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Blogueur’s digest

Posted by Emmanuelle Urien on nov 4, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

À ceux des lecteurs de ce non-blog qui me croyaient fermement décédée de la grippe du cochon, j’adresse aujourd’hui ce démenti vibrant : je suis toujours là, bien vivante derrière mon écran, les yeux en 16/9 et le clavier solidement arrimé au bout des doigts.

Je travaille trop. Du coup, je délaisse (entre autres) ce lieu qui, plus que jamais, mérite son non*.

Vous voulez que je vous raconte mes vacances? Ma rentrée? Mon plan quinquennal de travail que je vais abattre en six mois? Toute mon actualité du dernier semestre? Celle du prochain?

Bon, d’accord, mais pas longtemps.

1 – Mes vacances.

Le soleil était au rendez-vous, la campagne aveyronnaise** avait revêtu ses verts atours de printemps à cause du décalage horaire qu’il y a là-bas, nous cheminions à pas tranquilles sur les sentes, des cris d’enfants sur les talons, le roman de l’été sous le bras et les mains dans les poches. Au loin, le cri des mouettes le disputait au souffle furieux du ressac. Nous marchions depuis quatre jours sans fermer l’œil. Légèrement essoufflée, je suggérai à mes compagnons de cordée que nous établissions notre campement pour la nuit. Ignorants de mes antécédents psychiatriques, ils me traitèrent de mauviette. Pour leur apprendre, je les décapitai à coups de raquette pendant leur sommeil, et c’est alors que le réveil sonna.

2 – Ma rentrée

Comme je n’étais pas sortie, je fus bien en peine de rentrer.

3 – Mon actualité du dernier semestre ou Si vous avez manqué le début

En juin, vous auriez pu m’entendre au Marathon des Mots que nous avons clôturé en musique avec Manu Causse et une salle pleine ; en juillet, toujours avec M.C., nous avons verni une exposition de peinture chez les Zofer, ensuite j’ai tué des alpinistes malotrus sur les sommets aveyronnais ; en août nous avons fréquenté le salon de de Forcalquier et lu nos nouvelles aussi musicalement que possible ; en septembre je suis non-rentrée mais j’ai compati avec ceux dont le sort était autre ; nous sommes allés au festival de Lauzerte où nous avons lu ; j’ai fait une résidence à la Fabrique avec une trapéziste et une plasticienne pour entamer l’écriture d’un spectacle aérien ; en octobre nous étions au salon de Gaillac où nous avons musicalu  (tant pis pour les détracteurs du néologisme, je laisse) ; j’ai presque écoulé le stock lors de la première édition (très réussie) de Toulouse Polars du Sud ; j’ai rencontré 200 lycéens à Caussade qui ont bissé mes histoires et crié mon nom dans les couloirs ; nous avons musicalu au Théâtre du Pavé,  musicalu à Lherm, ; j’ai délibéré à Paris avec des gens connus afin de proclamer que Qui comme Ulysse de Georges Flipo méritait le prix Ozoir’elles et j’en ai profité pour faire plein de copinage pour pouvoir enfin être publiée dans une grande maison d’édition*** ; j’ai fait une résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien évoqué ci-avant ; j’ai été désavouée par mon éditeur et je repars donc à l’assaut de la citadelle ; et pour finir je suis tombée dans novembre en ratant la marche.

4 – Mon actualité du prochain semestre

Demain matin à 9h30, Claire Ambill de Radio Occitanie m’invite à causer dans le poste sur Tu devrais voir quelqu’un. Vendredi, j’ai piscine. Jeudi 19 à 17h, je reviens sur Radio Occitanie, invité cette fois par Christian Moretto, pour parler d’autre chose (de livres, de musicalectures, de spectacle aérien).  Entretemps, j’aurai écrit une préface pour un ouvrage de photos/dessins obsédants. Le 21, nous serons au salon d’Ozoir-la-Ferrière, consacré aux nouvelles, où sera remis le prix même pas éponyme au lauréat d’Ozoir’elles, et où nous musicalirons peut-être aussi. Le 6 décembre,nous animerons, avec M.C., un atelier intitulé « Traduction et créativité » dans le cadre de la Conférence des traducteurs à Nice. Le 16 janvier, nous signerons au salon du Livre d’hiver à Montgiscard (31). Fin janvier, je serai en résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien. Le 1er février, Quadrature publiera une version augmentée de mon premier recueil, Court, noir, sans sucre, que je signerai du 5 au 7 mars à la Foire du livre de Bruxelles tout en parlant de Toute humanité mise à part aux élèves du Collège Saint-Michel. Le 9 mars au soir nous musicalirons à la médiathèque de Pamiers (11) (31) (08) (41) (06) (09)*****.

