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L’art difficile de l’auto-promotion et autres douceurs hors sujet

Posted by Emmanuelle Urien on avr 15, 2013 in egopub, Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Après une période de gestation équivalente à celle de l’éléphante tout ce qu’il y a de plus raisonnable compte tenu de mes (pré)occupations annexes, mon dernier roman vient de paraître, comme promis, aux éditions Denoël, sous la houlette attentive et enthousiaste de Béatrice Duval. Contrairement à ce que j’avais annoncé, il ne s’intitule pas « La femme de Schrödinger » mais « L’art difficile de rester assise sur une balançoire » – plus long à dire mais plus facile à prononcer. Le contenu, lui, n’a pas changé. Je vous livre ci-dessous la quatrième de couverture :

Mariée à l’homme idéal, mère de trois enfants parfaits, elle pensait que la vie était un long fleuve tranquille. Mais il faut être deux pour le croire.
Quand son mari la quitte pour sa meilleure amie, Pauline se retrouve victime d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, elle voudrait mourir mais reconnaît qu’il serait ridicule de se jeter par la fenêtre d’un premier étage. Et même haïr sa rivale se révèle absurde, puisque le destin vient juste de faire mourir la garce. Pauline oscille entre haine et douleur, désir de vengeance et volonté de refaire sa vie, quitte à partir en chasse sur les sites de rencontre. Conseillée par sa mère psychiatre, elle passe à l’action et décide d’effacer la source du mal. Après tout, puisqu’elle doit faire son deuil, autant s’imaginer veuve… Jusqu’au jour où Yann disparaît pour de bon.

À ceux d’entre vous qui auraient suivi le fil de mes précédentes publications dont la noirceur a inspiré les plus belles idées suicidaires du début du XXIe siècle et qui se réjouissent d’avance de dévorer cet opus afin de sombrer au plus vite dans une nouvelle dépression, je dis : Amis, posez ce couteau, on vous aime quand même. Certes, ce roman est un peu plus léger, moins sombre, et pas franchement désespéré. Pour autant, il contient du cheval des éléments susceptibles de vous faire plonger dans les arcanes d’une souffrance sur laquelle on s’étend peu en général (par pudeur? Par crainte de faire surgir le démon en évoquant son nom? Parce que les grandes douleurs actuelles se doivent d’être muettes, sauf si elles sont physiques ou économiques?), celle lié à la trahison. Dans le couple. Ça y est, je viens de perdre la moitié de mes lecteurs potentiels.

La colère, aussi. Cette haine de l’autre qui s’entremêle à la douleur, qui s’y fond, jusqu’à ce que ces deux sentiments n’en fassent plus qu’un seul, insupportable. Ça s’appelle la doulhaine, les lexicographes ne l’ont pas encore adoptée, pourtant voyez comme elle est belle et vigoureuse.

Ce livre parle aussi du rapport à la mère, cette figure (forcément) secourable à laquelle on voudrait pouvoir s’accrocher, mais qui parfois se dérobe ou vous bouscule, révélant un visage qu’on n’est pas sûr de reconnaître, et vous tendant un miroir alors que vous aviez juré de ne plus jamais vous regarder en face.

(Et hop, encore un quart de lecteurs évaporés.)

Voilà, c’était pour les aspects un peu graves de ce texte. Il y en a d’autres, bien sûr, mais ceux-là sont vraiment trop rébarbatifs complexes révélateurs de la trame du roman pour que je vous les expose ici. À part ça, selon un sondage Ipsos, on m’a rapporté que ce livre était drôle. Toutefois, selon la formule à présent consacrée (par moi, pour commencer), je préfère vous mettre en garde : malgré les précautions prises lors de sa confection, ce roman peut contenir des traces de chats, d’équations quantiques, et de mauvaise foi. Vous voilà prévenus.

Et sinon, comme je l’ai brièvement expliqué à M. Laforge au Grand Soir 3 jeudi dernier, Madame Bovary, ce n’est pas moi, ou alors juste les pieds et un peu les sourcils. Autrement dit, je n’ai pas écrit dans ce livre l’histoire de ma vie – ce qui, en soi, n’a guère d’importance, mais j’aimerais bien que certains journalistes s’abstiennent de poser cette question (« Alors, ce livre, c’est de l’autofiction? ») ainsi que quelques autres (« Vous êtes plutôt du matin ou du soir? Plume ou clavier? Robe de chambre ou guêpière? Et c’est quoi votre auteur préféré? Et tes parents, ils sont dans la salle? ») qui n’éclairent en rien le contenu ou la portée d’un texte et ne font que focaliser l’attention sur l’auteur qui ne sait plus où se mettre alors que tout ce qu’il voulait, lui, c’est qu’on parle un peu de son bouquin et s’acheter une nouvelle Twingo avec les royalties pendant les 2 minutes d’antenne dont il a pu bénéficier en tirant un profit éhonté des relations qu’il a nouées avec les pontes de la presse en échange de services que la morale réprouve mais qui feront l’objet d’un roman à scandale plein de name dropping dans quelques années.

Sinon, ça va, merci. Le printemps toulousain est arrivé, Jazz me down a été adapté au théâtre au Cameroun, ma pièce Dessine-moi une maison sera jouée en juin, j’ai un petit texte jeunesse qui paraîtra d’ici deux mois, nous avons sorti avec Manu Causse un CD de lectures musicales intitulé Cinq tentatives d’approche de l’infini (chez Esope Editions), je vais écrire une nouvelle en binôme avec un chercheur (il cherche, j’écris) pour le festival de la Novela, un nouveau roman avance dans ma tête, le Salon de Balma ce week-end était une réussite (comme d’habitude, même si un scandale y a éclaté qu’on ferait bien de ne pas relayer) et demain soir, c’est la 100e édition de l’émission de radio Pas Plus Haut Que Le Bord (dans laquelle je chronique sous le pseudonyme de Lola Parabellum, maintenant vous savez). Non, vraiment, c’est parfait.

