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Révolution de septembre

Posted by Emmanuelle Urien on août 31, 2011 in egopub

L’été gris-bleu s’achève dans un feu d’artifice de pages bien remplies. Certes, la métaphore laisse à désirer, mais j’ai des excuses : j’ai épuisé tout mon stock de bons mots dans les livres que j’ai traduits ces derniers mois, les corrections de mon recueil de nouvelles à paraître dans les semaines qui viennent et, plus encore je l’espère, dans un roman enfin achevé.

Le recueil, j’en ai déjà parlé, j’en reparle, car on ne parle jamais assez des recueils de nouvelles – et pas seulement les miens.

Tous nos petits morceaux sort le 11 septembre aux éditions D’un noir si bleu. En quatrième de couverture, il est écrit ceci :

« Les miroirs en voient de belles… Quand ils prennent la parole, témoins presque passifs de nos intimités, c’est pour nous renvoyer leur version de notre histoire, fidèle ou déformée par le rôle qu’ils y jouent, et mettre en lumière nos lâchetés secrètes comme nos éclats les plus audacieux.

Dans un exercice de style inédit, Emmanuelle Urien explore à l’occasion de son quatrième recueil de nouvelles des univers aux reflets disparates. Sous l’apparente froideur des miroirs, l’émotion affleure. Sans tain. »

Douze nouvelles dans lesquelles, pour une fois, je sors de l’intérieur de mes personnages où ça commençait à coller pour les observer sous l’angle parfois improbable de leurs reflets changeants (c’est beau comme un poème inédit de Marceline Desbordes-Valmore ; tant pis, je laisse). Comme on ne se refait pas (ou alors, tout doucement pour ne pas déranger), l’ambiance reste noire et les destins souvent tragiques, ce qui n’empêche pas l’humour, je vous jure.

(Parallèlement et par le plus grand des hasards, Manu Causse sort, le même jour et chez le même éditeur, son Petit guide des transports à l’usage du trentenaire amoureux, dont je vous recommande la lecture. Se conserve très bien au congélateur.)

Dans une frénésie de communication, je présenterai Tous nos petits morceaux lors de divers salons et festivals cet automne, à commencer, le 11 septembre, par l’incontournable « Place aux Nouvelles » à Lauzerte (82), « La 25e heure du Livre » au Mans (72) les 8 et 9 octobre, puis « Les Passants considérables » les 22 et 23 octobre à Salins les Bains (39) et enfin, « Livres à vous à Voiron » (38) du 4 au 6 novembre. Le tout avec des lectures musicales.

Passons maintenant au sujet que vous attendiez tous en étranglant votre souris d’impatience, la Revolución. Car ça y est, j’ai fini. Voilà presque deux ans que j’avais entamé l’écriture de mon deuxième, interrompue longuement et souvent au profit d’activités de traduction plus rémunératrices liées à l’obligation ingrate qui nous est faite d’acquitter mensuellement des factures alors qu’on pourrait très bien tout payer en une seule fois le jour de sa retraite. J’ai donc achevé, il y a quelques jours, « La femme de Schrödinger ». Et je me suis bien amusée.

Et où est la révolution, dans tout ça? me direz-vous avec ce sens de l’à-propos qui ne vous fait jamais défaut.

La révolution, c’est que ce roman, je l’ai remis, non pas à un ou des éditeurs, mais à Pontas, une agence littéraire et audiovisuelle qui a souhaité me représenter. J’attaque donc désormais la forteresse éditoriale internationale par la face nord, et libérée du poids de l’attente, des relances et des négociations. Et qui plus est avec une équipe de toute évidence dynamique, et hautement sympathique. Aventure à suivre…

Quelques mots sur le roman lui-même :

La Femme de Schrödinger

Assise sur la balançoire en face de son mari, elle vivait le parfait amour.  Elle le croyait, du moins. Car les tape-culs sont traîtres, et il faut être deux pour garder l’équilibre.