Je crois que j’ai pris une bonne avance, là. Mais j’essaierai de revenir ici avant six mois, promis En racontant des choses plus intéressantes et moins égotistes.

À ce propos, vu que ces derniers mois j’ai aussi lu des milliers centaines dizaines si, des dizaines de livres, je vous recommande en particulier de découvrir les nouvelles de Jean-Louis Ughetto**** qui m’ont enthousiasmée, le dernier polar historique de Fabienne Ferrère, Car voici que le jour vient, tout aussi magistral que son premier opus et dans lequel nous retrouvons le chevau-léger Gilles Bayonne et son acolyte Piquelune dans une enquête sombrissime.

Il faut que j’y aille, maintenant, mon devoir de traîtresse traductrice m’attend. Et des tas d’autres également.

P.S. Au fait, je me suis fait taguer par Manu Causse sur « La première fois ». Je suis une bonne fille (au fond), alors je réponds :

La première fois que je suis morte, heureusement, ça n’a pas duré.

Voilà.

Portez-vous bien.

* C’est fait exprès.

** Le correcteur automatique me propose « lyonnaise », « réunionnaise » ou « mayonnaise ». Comme quoi, pour vivre heureux, vivons cachés, vivons en Aveyron.

*** Juste pour que certains aient la satisfaction de voir les rumeurs se non-confirmer.

**** Désolée pour le lien vers la F..c, mais Bibliosurf ne propose pas encore ces ouvrages…

***** Et le numéro complémentaire est le 999. Merci, Manu.

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Apprenons de nouveaux mots en attendant la rentrée

Posted by Emmanuelle Urien on juil 30, 2009 in Non classé

Notez, je ne sais pas bien laquelle, de rentrée. Je suis en retard pour tout parce que je continue de bosser comme un dromadaire, mais sûr que ça va finir par se tasser. Un jour. Ou alors l’autre.

Pour faire patienter les éventuels internautes de passage, j’ai chaussé ma frontale et exhumé (quoiqu’il ne soit pas si vieux : la datation au carbone 14 donne 2006. Après JC, en plus) un texte un peu léger, pour changer de mes jérémiades habituelles (c’est gratuit, mais tpjl). Certains blogueurs avisés l’avaient d’ailleurs peut-être déjà rencontré au détour d’une visite sur Mot compte double (cliquez dans la colonne des liens, à droite, il faut qu’elle serve un peu – ou alors sur la photo), un site exemplaire à de nombreux points de vue que je vous exposerai quand j’aurai un moment (vers 2012, normalement).

Enfin voilà : ça s’appelle Le néologisme par l’exemple et c’est, comme on ne le dit peut-être plus, une spéciale dédicace à Littré.

Dis, camarade auteur, je te trouve une petite mine, aujourd’hui. Ton style est terne, tes phrases désuètes, tu sombres dans le classicisme comme d’autre dans la dépression… reprends-toi, camarade! Plus que tout autre, tu te dois d’être à la page – pour autant qu’elle ne reste pas blanche. Regarde autour de toi : des mots nouveaux fleurissent sous le clavier fertile des jeunes générations. Ces vocables barbares, ne les boude pas. Au contraire, empare-t’en et fais-les tiens! Sous ton armure de lexicographe bat un cœur d’académicien, alors fais-en profiter le monde avant qu’il ne lâche! Toi aussi, camarade auteur inconnu, tu peux prendre la tête de l’avant-garde littéraire en déclinant les néologisme dans les règles de l’ars grammatica, et inscrire ton nom sur les Robert futurs.

Camarade auteur, ton tout premier défi s’épelle LOL!

Rares sont ceux qui, parmi les utilisateurs hilares de ces trois lettres anodines, en connaissant la signification. Mais toi, camarade auteur angliciste pratiquant, toi, tu te gausses en décryptant l’acronyme, Laughing Out Loud, tu ris tout haut, AH AH, car toi, tu sais, tu connais les arcanes du langage courriel, aucun SMS ne te résiste, et tu pourrais en remontrer aux écumeurs de forum les plus actifs. Bravo, camarade auteur, toi aussi tu es un geek. Alors n’hésite plus, lance-toi!