Ah, si, quand même. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais : Frijide Barjot, tais-toi. On n’en veut pas, de ton sang et de ta haine. Va-t’en prier au Vatican, pars t’agiter dans les robes du pape, va secouer les puces à sa mule si ça peut te calmer, mais par pitié, oublie-nous.

Nous, les gens en général.

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Je vous l’avais bien dit que je reviendrais

Posted by Emmanuelle Urien on mai 10, 2012 in egopub, Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Zut, voilà qu’elle remet ça.

Encore un livre, encore des nouvelles, en plus cette fois ce n’est même pas un vrai livre, mais où va le monde, sainte misère, vraiment c’est insupportable, quelle absence totale de pudeur, parler d’elle comme ça, au vu et au su de tous, quel manque patent de modestie, franchement qui ça intéresse ces histoires, c’est quand même un peu toujours la même chose, une suite de combinaisons séquencées à partir de 26 lettres et quelques signes de ponctuation, aucune originalité, en plus je déteste le violet, et puis ce titre, alors, du pur racolage, sûrement une apologie à peine masquée du GPS alors qu’avec un bon atlas routier on s’en sort très bien, et tu sais ce qu’il te dit l’homme perdu?

…Oui, j’aime bien faire parler en premier mon détracteur intérieur avant de chanter mes propres louanges faire ma propre publicité, c’est une façon très personnelle que j’ai de soigner une tendance maladive à l’effacement, la preuve en est ma présence assez discrète sur ce non-blog qui, décidément, porte de mieux en mieux son nom, quelle bonne idée j’ai eue là.

Or donc, j’ai récemment commis cette bluette (Jean d’Ormesson, sors de ce corps, et d’abord je ne te permets pas) Je vous présente donc mon cadet, baptisé « C’est plutôt triste, un homme perdu », une ode vibrante à la vie qui fait la part belle à l’émotion au travers d’une écriture à la fois fluide et travaillée digne des plus belles plumes du 19e siècle des nouvelles au nombre de sept (ce qui, vous l’admettrez, est déjà loin d’être anodin) dans lesquelles des hommes (plus ou moins sept aussi, donc comme qui dirait les héros) vivent des trucs absolument incroyables quand il ne leur arrive pas des choses franchement banales. Il n’y a pas de fautes d’orthographe et ce n’est pas très long à lire.

Comme vous pouvez le constater, je ne sais toujours pas parler de mes livres. Tant pis, je laisse.

Je tiens tout de même à signaler que ce recueil existe exclusivement en version numérique. Cela ne signifie pas que je ne me sois pas appliquée pour l’écrire. Cela ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas de travail éditorial en amont, vu que l’éditeur, Onlit, est quelqu’un de très sérieux bien que belge. Ce recueil dont vous ne pourrez donc pas corner les pages est pourtant un vrai livre avec, il est vrai, des mots et des phrases, pas mal de points-virgules et, derrière tout ça, une certaine réflexion (mais forcément moins que dans le recueil précédent vu qu’il parlait de miroirs). Que dire d’autre? Qu’il coûte seulement 3,99€? Non, je préfère éviter qu’il soit question d’argent entre nous.

Du coup, grâce à tous les droits d’auteur que je touche, je suis propriétaire d’une liseuse.

Non, pas cette liseuse-là, celle-ci. Sauf que la mienne est noire, si vous voulez tout savoir.

En réalité, il n’y a pas de relation de cause à effet entre ce nouveau recueil et cette récente acquisition, mais comme un jour celle-ci me sera reprochée et qu’on m’accusera d’être l’auteur de l’assassinat du livre papier avant de me brûler vive en place publique, je préfère anticiper et avouer sans qu’il soit besoin de me soumettre préalablement à la question. Oui, j’ai une liseuse, oui, je l’utilise, et oui, j’aime ça, quelle perversité. Mais j’aime aussi les livres papier, et Jules, et Jim. Ce sont deux choses différentes, deux supports pour un même combat (tiens, la pasionaria en moi ressurgit, on sent que c’est le printemps) : la littérature. Ou la culture en général. Deux armes de diffusion massive. Non pas antagoniques, mais complémentaires.

J’arrête, ça devient trop sérieux, j’ai mal à la tête. Cela dit, le débat est ouvert (même si des bas bleus s’imposeraient facilement ici vu le sujet de l’action) et votre avis m’intéresse, surtout s’il correspond au mien.

Je vous aurais bien parlé d’autres choses, mais je n’ai plus trop le temps. Ou alors juste pour vous livrer, en vrac, quelques sujets de réjouissance ; tenez, vous trierez :

- Une émission politico-satirique et rafraîchissante à écouter ici ou en public : Pas Plus Haut Que Le Bord.

- Des lectures musicales, toujours avec Manu Causse, au salon du livre de Pamiers (09) le dimanche 3 juin pour le petit-déjeuner (c’est le repas où il n’y a pas de cassoulet) ; après, on signe.

- Un président sorti (ça va nous faire au moins jusqu’à la fin de l’année, le temps de déchanter)

- Un musée fantastique à Humlebæk près de Copenhague, le Louisiana.

- Mon prochain roman, « La femme de Schrödinger », qui paraît toujours en 2013 chez Denoël.

- Un salon le 25 mai à Villeneuve/Lot (je n’ai pas dit que je mettais les trucs dans l’ordre).

- La Fête à Fred qui repasse entre le 30 mai et le 1er juin au Chapeau Rouge (Toulouse).

