours en novembre avait lieu le salon du livre du Touquet, auquel je n’ai pas assisté. J’y étais pourtant conviée mais, comme mon éditeur n’avait pas jugé utile de me transmettre cette invitation, c’est seulement à la veille du salon que j’ai appris que ma présence était souhaitée, ne fût-ce que pour y recevoir Prix du jeune romancier que les lycéens du Touquet ont choisi d’attribuer à « Tu devrais voir quelqu’un ». J’aime de plus en plus les lycéens, et de moins en moins mon éditeur.

En décembre, avec mon collègue polymorphe hyperactif génial fou Manu Causse, nous avons ôté nos pseudos et revêtu nos véritables patronymes pour nous rendre à Nice où se tenait un congrès de traducteurs. Nous y avons donné notre première conférence, intitulée « Traduction et créativité », sous forme d’atelier déstructuré (il y avait même des Gmörks). Personne ne nous a jeté de pierres, les participants ont aimé, les organisateurs aussi, et nous nous sommes tous deux bien amusés, malgré le trac et, en ce qui me concerne, le léger sentiment de ne pas être tout à fait à ma place face à ces traducteurs archi-chevronnés. Il avait raison, Machin, avec son traduttore, traditore

Depuis le 17 novembre, et jusqu’au 31 décembre, le théâtre du Fil à Plomb accueille de nouveau notre pièce Désolés pour le chien, sponsorisée par la SPA et l’ADF, une comédie drôle (ça ne va pas forcément de soi) avec des vrais morceaux de karma dedans et de véritables questions sur la vie de couple, les couloirs de dix-huit mètres et les gloriettes. Si vous avez l’avantage et le plaisir d’être Toulousain ou assimilé, venez soutenir des auteurs vivants et qui comptent bien le rester, ainsi que des comédiens tous plus charmants les uns que les autres.

C’était la séquence egopub / auto-flattons-nous / nous sommes tous des génies plein de talents …N’empêche que nous, c’est vrai.

Passons maintenant à notre rubrique « Actualités actuelles », avec un gros plan sur le sujet crucial du moment, à en croire les foules qui se bousculent en ville malgré le froid, la crise et le manque d’inspiration.

Pour Noël, je veux :

  • La sérénité
  • Du temps liiiiiiibre
  • Un nouvel éditeur pour mon recueil « Nous avons peur du noir »
  • Un fer à repasser
  • Un boudin en forme de chien (un chien en forme de boudin?) pour colmater ce courant d’air qui, à l’instant où je vous écris, continue de me glacer les jambes
  • Jouer Summertime au saxophone, mais alors peut-être pas à deux heures du matin
  • Être amour, joie et lumière (ou gloire et beauté, j’hésite)
  • Un stylo bille qui fonctionne

Pendant que les lutins tricotent tout ça et que le père Noël fait chauffer les rennes, je vous propose d’aller jeter une oreille sur les travaux musicaux de quelques connaissances miennes, à savoir Just for des mots, une démo en permanente déconstruction-reconstruction, et Grizzly Sisters Gestalt Machine, du post punk déstructuraliste néo-barje. Devant la cheminée.

Allez, c’est décidé : j’enfile une deuxième paire de chaussettes. Souriez, c’est Noël!

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