Suivant la logique qui veut que voler ne prenne qu’une L, tu en colleras deux à loller, camarade auteur : c’est beaucoup plus joli, tu vas voir. Les poètes appellent cela une licence, pour toi ce sera un caprice, et l’addition.

Loller, rire tout haut. Verbe du premier groupe, se conjugue comme chanter : je lolle, tu lolles, il lolle, nous lollons, vous lollez, ils lollent, bravo camarade, la salle est chaude!

Très prisé à l’imparfait du subjonctif, en particulier dans les alexandrins (Quand votre fiancé vous traita de mollasse / eussiez-vous approuvé, amie, que je lollasse?), loller s’apprécie également au passé simple (‘Cessez vos plaisanteries’, lolla-t-elle, ‘vous m’avez donné le hoquet’), à l’impératif (‘Lolle, je le veux!’), mais aussi dans son plus simple appareil, l’infinitif (‘Quand vous aurez fini de loller, au fond, vous viendrez me réciter la quatrième déclinaison!’).

Loller a donné le substantif lollement, qui décrit l’action de loller (Le lollement de l’Allemand est communicatif) et l’adjectif lollesque, qui porte à loller (Toute attitude lollesque sera sévèrement sanctionnée). La forme substantivée de l’adjectif se rencontre essentiellement dans les travaux littéraires post-universitaires (Le lollesque de la situation s’exprime chez cet auteur néo-structuraliste par un recours abusif à l’emploi systématique d’une ponctuation exclamative redondante, abus qui est paradoxalement une signature elliptique volontaire, ce dont nous traiterons sous une approche graphico-paradigmatique aux chapitre 78 à 84 de la présente étude). Plus rare, lollation est contesté par les puristes, et son usage n’est guère observé que dans les milieux scientifiques, en particulier médicaux (La lollation peut être un symptôme évocateur de pathologies hépatiques graves). Lélo est employé de façon croissante dans certaines tranches d’âge de la population (‘Zyva, t’arrêtes un peu de lélo comme un ouf!’).

Expressions : Lollera bien qui lollera le dernier – tel qui lolle vendredi, pleurera tout le week-end, surtout si belle-mamn débarque sans prévenir.

Si Loller tout haut est un pléonasme, Loller sous cape est une cacologie.

Et voilà, camarade auteur néologiste, ton devoir révolutionnaire accompli. Les Lettres internationales sont fières de toi et te disent merci.

La semaine prochaine, camarades, nous tenterons d’introduire dans le dictionnaire le vocable CUL8R.

…À moins que nous n’évoquions le cliché.

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(Ni) Vert ni sage (mauvais jeu de mots, tpjl)

Posted by Emmanuelle Urien on juin 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Oui, bon, j’ai voté. Mon bureau était assez loin (vu que je n’ai toujours pas signalé mon 18e changement d’adresse en trois ans), et j’y suis allée en vélo, forcément.

Mais revenons plutôt sur les événements de la semaine. Ils sont nombreux, mais comme je m’en voudrais d’entrer dans les détails de ma vie privée, je me contenterai de vous signaler que jeudi 4, je lisais musicalement à Ombres Blanches (avec Manu Causse dans le rôle du guitar hero), et que vous n’étiez même pas là. C’est dommage, les quelque trente auditeurs (quinze selon la police) présents ont aimé. Qu’à cela ne tienne : nous réitérons la performance (car c’en est une, surtout quand les réserves en eau se font rares) dimanche 14 juin à 18h pour le Marathon des mots à l’Ostal Occitania (rue Malcousinat à Toulouse).

Par ailleurs, mais c’est tout de même là que je voulais en venir, l’atelier expo Zofer vernira vendredi prochain (le 12) une exposition de peinture bizarrement intitulée KESKIFéCON?, où vous pourrez (si vous venez) vous demander ce qui fait que Manu Causse et Emmanuelle Urien prennent parfois le pinceau, le couteau, le tube, la ficelle ou les doigts (liste non exhaustive) pour exprimer on ne sait quoi (mais ça peut venir) à travers la couleur, la matière et les formes. Et dans la série lego, ergo sum, nous musicalirons de nouveau quelques textes à cette occasion, un petit four à la main, un verre dans l’autre. À ce sujet, je cherche des volontaires pour tenir les livres. Pupitres s’abstenir.

Et puisque vous avez lu jusqu’au bout, outre l’affiche de l’expo, je vous mets une ou deux images en avant-première. Chic, non?