Quittée par son mari après qu’il l’a trompée avec sa meilleure amie, Fatiha souffre d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, même si elle admet l’inutilité de se jeter par la fenêtre d’un premier étage et l’absurdité de haïr une rivale absente puisque le destin a fait mourir la garce. Narratrice subjective, pleureuse extravagante, Fatiha embarque le lecteur dans la démesure parfois comique que peut acquérir une situation tristement banale. Comme ses trois enfants la préfèrent en vie, elle va lutter pour tenir en respect la douleur et la haine. Conseillée par sa mère psychiatre, Fatiha passe à l’action : effacer la source du mal, décréter que Julien est mort – même si le défunt téléphone régulièrement aux enfants. Jusqu’au jour où il disparaît pour de bon.

Et là, je vous le fais en anglais, pour le côté international qui ne vous aura pas échappé dans ma démarche à base d’ouverture sur le monde :

Schrödinger’s woman

For years, she had been sitting happily on the see-saw, living a well-balanced, perfect love with her husband. She didn’t see the saw that sent her sprawling.

After her husband Julien cheated on her with her best friend and left her, Fatiha is suffering from a very common disease in such circumstances: she’s both alive and dead – though she admits there is no point in jumping out of a first-floor window and no sense in hating a rival who, ironically, just died. Subjective narrator of her own drama, Fatiha is an extravagant mourner and drags the readers into the comical excesses caused by this sad, trivial situation. As her three children would rather have her alive, she struggles to keep hate and grief at bay. With the support of her psychiatrist mother, Fatiha goes into action: to remove the source of the trouble, she will declare her ex-husband dead – although the deceased regularly phones the children. Until the day Julien actually disappears.

Dark and mordant, Emmanuelle Urien’s latest novel reminds us that emotionally disturbed individuals don’t always act in a rational way but that, in spite of erratic behavior patterns, they remain deeply human nonetheless.

Voilà voilà. Je vous laisse, j’ai trois livres et demi à traduire d’ici la fin de l’année et un tronc d’arbre à poncer. Bonne rentrée à tous…

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Glossolalie

Posted by Emmanuelle Urien on mai 31, 2010 in Rien à voir

C’est officiel : en ce moment, je crée peu, et je ne fais plus de musique. Tout le monde le dit derrière mon dos, à voix basse pour que je ne l’entende pas, et dans des langues étrangères pour plus de sûreté, certains utilisent même de l’encre sympathique afin de ne pas éveiller les soupçons.*

Voire!

Du coup, le week-end passé (fort vite, ma foi, et sans se retourner, le lâche), aiguillonnée par quelque propos à caractère provocateur dont je tairai la provenance par respect de l’anonymat de son auteur, j’emprisonnai au lasso une boucle musicale qui passait, attachai avec la même corde le compositeur à sa chaise et à sa guitare jusqu’à ce que ladite boucle soit gravée à jamais dans la mémoire de son ordinateur, puis m’enfermai à double tour dans mon cerveau droit (c’est là que, paraît-il, j’entrepose à la va-comme-je-te-pousse les portées, les clés de sol et de douze, les pinceaux, une gamme complète de plumes d’oie et son encrier assorti, mes pointes et mon tutu de tulle ainsi que de nombreux accessoires introuvables même au Télé-achat), bien décidée à m’abstraire du monde tant que je n’aurais pas prouvé à sa face que j’étais / il était / nous étions encore dotés de cette facilité à créer qu’oncques ne perdîmes ou laissâmes s’étioler dans l’impuissante consternation (ou la consternante impuissance, j’aime bien aussi) que confèrent aux artistes les plus capricants (bêê) les petits jours qui passent, l’air de rien, et se déguisent pour se ressembler alors qu’en fait non, pas du tout**. A cane non magno saepe tenetur aper, et asinus asinum fricat (hi han). La semaine prochaine, on passe au B.

Vingt minutes*** plus tard, hop.

Ah ah****.

Des paroles en douze langues établissant les bases d’une nouvelle métaphysique de la grammaire indo-européenne (mais je ne perds pas de vue les basques, finnois, hongrois, turcs et autres isolats le premier qui dit 2000 je le sors), une mélodie déclinant une gamme mixolydienne complexe à double détente avec retour automatique à la ligne et triple loop piquée, un travail de sonorisation expérimentale à faire oublier 4’33 », des arrangements que même FR David il en redemanderait, deux cafés et l’addition*****.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, devant vos yeux ébahis, je vais pour la première fois sur ce non-blog Ajouter Un Son. Les gens du deuxième rang*****, je veux bien que vous reculiez, la manipulation peut être hasardeuse, et qui dit hasard dit danger, comme l’ont si bien compris nos amis anglo-saxons.