- Le ciel bleu, les oiseaux, les fleurs, l’amour, le cuir et la dentelle (je laisse, ça, ou pas? Tiens, oui.)

Je vous dis donc à très bientôt (six mois tout au plus, je commence à prendre un bon rythme de croisière, moi). Bonnes lectures et joli mois de mai à tous.

(Non, attendez, fermez pas, faut que j’y retourne, j’ai pas mis les liens.)

Voilà.

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Même pas mort

Posted by Emmanuelle Urien on juin 30, 2011 in egopub, Raconte-moi ta vie

Contrairement aux apparences et n’en déplaise à ses plus fidèles détracteurs, ce non-blog n’est pas mort, il est blessé seulement. Et encore, c’est superficiel.

Il y a un an tout juste paraissait le précédent non-post. C’est purement un hasard que celui-ci sorte aujourd’hui : j’ai glissé en cliquant et hop, je suis tombée ici la tête la première, comme Alice dans le terrier du lapin, et aussi à la bourre que celui-ci.

Je vous aurais bien fait un résumé de ces 365 derniers jours sans blog, mais il ne s’est rien passé. J’ai dû traduire six bouquins avec des vrais morceaux de banshees dedans, quatre sites et quelques dizaines d’articles divers dont la plupart à la solde du grand capital (oui, j’ai un vrai travail, moi, monsieur), mais sinon, rien du tout, je vous dis. Sauf, peut-être, ce recueil de nouvelles* que j’ai re-bouclé et qui sortira le 11 septembre pour le festival de Lauzerte. Et les Glossolalies sur lesquelles j’ai pas mal avancé (vous pouvez en écouter les premiers morceaux sur la page d’accueil de mon site, remis à jour pour l’occasion). Et ces chroniques dans des émissions de radio interlopes mais galvanisantes. Et ce contrat qui me permet de voir l’édition d’un œil nouveau, mais j’en reparlerai après l’été, quand j’aurai fini mon roman, et avec le plus grand sérieux. En dehors de ça, il n’est rien arrivé, je vous assure.

Ah, si : la vie est belle.

Voilà, je reviens bientôt, ne raccrochez pas. Bonne vacances à tous.

* Tous nos petits morceaux, éditions D’un Noir Si Bleu, septembre 2011. Mais cela ne m’empêche pas d’équeuter les haricots verts ; d’ailleurs, j’y vais de ce pas.

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Tids & bits

Posted by Emmanuelle Urien on déc 19, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

Un courant d’air venu de je ne sais où se planque sous mon bureau et me remonte au bout des doigts. Ce nouveau non-post (qui surgit moins de deux mois après le précédent, notez l’exploit) sera donc entièrement écrit avec des moufles. J’hésite encore, par respect pour mes non-lecteurs, à enfiler les après-ski, à coiffer la chapka et à m’envelopper dans une couverture écossaise, mais ce n’est pas l’envie qui manque.

Ça, c’était donc la première nouvelle de mon actualité : j’ai froid. Mais je n’hiberne pas pour autant. Et, selon la tradition vieille comme ce non-blog qui veut que je vous livre dans leurs moindres détails mes faits et gestes passés – en tout cas ceux qui relèvent du registre professionnel, pour le reste vous ne saurez rien -, venez ici que je vous raconte.

En novembre, il y a eu le salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière, où le magnifique « Qui comme Ulysse » de Georges Flipo a reçu le prix Ozoir’Elles qui récompense depuis deux ans un recueil de nouvelles. Je fais partie du jury « exclusivement féminin » (avec, entre autres, Annie Saumont) et comme Georges, en plus d’être un excellent écrivain, est également un ami précieux, je suis heureuse pour lui. Cerise sur le gâteau : son recueil a été récompensé à la quasi unanimité des voix. Comme ça, on ne pourra pas m’accuser de copinage.

Toujours en novembre avait lieu le salon du livre du Touquet, auquel je n’ai pas assisté. J’y étais pourtant conviée mais, comme mon éditeur n’avait pas jugé utile de me transmettre cette invitation, c’est seulement à la veille du salon que j’ai appris que ma présence était souhaitée, ne fût-ce que pour y recevoir Prix du jeune romancier que les lycéens du Touquet ont choisi d’attribuer à « Tu devrais voir quelqu’un ». J’aime de plus en plus les lycéens, et de moins en moins mon éditeur.

En décembre, avec mon collègue polymorphe hyperactif génial fou Manu Causse, nous avons ôté nos pseudos et revêtu nos véritables patronymes pour nous rendre à Nice où se tenait un congrès de traducteurs. Nous y avons donné notre première conférence, intitulée « Traduction et créativité », sous forme d’atelier déstructuré (il y avait même des Gmörks). Personne ne nous a jeté de pierres, les participants ont aimé, les organisateurs aussi, et nous nous sommes tous deux bien amusés, malgré le trac et, en ce qui me concerne, le léger sentiment de ne pas être tout à fait à ma place face à ces traducteurs archi-chevronnés. Il avait raison, Machin, avec son traduttore, traditore

Depuis le 17 novembre, et jusqu’au 31 décembre, le théâtre du Fil à Plomb accueille de nouveau notre pièce Désolés pour le chien, sponsorisée par la SPA et l’ADF, une comédie drôle (ça ne va pas forcément de soi) avec des vrais morceaux de karma dedans et de véritables questions sur la vie de couple, les couloirs de dix-huit mètres et les gloriettes. Si vous avez l’avantage et le plaisir d’être Toulousain ou assimilé, venez soutenir des auteurs vivants et qui comptent bien le rester, ainsi que des comédiens tous plus charmants les uns que les autres.