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Vous m’avez ratée à la télé

Posted by Emmanuelle Urien on mai 30, 2009 in egopub

…mais il reste des traces (après la 20e minute, rapide si vous savez jouer du curseur, mais sinon vous pouvez aussi regarder le début de l’émission avec des circassiens sympas et une vraie dompteuse d’éléphantigres).

C’était sur TLT, Le comptoir de l’info.

Je file, j’ai piscine une intervention à Lagrasse (11) pour le Banquet des auteurs. Bon week end à tous…

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Brèves rumeurs

Posted by Emmanuelle Urien on mai 22, 2009 in Raconte-moi ta vie

Je fais bref car il paraît que…

-  j’ai plein de travaux en cours et à venir, en particulier des recettes de sites internet (rien à voir avec la cuisine) pour le Cned, un recueil de nouvelles à boucler, des lectures à préparer, des manuscrits à lire, mes droits de la sécu à récupérer, et peut-être des hélicos à traduire ;

- que je pars à Paris pour une intervention demain à la bibliothèque de Gennevilliers.

En attendant, il paraît également qu’on parle de mes livres…

- chez Franck Garot sur son blog Vers Minuit ;

- chez Christophe Dugave sur Nuit Blanche ;

- dans les lectures d’Encres vagabondes ;

- sur le blog Lettres Exprès.

- sur Télé Toulouse, mais ce sera lundi 25 à 11h30 dans l’émission de Greg Lamazères, le bar des auteurs.

- Au Banquet du livre à Lagrasse le 30 mai à 16h

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui… bientôt je vous (re)donne le programme de juin.

 
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Programmation en cours

Posted by Emmanuelle Urien on mai 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Ça commence demain* ce soir : l’atelier des Zofer vernit une nouvelle exposition, joliment (et justement) appelée Corps et graphies ;de belles photos de Yannick Zofer, et tout autour des vidéos qui racontent l’aventure, de la musique qui l’enveloppe, et des lectures (par Jean-Luc Krauss) qui les rehaussent. Il faut venir à Toulouse, rue du dix avril, pour voir et entendre tout cela, aujourd’hui, vendredi 7 mai à 19h, ou (re)venir ensuite jusqu’à la fin du mois.

Nous, on y sera.

Et comme on est en mai, les salons et autres lieux où l’on cause fleurissent. J’irai donc, les 16 et 17, signer et bavarder (sujet : Comment écrivez-vous? …ben avec le moins de pieds possible) à Villeneuve sur Lot pour le Salon du livre qui s’articule autour des Femmes du sud (ou l’inverse, mais cela demande une certaine souplesse).

Samedi 23, je monterai vers le nord, en direction de cette grande ville prétentieuse (mais que j’aime bien quand même) pour présenter Tu devrais voir quelqu’un à la médiathèque François Rabelais de Gennevilliers. La rencontre aura lieu à 18h et sera animée par Serge Cabrol de la revue Encres vagabondes.

Je réitère le samedi 30 mai, cette fois à la maison du Banquet de Lagrasse (Aude, au coeur des Corbières, c’est beau comme tout), et en musique puisque le beau et talentueux (je le dis en toute connaissance de cause) Manu Causse m’accompagnera pendant mes lectures, si vous ne pouvez pas venir (parce que vous habitez Paris ou Metz, par exemple), vous pouvez nous entendre en cliquant ici.

Le 4 juin (c’est un jeudi, à 18h), je signe / discute / lis en musique à la librairie Ombres Blanches (Toulouse, where else?).

Mercredi 10 juin, de 17h à 18h : je cause à la radio sur Altitude (93.5 à Toulouse), dans l’émission Paroles d’écrivains.

Dimanche 14 juin, lecture musicale de Tu devrais voir quelqu’un en clôture du Marathon des mots (la programmation est en cours et le site n’est donc pas encore à jour) de Toulouse, à 17h30 à l’Ostal Occitania.

Et puis c’est tout pour le moment. Pas très intéressant, tout ça, mais il faut bien justifier le sous-titre de ce non-blog. Et puis, si je ne fais pas la pub de ma propre actualité, qui le fera à ma place? Ce n’est pas comme si j’avais des attachés de presse qui s’occupaient de la promotion de mon livre… Oups, je l’ai dit. Tant pis, je laisse.