… mais si, ça marche. C’est vous. C’est la faute de votre navigateur qui n’est pas au goût du jour (un correspondant anonyme me signale qu’on prononce désormais « à jour »). Ou alors c’est le plugin qui bugge.

Quoi qu’il en soit, chers auditeurs, ne changez pas de fréquence!

Tadââââaaaaaaaaaa (j’ai la flemme de mettre tous les accents circonflexes, mais le cœur y est)!

Heimatspoema.mp3

(entre glossolalie teutonne, romancero gitano et chevauchée sauvage, excusez du peu.)

Et là (les occupants du troisième rang peuvent-ils rejoindre au fond de la salle ceux du deuxième? C’est à cause du monsieur de la sécurité, il est intransigeant. Et il mesure deux mètres, ce qui ne gâche rien), je ne sais pas très bien si la manipulation a fonctionné. Je n’en aurai conscience, sans doute, qu’une fois non-posté ce non-billet, ce qui peut ralentir les choses.

Bon, ça marche, là?

Mais bon sang, Lilienwald, te rends-tu compte qu’à cette heure et à ce stade de ton monologue, les visiteurs, s’il en fût (Kanterbräu, sors de ce post), ont déjà – ou n’ont pas – écouté ce fichier? Rosensee, il faut t’y faire, tu es complètement décalée!*****************

* Laissez tomber, la paranoïa, c’est has been, on parle désormais de syndrome de perception vindicative altérée (PVA). D’ailleurs, c’est l’objet de la 8e saison du Dr House non je l’ai pas dit je le regarde pas je sais pas qui c’est j’ai même pas la télé ou alors un tout petit peu et c’est pas ma faute monsieur le juge (je viens de battre le record de la plus longue phrase barrée, voir note ** – notez que c’est moi qui détenais le précédent).

** Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d’écrire la plus longue phrase du monde, mais chaque fois je suis interrompue grossièrement par la petite voix dans ma tête qui me dit qu’il faudrait déjà voir à dépasser Proust qui en a pondu une de 243 mots, sans parler des autres genre Joyce, et que moi je ne sais pas compter si loin, et alors mon petit doigt sur le clavier cherche aussitôt le point. Et tant que j’y suis, si le propriétaire de la petite voix en question voulait bien se présenter à l’accueil, on la lui remettrait avec plaisir et un soulagement affiché en 4×3 elle est facile celle-là veux-tu bien te taire.

*** Deux heures, en fait. Mais je préfère que la postérité retienne la rapidité de mon génie plutôt que ma paresse neuronale.

****Au choix : rire sardinique (c’est comme sardonique, mais je me suis trompée de touche et comme je trouve ça joli, je laisse – c’est mon côté poisson) ; exclamation vaguement auto-dérosoire (tiens, j’ai retrouvé mon o) ; faute de frappe (je voulais écrire Eh eh) ; transition maladroite mais méritoire ; Ah ah.

***** Celle-là, j’ai déjà dû la faire. Tant pis, je laisse. C’est dire si j’assume mes non-propos sur ce non-blog.

****** Tout le monde sait qu’il n’y a jamais personne au premier rang.

***************** Et à plus d’un titre (je vous laisse réfléchir sur cette intervention sinistre) … incidemment, je suis consciente que, côté notes de bas de page, ça ne va pas mieux depuis la dernière fois. Mais je vous fais confiance pour trouver votre voie (en gros, lisez de haut en bas) ; pour ma part, et comme d’habitude, je me retire du monde dans un monastère avec chocolat (minimum 75% de cacao) et wifi. Amen.

PS : il est long, ce non-post. Je vous prie donc de m’en non-excuser. Et aussi : crédits photo Régis, Juliana et moi-même.