C’était la séquence egopub / auto-flattons-nous / nous sommes tous des génies plein de talents …N’empêche que nous, c’est vrai.

Passons maintenant à notre rubrique « Actualités actuelles », avec un gros plan sur le sujet crucial du moment, à en croire les foules qui se bousculent en ville malgré le froid, la crise et le manque d’inspiration.

Pour Noël, je veux :

  • La sérénité
  • Du temps liiiiiiibre
  • Un nouvel éditeur pour mon recueil « Nous avons peur du noir »
  • Un fer à repasser
  • Un boudin en forme de chien (un chien en forme de boudin?) pour colmater ce courant d’air qui, à l’instant où je vous écris, continue de me glacer les jambes
  • Jouer Summertime au saxophone, mais alors peut-être pas à deux heures du matin
  • Être amour, joie et lumière (ou gloire et beauté, j’hésite)
  • Un stylo bille qui fonctionne

Pendant que les lutins tricotent tout ça et que le père Noël fait chauffer les rennes, je vous propose d’aller jeter une oreille sur les travaux musicaux de quelques connaissances miennes, à savoir Just for des mots, une démo en permanente déconstruction-reconstruction, et Grizzly Sisters Gestalt Machine, du post punk déstructuraliste néo-barje. Devant la cheminée.

Allez, c’est décidé : j’enfile une deuxième paire de chaussettes. Souriez, c’est Noël!

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Blogueur’s digest

Posted by Emmanuelle Urien on nov 4, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

À ceux des lecteurs de ce non-blog qui me croyaient fermement décédée de la grippe du cochon, j’adresse aujourd’hui ce démenti vibrant : je suis toujours là, bien vivante derrière mon écran, les yeux en 16/9 et le clavier solidement arrimé au bout des doigts.

Je travaille trop. Du coup, je délaisse (entre autres) ce lieu qui, plus que jamais, mérite son non*.

Vous voulez que je vous raconte mes vacances? Ma rentrée? Mon plan quinquennal de travail que je vais abattre en six mois? Toute mon actualité du dernier semestre? Celle du prochain?

Bon, d’accord, mais pas longtemps.

1 – Mes vacances.

Le soleil était au rendez-vous, la campagne aveyronnaise** avait revêtu ses verts atours de printemps à cause du décalage horaire qu’il y a là-bas, nous cheminions à pas tranquilles sur les sentes, des cris d’enfants sur les talons, le roman de l’été sous le bras et les mains dans les poches. Au loin, le cri des mouettes le disputait au souffle furieux du ressac. Nous marchions depuis quatre jours sans fermer l’œil. Légèrement essoufflée, je suggérai à mes compagnons de cordée que nous établissions notre campement pour la nuit. Ignorants de mes antécédents psychiatriques, ils me traitèrent de mauviette. Pour leur apprendre, je les décapitai à coups de raquette pendant leur sommeil, et c’est alors que le réveil sonna.

2 – Ma rentrée

Comme je n’étais pas sortie, je fus bien en peine de rentrer.

3 – Mon actualité du dernier semestre ou Si vous avez manqué le début

En juin, vous auriez pu m’entendre au Marathon des Mots que nous avons clôturé en musique avec Manu Causse et une salle pleine ; en juillet, toujours avec M.C., nous avons verni une exposition de peinture chez les Zofer, ensuite j’ai tué des alpinistes malotrus sur les sommets aveyronnais ; en août nous avons fréquenté le salon de de Forcalquier et lu nos nouvelles aussi musicalement que possible ; en septembre je suis non-rentrée mais j’ai compati avec ceux dont le sort était autre ; nous sommes allés au festival de Lauzerte où nous avons lu ; j’ai fait une résidence à la Fabrique avec une trapéziste et une plasticienne pour entamer l’écriture d’un spectacle aérien ; en octobre nous étions au salon de Gaillac où nous avons musicalu  (tant pis pour les détracteurs du néologisme, je laisse) ; j’ai presque écoulé le stock lors de la première édition (très réussie) de Toulouse Polars du Sud ; j’ai rencontré 200 lycéens à Caussade qui ont bissé mes histoires et crié mon nom dans les couloirs ; nous avons musicalu au Théâtre du Pavé,  musicalu à Lherm, ; j’ai délibéré à Paris avec des gens connus afin de proclamer que Qui comme Ulysse de Georges Flipo méritait le prix Ozoir’elles et j’en ai profité pour faire plein de copinage pour pouvoir enfin être publiée dans une grande maison d’édition*** ; j’ai fait une résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien évoqué ci-avant ; j’ai été désavouée par mon éditeur et je repars donc à l’assaut de la citadelle ; et pour finir je suis tombée dans novembre en ratant la marche.

4 – Mon actualité du prochain semestre

Demain matin à 9h30, Claire Ambill de Radio Occitanie m’invite à causer dans le poste sur Tu devrais voir quelqu’un. Vendredi, j’ai piscine. Jeudi 19 à 17h, je reviens sur Radio Occitanie, invité cette fois par Christian Moretto, pour parler d’autre chose (de livres, de musicalectures, de spectacle aérien).  Entretemps, j’aurai écrit une préface pour un ouvrage de photos/dessins obsédants. Le 21, nous serons au salon d’Ozoir-la-Ferrière, consacré aux nouvelles, où sera remis le prix même pas éponyme au lauréat d’Ozoir’elles, et où nous musicalirons peut-être aussi. Le 6 décembre,nous animerons, avec M.C., un atelier intitulé « Traduction et créativité » dans le cadre de la Conférence des traducteurs à Nice. Le 16 janvier, nous signerons au salon du Livre d’hiver à Montgiscard (31). Fin janvier, je serai en résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien. Le 1er février, Quadrature publiera une version augmentée de mon premier recueil, Court, noir, sans sucre, que je signerai du 5 au 7 mars à la Foire du livre de Bruxelles tout en parlant de Toute humanité mise à part aux élèves du Collège Saint-Michel. Le 9 mars au soir nous musicalirons à la médiathèque de Pamiers (11) (31) (08) (41) (06) (09)*****.