Ah si, tant que j’y pense : la salon de Balma (voir dans les parages de ce non-post (tiens, j’ai fait un ping), entre le règlement intérieur et l’azote liquide), c’était bien. La séance de signature à la Poste aussi, parce que j’ai papoté avec la libraire et les organisateurs pendant que les usagers venus en masse faisaient la queue. Pour poster leurs recommandés, retirer leurs colis, clôturer leur Livret A (vu que c’est la crise), mais pas tellement pour acheter un livre. L’initiative était intéressante, cela dit, et en revoyant un peu la formule, ça peut marcher. Amener les livres (et leur auteur avec) sur des lieux où on ne les attend pas, je suis pour, quitte à essuyer un peu les plâtres, et à poser la première couche de peinture (rouge vif satiné) juste derrière.

À propos de plâtre, je ne suis plus dans la sélection du prix Orange, malgré tous les votes de GL** que j’ai eus. Pas bien compris comment ça marche, tout ça… Je suis un peu marrie, parce que les 15000€ du prix m’auraient permis de lever un peu le pied sur les traductions à 2 balles (j’exagère, c’est parfois 2 balles et demi) et les journées de 12 heures de transcriptions-corrections-plomberie, tout ça pour payer le loyer et la nourriture des poissons rouges (dont l’un est bleu, mais il l’ignore). À la place, je crois bien que je me serais (re)mise à l’écriture. Je dois boucler un recueil de nouvelles. Mais pas le temps. D’ailleurs, qu’est-ce que je fais là?

Allez, encore un peu.

Juste pour le plaisir de me contredire, je lis beaucoup en ce moment (à la place de dormir, par exemple), et j’ai découvert une nouvelle auteur (sans ‘e’ parce que je trouve ça laid). C’était ma voisine de salon à Balma, et comme cela se fait de s’intéresser aux autres dans ces circonstances, (entre autres) j’ai pris et ouvert son livre, j’ai lu les premières pages, et je l’ai acheté. Anne-Christine Tinel, en plus d’être une lumineuse jeune femme, est brillante (le plus fort, c’est qu’avec tout ça, elle ne fait même pas mal aux yeux). Je passe sur le fait que, comme personne, elle est très sympathique et que nous nous sommes bien amusées, et j’en viens à l’essentiel pour vous recommander la lecture de son roman, Tunis, par hasard. Je sais mal parler des livres que j’aime, alors je vous laisse apprécier par vous-même, et par bribes :

La nécessité de la trace ne surgit qu’avec la disparition. C’est pourquoi les contes s’achèvent au début du bonheur, nous laissant dans une frustration qui est celle du spectateur ; ce n’est pas tant que le bonheur n’ait pas d’histoire ; c’est plutôt que l’histoire du bonheur est intransmissible, une expérience irréductible au langage. (…) Exister, être heureux, magnifique adéquation entre la conscience et l’être, se fout éperdument des histoires. (…) L’histoire commence quand se referme à deux battants la porte du paradis. La parole arrive avec les morts.***

Et encore :

Tu aimes la mère passionnément ; mais tu grandis contre elle ; dans la douleur douce de son giron, tu apprends à ne pas lui ressembler. C’est cette obsession féroce, qui passera par blesser la mère tant aimée, qui te pousse dès le plus jeune âge dans des comportements qui ne sont pas ceux des petites filles, puis des jeunes filles, de ton âge. Le matin, quand la mère commence long circuit de sa journée, courses, repas, ménage, vaisselle, linge, couture, tu attrapes avec sauvagerie ton oreiller, et tu le places sur ton visage. Quitte à étouffer, tu ne veux pas entendre les bruits familiers de la kyrielle des obligations qui incombent aux femmes. Tu grandis comme une princesse, dans la paresse et l’innocence. (…) Obscurément tu es la princesse de la mère ; mais le père ne te regarde pas de cet œil-là. Première fille après quatre fils, tu es la porte par où entre le mal dans la demeure. Coupable par nature, par nature féminine.

Une écriture magnifique qui permet de porter un regard dégagé de toute complaisance sur la société tunisienne, et soutient une douleur lancinante qui finira par s’apaiser au décompte du temps. (On dirait du Télérama, je l’avais bien dit que je ne savais pas faire l’article… tpjl) Anne-Christine aura bientôt un site, restez accroché à la souris, je vous tiens au courant.

That’s all for today, folks. Profitez bien de ce long week-end et du soleil des éclaircies de la température relativement clémente pour un mois de janvier.