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Monstres, purgatoire et autres divertissements

Posted by Emmanuelle Urien on mai 19, 2010 in egopub

Bien sûr que si, ça compte, d’annoncer les choses au tout dernier moment. C’est une méthode que j’ai développée en collaboration avec la Nasa, qui confère une intensité particulière au communiqué, et qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous en dire  plus pour d’évidentes raisons de confidentialité – vous aurez compris que le sort de la planète est en jeu.

Oui, bon, peut-être que j’exagère un peu, mais voilà tout de même une allégation qui me permet de remonter de trente places au classement du championnat du monde de la mauvaise foi.

Les esprits les plus acérés l’auront lu entre les lignes : ce soir, il y a lecture musicale de nouvelles au Théâtre de Poche.

Voilà qui tombe bien, me direz-vous : un intense désespoir était justement en train de vous saisir à la pensée du grand vide qu’était votre vie parce que ce soir, ce soir entre tous, vous n’aviez rien à faire. Pas d’amis à inviter, pas de famille à visiter, pas de télévision à allumer (d’ailleurs, vous n’avez pas de télévision et c’est tout à votre honneur), plus un seul livre à lire (ce qui en revanche est une honte, sans vouloir enfoncer le clou).

Pour tout dire, vous envisagiez de mettre fin à vos jours, au moins pour les 24 prochaines heures. Alors que la solution était bêtement à votre portée ; d’ailleurs je vous l’amène sur un plateau, la voici, servez-vous.

« Écouter Manu Causse et Emmanuelle Urien au Théâtre de Poche, mais bon sang, Jim, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt? Je crois que mon divorce avec Samantha m’a ôté tout sens commun et que l’OPA hostile de l’entreprise de John sur mes puits de pétrole en Tanzanie m’a ébranlé plus que je ne saurais le dire, Brendan. »

Et puis, heureuse coïncidence, vous habitez Toulouse. Ou sa banlieue. Ou ses environs. Ou sa région, plus ou moins proche. Quoi qu’il en soit, en partant maintenant, vous pouvez être au 10, rue El Alamein pour 21 heures ce soir. En petites foulées, ça passe. Et sinon, tant pis, vous avez une séance de rattrapage demain soir, même heure.

Vous pouvez réserver en cliquant sur des liens comme celui-ci ou celui-là. Vous pouvez aussi ne pas réserver et nous faire la surprise, on sera contents aussi. Et les retardataires (ceux qui auraient flâné en route pour faire des guirlandes de pâquerettes et des poupées en coquelicots, je sais qu’il y a des adeptes, et  je respecte leur différence) qui n’arriveraient que vendredi peuvent se rattraper en assistant à la millième représentation (c’est un chiffre que je lance sur un coup de tête, un peu au hasard, mais on n’en a jamais été aussi proche) de Tonton Maurice est toujours mort, la pièce de Manu Causse qui, après une tournée internationale, revient au Poche où elle est née.

Sinon, en bref et en vrac : Court, noir, sans sucre, qui s’est récemment réincarné chez Quadrature, poursuit sa seconde vie avec bonheur, Vénus Atlantica, une nouvelle érotique grâce à laquelle je vais enfin pouvoir prétendre à la postérité, sortira dans un coffret chez In8 en septembre, j’ai un nouveau canapé, je traduis à tour de bras mais me consacrerai au moins à mi-temps à l’écriture de mon roman dès le mois prochain, Clara, une grande lectrice, s’est bloqué la mâchoire en lisant mes nouvelles, après être tombée dans Choir, j’aime toujours autant ce qu’écrit Éric Chevillard, mon dernier recueil de nouvelles attend toujours de trouver un éditeur (notez qu’au lieu d’attendre, il ferait mieux de se bouger), l’hortensia est en boutons et les capucines feuillissent à foison dans ma courette au pied des Alpes suisses, et je n’ai rien à me mettre pour ce soir où, j’allais oublier de le mentionner heureusement que vous m’y faites penser, je lis mes nouvelles et celles de Manu Causse au Théâtre de Poche.