Je crois que j’ai pris une bonne avance, là. Mais j’essaierai de revenir ici avant six mois, promis En racontant des choses plus intéressantes et moins égotistes.

À ce propos, vu que ces derniers mois j’ai aussi lu des milliers centaines dizaines si, des dizaines de livres, je vous recommande en particulier de découvrir les nouvelles de Jean-Louis Ughetto**** qui m’ont enthousiasmée, le dernier polar historique de Fabienne Ferrère, Car voici que le jour vient, tout aussi magistral que son premier opus et dans lequel nous retrouvons le chevau-léger Gilles Bayonne et son acolyte Piquelune dans une enquête sombrissime.

Il faut que j’y aille, maintenant, mon devoir de traîtresse traductrice m’attend. Et des tas d’autres également.

P.S. Au fait, je me suis fait taguer par Manu Causse sur « La première fois ». Je suis une bonne fille (au fond), alors je réponds :

La première fois que je suis morte, heureusement, ça n’a pas duré.

Voilà.

Portez-vous bien.

* C’est fait exprès.

** Le correcteur automatique me propose « lyonnaise », « réunionnaise » ou « mayonnaise ». Comme quoi, pour vivre heureux, vivons cachés, vivons en Aveyron.

*** Juste pour que certains aient la satisfaction de voir les rumeurs se non-confirmer.

**** Désolée pour le lien vers la F..c, mais Bibliosurf ne propose pas encore ces ouvrages…

***** Et le numéro complémentaire est le 999. Merci, Manu.

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(Ni) Vert ni sage (mauvais jeu de mots, tpjl)

Posted by Emmanuelle Urien on juin 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Oui, bon, j’ai voté. Mon bureau était assez loin (vu que je n’ai toujours pas signalé mon 18e changement d’adresse en trois ans), et j’y suis allée en vélo, forcément.

Mais revenons plutôt sur les événements de la semaine. Ils sont nombreux, mais comme je m’en voudrais d’entrer dans les détails de ma vie privée, je me contenterai de vous signaler que jeudi 4, je lisais musicalement à Ombres Blanches (avec Manu Causse dans le rôle du guitar hero), et que vous n’étiez même pas là. C’est dommage, les quelque trente auditeurs (quinze selon la police) présents ont aimé. Qu’à cela ne tienne : nous réitérons la performance (car c’en est une, surtout quand les réserves en eau se font rares) dimanche 14 juin à 18h pour le Marathon des mots à l’Ostal Occitania (rue Malcousinat à Toulouse).

Par ailleurs, mais c’est tout de même là que je voulais en venir, l’atelier expo Zofer vernira vendredi prochain (le 12) une exposition de peinture bizarrement intitulée KESKIFéCON?, où vous pourrez (si vous venez) vous demander ce qui fait que Manu Causse et Emmanuelle Urien prennent parfois le pinceau, le couteau, le tube, la ficelle ou les doigts (liste non exhaustive) pour exprimer on ne sait quoi (mais ça peut venir) à travers la couleur, la matière et les formes. Et dans la série lego, ergo sum, nous musicalirons de nouveau quelques textes à cette occasion, un petit four à la main, un verre dans l’autre. À ce sujet, je cherche des volontaires pour tenir les livres. Pupitres s’abstenir.

Et puisque vous avez lu jusqu’au bout, outre l’affiche de l’expo, je vous mets une ou deux images en avant-première. Chic, non?

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Brèves rumeurs

Posted by Emmanuelle Urien on mai 22, 2009 in Raconte-moi ta vie

Je fais bref car il paraît que…

-  j’ai plein de travaux en cours et à venir, en particulier des recettes de sites internet (rien à voir avec la cuisine) pour le Cned, un recueil de nouvelles à boucler, des lectures à préparer, des manuscrits à lire, mes droits de la sécu à récupérer, et peut-être des hélicos à traduire ;

- que je pars à Paris pour une intervention demain à la bibliothèque de Gennevilliers.

En attendant, il paraît également qu’on parle de mes livres…

- chez Franck Garot sur son blog Vers Minuit ;

- chez Christophe Dugave sur Nuit Blanche ;

- dans les lectures d’Encres vagabondes ;

- sur le blog Lettres Exprès.

- sur Télé Toulouse, mais ce sera lundi 25 à 11h30 dans l’émission de Greg Lamazères, le bar des auteurs.

- Au Banquet du livre à Lagrasse le 30 mai à 16h

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui… bientôt je vous (re)donne le programme de juin.

 
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Programmation en cours

Posted by Emmanuelle Urien on mai 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Ça commence demain* ce soir : l’atelier des Zofer vernit une nouvelle exposition, joliment (et justement) appelée Corps et graphies ;de belles photos de Yannick Zofer, et tout autour des vidéos qui racontent l’aventure, de la musique qui l’enveloppe, et des lectures (par Jean-Luc Krauss) qui les rehaussent. Il faut venir à Toulouse, rue du dix avril, pour voir et entendre tout cela, aujourd’hui, vendredi 7 mai à 19h, ou (re)venir ensuite jusqu’à la fin du mois.

Nous, on y sera.