*J’ai écrit le début de ce non-post hier, comme quoi je m’y étais tout de même prise bien à l’avance…

**Gentils Lecteurs

***(Le choix de ce passage n’est pas anodin, il me semble voir exprimé clairement pour la première fois, dans ces phrases, la raison pour laquelle j’écris du noir, pourquoi je fais le récit du malheur plutôt que celui du bonheur)

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L’art de la dispersion

Posted by Emmanuelle Urien on avr 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

J’ai tellement à faire en ce moment qu’il n’est pas question que je non-blogue ces jours-ci. Pas aujourd’hui, en tout cas. Demain non plus, d’ailleurs, je suis bien trop occupée, ce serait une perte de temps catastrophique.

Ce qui m’amène à penser que je suis actuellement en train de non-non-bloguer. Étourdissant, non?

Mais voilà, il faut que je vous dise : j’ai reçu hier un message de mon hébergeur qui m’informait que je dépassais, sur mon site, les 80% de trafic autorisé, et que je devais, sous peine de fermeture, de confiscation de mes biens et de prison à vie, racheter de la bande passante ou supprimer des visiteurs. Allez savoir pourquoi, j’ai acheté. Alors que c’est la crise. Tout ça pour vous.

Du coup, je suis allée voir les statistiques du site, pour la première fois. C’est joli, il y a des graphiques en couleur (mais pas de camemberts, je suis déçue, j’aime bien les camemberts), des chiffres après la virgule (avant aussi), et ça me permet de savoir si vos chaussettes sont assorties quand vous vous connectez. Je sais tout.

…Bon, peut-être pas tout, mais il semblerait que depuis deux mois, ce non-blog en particulier accueille jusqu’à 300 visiteurs par jour. C’est beaucoup. Il me semble donc légitime et judicieux d’établir un non-règlement intérieur qui permettra d’éviter les encombrements et garantira la jouissance paisible des lieux. C’est vrai, quoi, un peu de discipline, que diable!

Alors, article 1 – Objet : Le présent règlement intérieur fixe, conformément à certaines dispositions qui restent à définir si on a le temps, les règles relatives à la discipline applicable sur un non-blog,les procédures et sanctions interdisciplinaires de la profession ainsi que les dispositions relatives aux droits de la défense des visiteurs, l’abus d’autorité en matière littéraire et statistique dans les relations internautiques, l’hygiène corporelle et la sécurité morale sur ce non-blog.

Article 2 – Champ d’application : Les champs, les prés, les forêts, mais aussi les rues, les boulevards et, dans une moindre mesure, les sentiers de montagne bordés de fleurs sauvages.

Article 3 – Affichage : Le présent règlement doit être affiché sur votre frigo à l’aide de petites coccinelles aimantées ou, à défaut, recopié à la main sur tout ou partie de votre avant-bras gauche (droit pour les gauchers).

Article 4 – Horaires : pas avant 9h, s’il vous plaît, et pas trop fort.

Article 5 – Présence : d’esprit, de préférence. Des contrôles seront effectués à l’entrée. Le vestiaire est gratuit, mais pas obligatoire.

Article 6 – Retard : possible avec un mot d’excuse autoproduit récapitulant les circonstances ayant présidé aux atermoiements, procrastinations et autres faux-fuyants.

Article 7 – Accès : cliquer fort, sauf avant neuf heures.

Article 8 – Discipline : les visiteurs sont placés sous l’autorité de leur chef qui sera autoproclamé. Tout visiteur est susceptible d’être chef, à condition de se conformer à ses propres instructions et d’être généralement en accord avec lui-même. La co-existence de plusieurs chefs est admise mais peu souhaitable, sauf si tout le monde est chef, mais du coup ça ne sert plus à rien et c’est le bazar, alors qu’autrement, c’était drôlement bien rangé.

Article 9 – Sanctions disciplinaires : tout agissement considéré comme fautif pourra faire l’objet des sanctions énoncées ci-après : petit mot réprobateur écrit au Bic rouge ; gros yeux avec sourcils froncés ; mise à pied (une fois le gauche, une fois le droit) ; mutation sur le blog de Wrath ; rétrogradation en non-chef (ou en chef pour qui ne le serait pas) ; peine capitale. La nature de la sanction sera connue à l’issue d’une procédure complexe et réglementée faisant intervenir de petits bouts de papier, un chapeau, et un huissier.

Article 10 – Défense des visiteurs : les visiteurs pourront assurer leur propre défense, sauf s’ils sont préalablement jugés coupables, en vertu de la disposition non encore définie mais très intéressante qui dit que la mauvaise foi fait loi.

Article 11 – Harcèlements sexuel et moral : interdits, sauf par consentement mutuel, mais je préférerais que vous alliez faire ça ailleurs, je n’ai pas les équipements nécessaires.