Et comme, pour une fois, je n’ai fait aucun renvoi en bas de page (je me porte vraiment de mieux en mieux, la thérapie comportementale fait ses effets), j’ajoute un Post scriptum (c’est un traitement palliatif très efficace) :

P.S. : mes plates excuses à tous les G.C.* dont les messages attendent encore une réponse de ma part, réponse que je ne peux pas leur promettre parce que je suis plutôt honnête, comme personne. Et dans ce même esprit de franchise, outre les excuses, je leur dois d’être touchée par le contenu de ces mails : ce n’est pas parce que je n’ai pas le temps d’y répondre que je ne les lis pas, et ils me font plaisir, alors merci à tous, je vous embrasse (si vous ne m’avez jamais envoyé de message auquel je n’ai pas répondu, ne lisez pas ce qui précède).

* Gentils correspondants.

Zut, j’ai craqué.

Des bises à tous, et une grande tape virile dans le dos aux autres.

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Tids & bits

Posted by Emmanuelle Urien on déc 19, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

Un courant d’air venu de je ne sais où se planque sous mon bureau et me remonte au bout des doigts. Ce nouveau non-post (qui surgit moins de deux mois après le précédent, notez l’exploit) sera donc entièrement écrit avec des moufles. J’hésite encore, par respect pour mes non-lecteurs, à enfiler les après-ski, à coiffer la chapka et à m’envelopper dans une couverture écossaise, mais ce n’est pas l’envie qui manque.

Ça, c’était donc la première nouvelle de mon actualité : j’ai froid. Mais je n’hiberne pas pour autant. Et, selon la tradition vieille comme ce non-blog qui veut que je vous livre dans leurs moindres détails mes faits et gestes passés – en tout cas ceux qui relèvent du registre professionnel, pour le reste vous ne saurez rien -, venez ici que je vous raconte.

En novembre, il y a eu le salon du livre d’Ozoir-la-Ferrière, où le magnifique « Qui comme Ulysse » de Georges Flipo a reçu le prix Ozoir’Elles qui récompense depuis deux ans un recueil de nouvelles. Je fais partie du jury « exclusivement féminin » (avec, entre autres, Annie Saumont) et comme Georges, en plus d’être un excellent écrivain, est également un ami précieux, je suis heureuse pour lui. Cerise sur le gâteau : son recueil a été récompensé à la quasi unanimité des voix. Comme ça, on ne pourra pas m’accuser de copinage.

Toujours en novembre avait lieu le salon du livre du Touquet, auquel je n’ai pas assisté. J’y étais pourtant conviée mais, comme mon éditeur n’avait pas jugé utile de me transmettre cette invitation, c’est seulement à la veille du salon que j’ai appris que ma présence était souhaitée, ne fût-ce que pour y recevoir Prix du jeune romancier que les lycéens du Touquet ont choisi d’attribuer à « Tu devrais voir quelqu’un ». J’aime de plus en plus les lycéens, et de moins en moins mon éditeur.

En décembre, avec mon collègue polymorphe hyperactif génial fou Manu Causse, nous avons ôté nos pseudos et revêtu nos véritables patronymes pour nous rendre à Nice où se tenait un congrès de traducteurs. Nous y avons donné notre première conférence, intitulée « Traduction et créativité », sous forme d’atelier déstructuré (il y avait même des Gmörks). Personne ne nous a jeté de pierres, les participants ont aimé, les organisateurs aussi, et nous nous sommes tous deux bien amusés, malgré le trac et, en ce qui me concerne, le léger sentiment de ne pas être tout à fait à ma place face à ces traducteurs archi-chevronnés. Il avait raison, Machin, avec son traduttore, traditore

Depuis le 17 novembre, et jusqu’au 31 décembre, le théâtre du Fil à Plomb accueille de nouveau notre pièce Désolés pour le chien, sponsorisée par la SPA et l’ADF, une comédie drôle (ça ne va pas forcément de soi) avec des vrais morceaux de karma dedans et de véritables questions sur la vie de couple, les couloirs de dix-huit mètres et les gloriettes. Si vous avez l’avantage et le plaisir d’être Toulousain ou assimilé, venez soutenir des auteurs vivants et qui comptent bien le rester, ainsi que des comédiens tous plus charmants les uns que les autres.

C’était la séquence egopub / auto-flattons-nous / nous sommes tous des génies plein de talents …N’empêche que nous, c’est vrai.