Et comme on est en mai, les salons et autres lieux où l’on cause fleurissent. J’irai donc, les 16 et 17, signer et bavarder (sujet : Comment écrivez-vous? …ben avec le moins de pieds possible) à Villeneuve sur Lot pour le Salon du livre qui s’articule autour des Femmes du sud (ou l’inverse, mais cela demande une certaine souplesse).

Samedi 23, je monterai vers le nord, en direction de cette grande ville prétentieuse (mais que j’aime bien quand même) pour présenter Tu devrais voir quelqu’un à la médiathèque François Rabelais de Gennevilliers. La rencontre aura lieu à 18h et sera animée par Serge Cabrol de la revue Encres vagabondes.

Je réitère le samedi 30 mai, cette fois à la maison du Banquet de Lagrasse (Aude, au coeur des Corbières, c’est beau comme tout), et en musique puisque le beau et talentueux (je le dis en toute connaissance de cause) Manu Causse m’accompagnera pendant mes lectures, si vous ne pouvez pas venir (parce que vous habitez Paris ou Metz, par exemple), vous pouvez nous entendre en cliquant ici.

Le 4 juin (c’est un jeudi, à 18h), je signe / discute / lis en musique à la librairie Ombres Blanches (Toulouse, where else?).

Mercredi 10 juin, de 17h à 18h : je cause à la radio sur Altitude (93.5 à Toulouse), dans l’émission Paroles d’écrivains.

Dimanche 14 juin, lecture musicale de Tu devrais voir quelqu’un en clôture du Marathon des mots (la programmation est en cours et le site n’est donc pas encore à jour) de Toulouse, à 17h30 à l’Ostal Occitania.

Et puis c’est tout pour le moment. Pas très intéressant, tout ça, mais il faut bien justifier le sous-titre de ce non-blog. Et puis, si je ne fais pas la pub de ma propre actualité, qui le fera à ma place? Ce n’est pas comme si j’avais des attachés de presse qui s’occupaient de la promotion de mon livre… Oups, je l’ai dit. Tant pis, je laisse.

Ah si, tant que j’y pense : la salon de Balma (voir dans les parages de ce non-post (tiens, j’ai fait un ping), entre le règlement intérieur et l’azote liquide), c’était bien. La séance de signature à la Poste aussi, parce que j’ai papoté avec la libraire et les organisateurs pendant que les usagers venus en masse faisaient la queue. Pour poster leurs recommandés, retirer leurs colis, clôturer leur Livret A (vu que c’est la crise), mais pas tellement pour acheter un livre. L’initiative était intéressante, cela dit, et en revoyant un peu la formule, ça peut marcher. Amener les livres (et leur auteur avec) sur des lieux où on ne les attend pas, je suis pour, quitte à essuyer un peu les plâtres, et à poser la première couche de peinture (rouge vif satiné) juste derrière.

À propos de plâtre, je ne suis plus dans la sélection du prix Orange, malgré tous les votes de GL** que j’ai eus. Pas bien compris comment ça marche, tout ça… Je suis un peu marrie, parce que les 15000€ du prix m’auraient permis de lever un peu le pied sur les traductions à 2 balles (j’exagère, c’est parfois 2 balles et demi) et les journées de 12 heures de transcriptions-corrections-plomberie, tout ça pour payer le loyer et la nourriture des poissons rouges (dont l’un est bleu, mais il l’ignore). À la place, je crois bien que je me serais (re)mise à l’écriture. Je dois boucler un recueil de nouvelles. Mais pas le temps. D’ailleurs, qu’est-ce que je fais là?

Allez, encore un peu.

Juste pour le plaisir de me contredire, je lis beaucoup en ce moment (à la place de dormir, par exemple), et j’ai découvert une nouvelle auteur (sans ‘e’ parce que je trouve ça laid). C’était ma voisine de salon à Balma, et comme cela se fait de s’intéresser aux autres dans ces circonstances, (entre autres) j’ai pris et ouvert son livre, j’ai lu les premières pages, et je l’ai acheté. Anne-Christine Tinel, en plus d’être une lumineuse jeune femme, est brillante (le plus fort, c’est qu’avec tout ça, elle ne fait même pas mal aux yeux). Je passe sur le fait que, comme personne, elle est très sympathique et que nous nous sommes bien amusées, et j’en viens à l’essentiel pour vous recommander la lecture de son roman, Tunis, par hasard. Je sais mal parler des livres que j’aime, alors je vous laisse apprécier par vous-même, et par bribes :

La nécessité de la trace ne surgit qu’avec la disparition. C’est pourquoi les contes s’achèvent au début du bonheur, nous laissant dans une frustration qui est celle du spectateur ; ce n’est pas tant que le bonheur n’ait pas d’histoire ; c’est plutôt que l’histoire du bonheur est intransmissible, une expérience irréductible au langage. (…) Exister, être heureux, magnifique adéquation entre la conscience et l’être, se fout éperdument des histoires. (…) L’histoire commence quand se referme à deux battants la porte du paradis. La parole arrive avec les morts.***

Et encore :

Tu aimes la mère passionnément ; mais tu grandis contre elle ; dans la douleur douce de son giron, tu apprends à ne pas lui ressembler. C’est cette obsession féroce, qui passera par blesser la mère tant aimée, qui te pousse dès le plus jeune âge dans des comportements qui ne sont pas ceux des petites filles, puis des jeunes filles, de ton âge. Le matin, quand la mère commence long circuit de sa journée, courses, repas, ménage, vaisselle, linge, couture, tu attrapes avec sauvagerie ton oreiller, et tu le places sur ton visage. Quitte à étouffer, tu ne veux pas entendre les bruits familiers de la kyrielle des obligations qui incombent aux femmes. Tu grandis comme une princesse, dans la paresse et l’innocence. (…) Obscurément tu es la princesse de la mère ; mais le père ne te regarde pas de cet œil-là. Première fille après quatre fils, tu es la porte par où entre le mal dans la demeure. Coupable par nature, par nature féminine.