Article 13 – Prévention des accidents : attention à la marche, è péricoloso sporgersi, ralentir chantier, watch the dog. Vous voilà prévenus, n’allez pas vous plaindre, après.

Article 14 – Boisson, repas, fumage, tout ça : faites comme chez vous (sauf pour les miettes). Et essuyez vos pieds en sortant.

Voilà, je crois que c’est parfaitement clair. Maintenant, vous faites comme vous voulez.

À part cela, j’avais plein de choses à raconter, mais j’ai dû m’égarer.

Ah, oui : Patricia Parry, une fille du noir que l’on voit partout à Toulouse en ce moment, vient de recevoir le grand prix du roman du Festival international du film policier de Liège avec ses Cinq leçons sur le crime et l’hystérie. Je dis bravo, elle l’a bien mérité. Et aussi : lisez-le!

Restons en Belgique : Luce Wilquin vient de publier un recueil de nouvelles intitulé Nuageux à serein. Elle me l’a envoyé, manière de clin d’oeil, vu que l’auteur en est Patrick Dupuis himself, l’un de mes éditeurs préférés puisqu’il oeuvre avec brio chez Quadrature, qui a publié mon Toute humanité mise à part en 2006. Je lis.

J’ai également fini un très beau roman, Le coeur cousu, de Carole Martinez, qui raconte le destin, en Espagne et en Afrique du nord, d’une lignée de femmes maudites. Une spirale sombre émaillée de couleurs violentes, une trame serrée, presque étouffante, de réalisme cru et de fantastique… je vous le recommande.

Quoi d’autre? La mise en ligne d’un excellent site propulsé par l’Unesco et la Bibliothèque du Congrès aux États-unis, celui de la Bibliothèque numérique mondiale. Je le mentionne d’autant plus volontiers qu’avec mon compagnon et collègue de travail, nous avons contribué aux traductions et révisions d’une partie de son contenu. Nous avons aussi traduit des turbines d’hélicoptères, transcrit des pompes physiques et biologiques, et je suis devenue intermittente du spectacle. Vous voyez, ça avance.

Avis aux Toulousains et frontaliers : ce week-end, je suis à Balma pour le salon du Livre et du vin, le plus important de la région. Je commence samedi matin par une signature… à la Poste! Je vous dirai si ça marche, mais je trouve l’initiative amusante et intéressante.

Côté egopub, Tu devrais voir quelqu’un a fait l’objet d’une chroniquette (tpjl) dans Marie-Claire, et d’un article dans Toulouse Mag. J’ai la flemme de scanner. Et d’un sympathique billet sur Mille et Une pages. Merci aux auteurs des blogs de lecteurs, ils sont pour les livres un relai de plus en plus important.

Je clos par une rengaine : Tu devrais voir quelqu’un, présélectionné pour le prix Orange du livre (602 candidats à ce jour!), attend les votes de ses lecteurs. Seuls trente ouvrages seront sauvés le 30 avril. Vous pouvez l’aider à en faire partie (tiens, pourquoi ça change de police de caractère, tout à coup?), en commençant par cliquer ici. La suite vous regarde.

Bien, je crois que le contenu de ce non-post justifie assez bien son titre. Alors je vous laisse, j’ai de l’azote liquide sur le feu.

(Faudrait une ou deux images, aussi. Partez pas, je cherche.)

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Pluie fine de retombées, ou l’inverse.

Posted by Emmanuelle Urien on avr 14, 2009 in Raconte-moi ta vie

Non, laissez : ceci est juste un constat de retombées presse – Internet compris (je comprends Internet). Vous ne trouverez donc dans ce non-post que quelques allusions à ce que des lecteurs (mes lecteurs, et je les en remercie) ont pu penser de mon dernier opus (c’est bien comme ça qu’on dit?) Et quelques considérations annexes si le coeur m’en dit d’ici la fin de ce billet-post-article.

Ne pas en oublier. Pas simple : je perds le compte de ce qui se dit sur la toile, à tous propos d’ailleurs.

Non, finalement, à bien y regarder, il n’y à pas tant à dire – à non-poster. Sauf à publier ici ce que les amis, les lecteurs inconnus mais vaillants (car il faut être vaillant pour lire et dire ensuite), la presque famille (aussi chère que l’aboutie), ont écrit de mes écrits.

Baste.