Passons maintenant à notre rubrique « Actualités actuelles », avec un gros plan sur le sujet crucial du moment, à en croire les foules qui se bousculent en ville malgré le froid, la crise et le manque d’inspiration.

Pour Noël, je veux :

  • La sérénité
  • Du temps liiiiiiibre
  • Un nouvel éditeur pour mon recueil « Nous avons peur du noir »
  • Un fer à repasser
  • Un boudin en forme de chien (un chien en forme de boudin?) pour colmater ce courant d’air qui, à l’instant où je vous écris, continue de me glacer les jambes
  • Jouer Summertime au saxophone, mais alors peut-être pas à deux heures du matin
  • Être amour, joie et lumière (ou gloire et beauté, j’hésite)
  • Un stylo bille qui fonctionne

Pendant que les lutins tricotent tout ça et que le père Noël fait chauffer les rennes, je vous propose d’aller jeter une oreille sur les travaux musicaux de quelques connaissances miennes, à savoir Just for des mots, une démo en permanente déconstruction-reconstruction, et Grizzly Sisters Gestalt Machine, du post punk déstructuraliste néo-barje. Devant la cheminée.

Allez, c’est décidé : j’enfile une deuxième paire de chaussettes. Souriez, c’est Noël!

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Blogueur’s digest

Posted by Emmanuelle Urien on nov 4, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

À ceux des lecteurs de ce non-blog qui me croyaient fermement décédée de la grippe du cochon, j’adresse aujourd’hui ce démenti vibrant : je suis toujours là, bien vivante derrière mon écran, les yeux en 16/9 et le clavier solidement arrimé au bout des doigts.

Je travaille trop. Du coup, je délaisse (entre autres) ce lieu qui, plus que jamais, mérite son non*.

Vous voulez que je vous raconte mes vacances? Ma rentrée? Mon plan quinquennal de travail que je vais abattre en six mois? Toute mon actualité du dernier semestre? Celle du prochain?

Bon, d’accord, mais pas longtemps.

1 – Mes vacances.

Le soleil était au rendez-vous, la campagne aveyronnaise** avait revêtu ses verts atours de printemps à cause du décalage horaire qu’il y a là-bas, nous cheminions à pas tranquilles sur les sentes, des cris d’enfants sur les talons, le roman de l’été sous le bras et les mains dans les poches. Au loin, le cri des mouettes le disputait au souffle furieux du ressac. Nous marchions depuis quatre jours sans fermer l’œil. Légèrement essoufflée, je suggérai à mes compagnons de cordée que nous établissions notre campement pour la nuit. Ignorants de mes antécédents psychiatriques, ils me traitèrent de mauviette. Pour leur apprendre, je les décapitai à coups de raquette pendant leur sommeil, et c’est alors que le réveil sonna.

2 – Ma rentrée

Comme je n’étais pas sortie, je fus bien en peine de rentrer.

3 – Mon actualité du dernier semestre ou Si vous avez manqué le début

En juin, vous auriez pu m’entendre au Marathon des Mots que nous avons clôturé en musique avec Manu Causse et une salle pleine ; en juillet, toujours avec M.C., nous avons verni une exposition de peinture chez les Zofer, ensuite j’ai tué des alpinistes malotrus sur les sommets aveyronnais ; en août nous avons fréquenté le salon de de Forcalquier et lu nos nouvelles aussi musicalement que possible ; en septembre je suis non-rentrée mais j’ai compati avec ceux dont le sort était autre ; nous sommes allés au festival de Lauzerte où nous avons lu ; j’ai fait une résidence à la Fabrique avec une trapéziste et une plasticienne pour entamer l’écriture d’un spectacle aérien ; en octobre nous étions au salon de Gaillac où nous avons musicalu  (tant pis pour les détracteurs du néologisme, je laisse) ; j’ai presque écoulé le stock lors de la première édition (très réussie) de Toulouse Polars du Sud ; j’ai rencontré 200 lycéens à Caussade qui ont bissé mes histoires et crié mon nom dans les couloirs ; nous avons musicalu au Théâtre du Pavé,  musicalu à Lherm, ; j’ai délibéré à Paris avec des gens connus afin de proclamer que Qui comme Ulysse de Georges Flipo méritait le prix Ozoir’elles et j’en ai profité pour faire plein de copinage pour pouvoir enfin être publiée dans une grande maison d’édition*** ; j’ai fait une résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien évoqué ci-avant ; j’ai été désavouée par mon éditeur et je repars donc à l’assaut de la citadelle ; et pour finir je suis tombée dans novembre en ratant la marche.