Une écriture magnifique qui permet de porter un regard dégagé de toute complaisance sur la société tunisienne, et soutient une douleur lancinante qui finira par s’apaiser au décompte du temps. (On dirait du Télérama, je l’avais bien dit que je ne savais pas faire l’article… tpjl) Anne-Christine aura bientôt un site, restez accroché à la souris, je vous tiens au courant.

That’s all for today, folks. Profitez bien de ce long week-end et du soleil des éclaircies de la température relativement clémente pour un mois de janvier.

*J’ai écrit le début de ce non-post hier, comme quoi je m’y étais tout de même prise bien à l’avance…

**Gentils Lecteurs

***(Le choix de ce passage n’est pas anodin, il me semble voir exprimé clairement pour la première fois, dans ces phrases, la raison pour laquelle j’écris du noir, pourquoi je fais le récit du malheur plutôt que celui du bonheur)

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L’art de la dispersion

Posted by Emmanuelle Urien on avr 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

J’ai tellement à faire en ce moment qu’il n’est pas question que je non-blogue ces jours-ci. Pas aujourd’hui, en tout cas. Demain non plus, d’ailleurs, je suis bien trop occupée, ce serait une perte de temps catastrophique.

Ce qui m’amène à penser que je suis actuellement en train de non-non-bloguer. Étourdissant, non?

Mais voilà, il faut que je vous dise : j’ai reçu hier un message de mon hébergeur qui m’informait que je dépassais, sur mon site, les 80% de trafic autorisé, et que je devais, sous peine de fermeture, de confiscation de mes biens et de prison à vie, racheter de la bande passante ou supprimer des visiteurs. Allez savoir pourquoi, j’ai acheté. Alors que c’est la crise. Tout ça pour vous.

Du coup, je suis allée voir les statistiques du site, pour la première fois. C’est joli, il y a des graphiques en couleur (mais pas de camemberts, je suis déçue, j’aime bien les camemberts), des chiffres après la virgule (avant aussi), et ça me permet de savoir si vos chaussettes sont assorties quand vous vous connectez. Je sais tout.

…Bon, peut-être pas tout, mais il semblerait que depuis deux mois, ce non-blog en particulier accueille jusqu’à 300 visiteurs par jour. C’est beaucoup. Il me semble donc légitime et judicieux d’établir un non-règlement intérieur qui permettra d’éviter les encombrements et garantira la jouissance paisible des lieux. C’est vrai, quoi, un peu de discipline, que diable!

Alors, article 1 – Objet : Le présent règlement intérieur fixe, conformément à certaines dispositions qui restent à définir si on a le temps, les règles relatives à la discipline applicable sur un non-blog,les procédures et sanctions interdisciplinaires de la profession ainsi que les dispositions relatives aux droits de la défense des visiteurs, l’abus d’autorité en matière littéraire et statistique dans les relations internautiques, l’hygiène corporelle et la sécurité morale sur ce non-blog.

Article 2 – Champ d’application : Les champs, les prés, les forêts, mais aussi les rues, les boulevards et, dans une moindre mesure, les sentiers de montagne bordés de fleurs sauvages.

Article 3 – Affichage : Le présent règlement doit être affiché sur votre frigo à l’aide de petites coccinelles aimantées ou, à défaut, recopié à la main sur tout ou partie de votre avant-bras gauche (droit pour les gauchers).

Article 4 – Horaires : pas avant 9h, s’il vous plaît, et pas trop fort.

Article 5 – Présence : d’esprit, de préférence. Des contrôles seront effectués à l’entrée. Le vestiaire est gratuit, mais pas obligatoire.

Article 6 – Retard : possible avec un mot d’excuse autoproduit récapitulant les circonstances ayant présidé aux atermoiements, procrastinations et autres faux-fuyants.

Article 7 – Accès : cliquer fort, sauf avant neuf heures.

Article 8 – Discipline : les visiteurs sont placés sous l’autorité de leur chef qui sera autoproclamé. Tout visiteur est susceptible d’être chef, à condition de se conformer à ses propres instructions et d’être généralement en accord avec lui-même. La co-existence de plusieurs chefs est admise mais peu souhaitable, sauf si tout le monde est chef, mais du coup ça ne sert plus à rien et c’est le bazar, alors qu’autrement, c’était drôlement bien rangé.

Article 9 – Sanctions disciplinaires : tout agissement considéré comme fautif pourra faire l’objet des sanctions énoncées ci-après : petit mot réprobateur écrit au Bic rouge ; gros yeux avec sourcils froncés ; mise à pied (une fois le gauche, une fois le droit) ; mutation sur le blog de Wrath ; rétrogradation en non-chef (ou en chef pour qui ne le serait pas) ; peine capitale. La nature de la sanction sera connue à l’issue d’une procédure complexe et réglementée faisant intervenir de petits bouts de papier, un chapeau, et un huissier.

Article 10 – Défense des visiteurs : les visiteurs pourront assurer leur propre défense, sauf s’ils sont préalablement jugés coupables, en vertu de la disposition non encore définie mais très intéressante qui dit que la mauvaise foi fait loi.

Article 11 – Harcèlements sexuel et moral : interdits, sauf par consentement mutuel, mais je préférerais que vous alliez faire ça ailleurs, je n’ai pas les équipements nécessaires.

Article 13 – Prévention des accidents : attention à la marche, è péricoloso sporgersi, ralentir chantier, watch the dog. Vous voilà prévenus, n’allez pas vous plaindre, après.