Je ne reproduirai pas les mails privés, parce qu’ils le sont, et beaux comme tels, et merci. Mais cet article dans Elle (que j’ai acheté pour l’occasion, rendez-vous compte) pourquoi pas. À l’heure qu’il est, j’ai dû réussir à le scanner et le rendre lisible dans un coin de ce non-blog.

Alors Jérôme Cayla, Virginie Megglé, Marie-José Bertaux …ben merci aussi, vraiment.

Et aussi, vu que je suis bonne princesse (tpjl), des critiques de lecteurs (lectrices?) qui n’ont pas aimé mon livre, c’est le droit le plus absolu du lecteur, lectrice comprise :

Lettres à vous et Fémina de Suisse.

Ça se discute (c’est toi, le chapeau melon…) ? Sans doute. Mais ce n’est pas à moi de le faire…
Sinon : une lecture musicale vendredi 3 à Decazeville qui était belle comme tout, des tonnes de petits travaux (rénovations en tout genre) de traduction-transcription dans tous les sens pour la croûte, des interventions prévues à Gennevilliers ou ailleurs, une intégration surprise dans le jury Prométhée,
Oui, va falloir y arriver, malgré les cœurs qui battent de travers et les volontés qui s’échappent entre cynisme et nihilisme.
M’en fous, j’y crois.
(Bon, j’essaie d’insérer la page de l’hebdo en question (peut-être faut-il cliquer dessus pour y voir) et j’arrive… vous êtes toujours là?)

…et sinon, toujours sur la sellette, il attend vos clics, vos mots. Coup de pouce et de coeur bienvenus!

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Écoutez voir

Posted by Emmanuelle Urien on avr 5, 2009 in egopub

Avec mes comparses de Lofi, on a fait une sorte de zakouski sonore.

Or donc, pour entendre le premier chapitre de Tu devrais voir quelqu’un sur fond de guitare gravement électrique, cliquez là où cela semble cliquable (c’est la première fois que je mets du son sur ce non-blog), et normalement vous devriez entendre quelqu’un.

Écouter

Et, toujours si vous l’avez lu et que le coeur vous en dit et tout ça, vous pouvez mentionner sur le site du Prix du Livre Orange que vous aimez mon roman (si vous l’aimez, bien sûr), on ne sait jamais… (il faut s’inscrire pour pouvoir laisser un commentaire et donner sa préférence, mais apparemment c’est rapide).

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Bribes en attendant mieux.

Posted by Emmanuelle Urien on mar 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

Désolés pour le chien se joue jusqu’au 28 mars au Fil à Plomb à Toulouse. Jusque là, ça marche bien.

Je serai demain mardi (24 mars) à 19h à la librairie Le Scribe à Montauban en compagnie de Patricia Parry. Apéro-concert-lecture avec Manu Causse et moi suite aux débat et dédicaces.

Vendredi 27 mars à 19h, le charmant et talentueux Cyrille Pomès vous invite au venissage de son exposition Sans rancune (esquisses sur carnets) à l’atelier Véronique et Yannick Zofer, à Toulouse. (Lien ci-contre, fouillez un peu.)

Il fait un temps magnifique à Toulouse en ce moment, et la vie serait belle si, par de furieux coups du sort et, très certainement, un mauvais alignement de Mercure dans la maison de Vénus (ça se voit que je n’y connais rien?),  beaucoup de mes amis et de mon amour ne se sentaient pas si mal. J’ai ancré mes deux pieds sur terre, carré mes épaules, ouvert mes bras : je suis une cellule de soutien psychologique (surtout, ne pas me demander qui me soutiendra moi) et j’y crois. Dans ma tête, je regarde les feuilles des arbres grandir au bord des branches. Savoir qu’elles tomberont un jour ne m’empêchera pas de les trouver belles.

Tu devrais voir quelqu’un suscite des réactions enthousiastes, mais la presse n’en parle pas. Ce n’est pas tellement pour la gloire, vu que je suis trop timide et empotée pour passer à la télé, mais franchement, me savoir l’auteur d’un best-seller, en ce moment, ça m’arrangerait, côté loyer et tout ça… ‘fin bon : pour ceux qui auraient lu et apprécié, vous pouvez le dire ici, on ne sait jamais (oui, je sais, le pitch est abominable, mais je n’y suis pour rien).

Quelques belles chroniques, merci à leurs auteurs:

Panta Rei

Georges Flipo

Impudique

Christine Laverne

J’attends, mieux. J’attends de mieux en mieux. Patience. (Et la question du jour : avoir confiance en l’Homme, est-ce croire en Dieu, ou au Père Noël?)

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