Principe de certitude

Posted by Emmanuelle Urien on jan 31, 2012 in egopub |

Il fait un peu frais, ici. Personne n’a pensé à allumer le chauffage depuis mon dernier passage?

Non, mais n’allez pas croire, j’ai des tas de choses intéressantes à raconter, et pas seulement sur la température qui, il est vrai, a sacrément baissé depuis septembre, ainsi que me l’indiquait récemment une mienne voisine dont le talent d’observation le dispute généralement à un intérêt marqué pour les conversation météorologiques de plein vent, ce qui lui valut d’ailleurs, lors de notre dernier entretien sur le seuil de ma porte, une bronchite aiguë et la conviction que le réchauffement de la planète était une mesure qui ne serait jamais appliquée, et quel gouvernement d’incapables, franchement, une bonne apocalypse et on n’en parlera plus. Après, elle a commencé à tousser et je l’ai renvoyée chez elle.

Bon, pour tout dire, depuis quelques mois, je me sens comme le petit lapin Duracell à taper sur mon tambourin à qui mieux-mieux pour satisfaire les attentes des uns et parfois des autres et, ne nous leurrons pas, mon probable besoin de confort primaire (un toit, un matelas, du chocolat et une connexion internet). Plusieurs mois en veille agitée, donc, avec de bref sursauts ponctués de questions du genre « Mais à quoi bon se démener ainsi ? », « Quel est l’intérêt intrinsèque de toute cette agitation unidirectionnelle ? » et « En quoi M. Fitch est-il à même de décider de la politique socio-économique de mon pays à moi alors que lui et ses copains Moody et Standard ne savent même pas le situer sur la carte ? ».
Rien de bien profond, ni de très amusant, en somme. Il faut dire que les circonstances ne se prêtaient guère à la cogitation enthousiaste. Considérez plutôt : la température a baissé (ma voisine en est la preuve agonisante), le monde est en crise (d’accord, rien de nouveau mais le clou s’est tellement enfoncé qu’on le sent jusqu’à l’os), l’apocalypse est pour demain (j’espère quand même qu’ils se donneront la peine d’allumer un joli feu d’artifices et qu’il y aura du chocolat Bonnat, on ne va quand même pas mourir planqués sous notre lit en avalant les moutons qu’on a suivis toute notre vie), et Gallimard a refusé mon dernier roman.
Habile transition.
(Oui, parce que sinon, je pouvais vous tenir la jambe encore une bonne trentaine de lignes en vous bassinant avec l’absence de programme électoral de toutes les couleurs de l’hémicycle, la hausse de la TVA sur le livre mais pas sur le jambon (on a les premières nécessités qu’on peut), la lutte profonde que constitue la vie en général, mais aussi et, en particulier, le vert très discutable dont ma voisine a repeint sa façade suite à sa bronchite.)
Eh bien non, même pas. D’ailleurs, je devrais biffer à grands traits décidés les lignes qui précèdent. Sauf que, bien sûr : TPLJ.
Et que j’ai carrément laissé passer ma transition.
Qu’à cela ne tienne : revenons quelques lignes plus haut, là où j’évoquais un roman refusé ; puis, par le truchement habile d’une faculté cognitive drôlement pratique appelée la mémoire, projetons-nous élégamment quelques mois en arrière.

Vous y êtes?

Bien.

C’était donc en septembre, et l’aurore boréale berçait les otaries attardées dans la baie je disais sur ce non-blog avoir achevé de crocheter une interminable étole de soie au point albanais et, concomitamment, un roman , puis avoir confié ce dernier à l’agence Pontas. S’ensuivait, par la force des choses, une attente que d’aucuns qualifieraient de longue, mais d’aucuns n’ont jamais eu aucune patience. En réalité, il s’est écoulé à peine quatre mois avant qu’hier, je ne signe un nouveau contrat. Qui me permet de travailler avec les éditions Denoël et leur éditrice Béatrice Duval, dont je ne cesse de lire le plus grand bien et que j’ai hâte de rencontrer…  Je suis donc follement heureuse de vous annoncer (ici, une application fine et subtile qui déclenche, au passage du poids de l’œil sur la ligne, un roulement de tambour du plus bel effet et dont l’exécution n’aura point d’imitateur) que La femme de Schrödinger sortira en 2013 aux éditions Denoël précédemment citées.

Et que j’en bats des mains (Machine née Rostopchine, sors de ce corps).
Et que j’en rends grâce à Pontas et, en particulier, à Anna et à Marc qui ont eu la curiosité et l’envie de lire mes élucubrations écrits et de les faire partager, et dont l’optimisme a eu raison de toutes mes appréhensions (« Non mais vous êtes sûrs que quelqu’un va vouloir de ce truc roman? »). Et un grand merci également au CRL qui m’a soutenue dans ce projet.

Voilà, c’était le vrai grand événement qui a contribué à me convaincre que 2012 ET 2013 seraient de bons crus, en termes de plaisir général, et littéraire qui plus est.

…Et tant que vous êtes là, vous reprendrez bien un peu de retape ?

Mon dernier livre, Tous nos petits morceaux, est toujours sorti chez D’un Noir si Bleu (et sachez que certains textes font actuellement l’objet d’enregistrements sonores dont vous pourrez profiter aussi prochainement que possible), que Court, noir, sans sucre et Toute humanité mise à part sont encore et toujours disponible chez les belgissimes Quadrature – d’ailleurs, je serai à Bruxelles du 1er au 4 mars derrière mes piles de recueils pour en deviser gaiement avec les chalands que vous êtes – et que Jazz me down et Vénus Atlantica, parus chez les dynamiques éditions de l’Atelier In8, vous attendent partout où ils sont distribués, c’est à dire partout. Quant à La collecte des monstres et Tu devrais voir quelqu’un (prélude informel à La femme de Schrödinger), c’est toujours chez Gallimard.

Par ailleurs, je serai présente au salon alternatif de Toulouse « Du pain, du vin, du bouquin » le 10 mars, puis au salon des Littératures francophones de Balma les 24 et 25 mars, puis à Villeneuve/Lot les 26 et 27 mai.

Voilà, je n’ai plus rien d’intéressant à raconter et surtout, le temps qui m’était imparti commence à faire les gros yeux pour que je me remette au travail. Je vous dis donc à bientôt pour le récit palpitant de nouvelles aventures, la prochaine fois j’essaierai d’amener un tigre du Bengale pour la touche exotique ou une Aston Martin pour les courses-poursuites dans les ruelles d’Acapulco. D’ici là, lisez, écrivez, vivez. S’il vous plaît, bien sûr.

1 Comment

fg
jan 31, 2012 at 17:05

Félicitations. Faudra attendre 2013 quand même…


 

Reply

Copyright © 2017 Tant pis, je laisse. All rights reserved. Theme by Laptop Geek.