Article 14 – Boisson, repas, fumage, tout ça : faites comme chez vous (sauf pour les miettes). Et essuyez vos pieds en sortant.

Voilà, je crois que c’est parfaitement clair. Maintenant, vous faites comme vous voulez.

À part cela, j’avais plein de choses à raconter, mais j’ai dû m’égarer.

Ah, oui : Patricia Parry, une fille du noir que l’on voit partout à Toulouse en ce moment, vient de recevoir le grand prix du roman du Festival international du film policier de Liège avec ses Cinq leçons sur le crime et l’hystérie. Je dis bravo, elle l’a bien mérité. Et aussi : lisez-le!

Restons en Belgique : Luce Wilquin vient de publier un recueil de nouvelles intitulé Nuageux à serein. Elle me l’a envoyé, manière de clin d’oeil, vu que l’auteur en est Patrick Dupuis himself, l’un de mes éditeurs préférés puisqu’il oeuvre avec brio chez Quadrature, qui a publié mon Toute humanité mise à part en 2006. Je lis.

J’ai également fini un très beau roman, Le coeur cousu, de Carole Martinez, qui raconte le destin, en Espagne et en Afrique du nord, d’une lignée de femmes maudites. Une spirale sombre émaillée de couleurs violentes, une trame serrée, presque étouffante, de réalisme cru et de fantastique… je vous le recommande.

Quoi d’autre? La mise en ligne d’un excellent site propulsé par l’Unesco et la Bibliothèque du Congrès aux États-unis, celui de la Bibliothèque numérique mondiale. Je le mentionne d’autant plus volontiers qu’avec mon compagnon et collègue de travail, nous avons contribué aux traductions et révisions d’une partie de son contenu. Nous avons aussi traduit des turbines d’hélicoptères, transcrit des pompes physiques et biologiques, et je suis devenue intermittente du spectacle. Vous voyez, ça avance.

Avis aux Toulousains et frontaliers : ce week-end, je suis à Balma pour le salon du Livre et du vin, le plus important de la région. Je commence samedi matin par une signature… à la Poste! Je vous dirai si ça marche, mais je trouve l’initiative amusante et intéressante.

Côté egopub, Tu devrais voir quelqu’un a fait l’objet d’une chroniquette (tpjl) dans Marie-Claire, et d’un article dans Toulouse Mag. J’ai la flemme de scanner. Et d’un sympathique billet sur Mille et Une pages. Merci aux auteurs des blogs de lecteurs, ils sont pour les livres un relai de plus en plus important.

Je clos par une rengaine : Tu devrais voir quelqu’un, présélectionné pour le prix Orange du livre (602 candidats à ce jour!), attend les votes de ses lecteurs. Seuls trente ouvrages seront sauvés le 30 avril. Vous pouvez l’aider à en faire partie (tiens, pourquoi ça change de police de caractère, tout à coup?), en commençant par cliquer ici. La suite vous regarde.

Bien, je crois que le contenu de ce non-post justifie assez bien son titre. Alors je vous laisse, j’ai de l’azote liquide sur le feu.

(Faudrait une ou deux images, aussi. Partez pas, je cherche.)

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Pluie fine de retombées, ou l’inverse.

Posted by Emmanuelle Urien on avr 14, 2009 in Raconte-moi ta vie

Non, laissez : ceci est juste un constat de retombées presse – Internet compris (je comprends Internet). Vous ne trouverez donc dans ce non-post que quelques allusions à ce que des lecteurs (mes lecteurs, et je les en remercie) ont pu penser de mon dernier opus (c’est bien comme ça qu’on dit?) Et quelques considérations annexes si le coeur m’en dit d’ici la fin de ce billet-post-article.

Ne pas en oublier. Pas simple : je perds le compte de ce qui se dit sur la toile, à tous propos d’ailleurs.

Non, finalement, à bien y regarder, il n’y à pas tant à dire – à non-poster. Sauf à publier ici ce que les amis, les lecteurs inconnus mais vaillants (car il faut être vaillant pour lire et dire ensuite), la presque famille (aussi chère que l’aboutie), ont écrit de mes écrits.

Baste.

Je ne reproduirai pas les mails privés, parce qu’ils le sont, et beaux comme tels, et merci. Mais cet article dans Elle (que j’ai acheté pour l’occasion, rendez-vous compte) pourquoi pas. À l’heure qu’il est, j’ai dû réussir à le scanner et le rendre lisible dans un coin de ce non-blog.

Alors Jérôme Cayla, Virginie Megglé, Marie-José Bertaux …ben merci aussi, vraiment.

Et aussi, vu que je suis bonne princesse (tpjl), des critiques de lecteurs (lectrices?) qui n’ont pas aimé mon livre, c’est le droit le plus absolu du lecteur, lectrice comprise :

Lettres à vous et Fémina de Suisse.

Ça se discute (c’est toi, le chapeau melon…) ? Sans doute. Mais ce n’est pas à moi de le faire…
Sinon : une lecture musicale vendredi 3 à Decazeville qui était belle comme tout, des tonnes de petits travaux (rénovations en tout genre) de traduction-transcription dans tous les sens pour la croûte, des interventions prévues à Gennevilliers ou ailleurs, une intégration surprise dans le jury Prométhée,
Oui, va falloir y arriver, malgré les cœurs qui battent de travers et les volontés qui s’échappent entre cynisme et nihilisme.
M’en fous, j’y crois.
(Bon, j’essaie d’insérer la page de l’hebdo en question (peut-être faut-il cliquer dessus pour y voir) et j’arrive… vous êtes toujours là?)

…et sinon, toujours sur la sellette, il attend vos clics, vos mots. Coup de pouce et de coeur bienvenus!

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