4 – Mon actualité du prochain semestre

Demain matin à 9h30, Claire Ambill de Radio Occitanie m’invite à causer dans le poste sur Tu devrais voir quelqu’un. Vendredi, j’ai piscine. Jeudi 19 à 17h, je reviens sur Radio Occitanie, invité cette fois par Christian Moretto, pour parler d’autre chose (de livres, de musicalectures, de spectacle aérien).  Entretemps, j’aurai écrit une préface pour un ouvrage de photos/dessins obsédants. Le 21, nous serons au salon d’Ozoir-la-Ferrière, consacré aux nouvelles, où sera remis le prix même pas éponyme au lauréat d’Ozoir’elles, et où nous musicalirons peut-être aussi. Le 6 décembre,nous animerons, avec M.C., un atelier intitulé « Traduction et créativité » dans le cadre de la Conférence des traducteurs à Nice. Le 16 janvier, nous signerons au salon du Livre d’hiver à Montgiscard (31). Fin janvier, je serai en résidence à la Grainerie pour le spectacle aérien. Le 1er février, Quadrature publiera une version augmentée de mon premier recueil, Court, noir, sans sucre, que je signerai du 5 au 7 mars à la Foire du livre de Bruxelles tout en parlant de Toute humanité mise à part aux élèves du Collège Saint-Michel. Le 9 mars au soir nous musicalirons à la médiathèque de Pamiers (11) (31) (08) (41) (06) (09)*****.

Je crois que j’ai pris une bonne avance, là. Mais j’essaierai de revenir ici avant six mois, promis En racontant des choses plus intéressantes et moins égotistes.

À ce propos, vu que ces derniers mois j’ai aussi lu des milliers centaines dizaines si, des dizaines de livres, je vous recommande en particulier de découvrir les nouvelles de Jean-Louis Ughetto**** qui m’ont enthousiasmée, le dernier polar historique de Fabienne Ferrère, Car voici que le jour vient, tout aussi magistral que son premier opus et dans lequel nous retrouvons le chevau-léger Gilles Bayonne et son acolyte Piquelune dans une enquête sombrissime.

Il faut que j’y aille, maintenant, mon devoir de traîtresse traductrice m’attend. Et des tas d’autres également.

P.S. Au fait, je me suis fait taguer par Manu Causse sur « La première fois ». Je suis une bonne fille (au fond), alors je réponds :

La première fois que je suis morte, heureusement, ça n’a pas duré.

Voilà.

Portez-vous bien.

* C’est fait exprès.

** Le correcteur automatique me propose « lyonnaise », « réunionnaise » ou « mayonnaise ». Comme quoi, pour vivre heureux, vivons cachés, vivons en Aveyron.

*** Juste pour que certains aient la satisfaction de voir les rumeurs se non-confirmer.

**** Désolée pour le lien vers la F..c, mais Bibliosurf ne propose pas encore ces ouvrages…

***** Et le numéro complémentaire est le 999. Merci, Manu.

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Programmation en cours

Posted by Emmanuelle Urien on mai 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Ça commence demain* ce soir : l’atelier des Zofer vernit une nouvelle exposition, joliment (et justement) appelée Corps et graphies ;de belles photos de Yannick Zofer, et tout autour des vidéos qui racontent l’aventure, de la musique qui l’enveloppe, et des lectures (par Jean-Luc Krauss) qui les rehaussent. Il faut venir à Toulouse, rue du dix avril, pour voir et entendre tout cela, aujourd’hui, vendredi 7 mai à 19h, ou (re)venir ensuite jusqu’à la fin du mois.

Nous, on y sera.

Et comme on est en mai, les salons et autres lieux où l’on cause fleurissent. J’irai donc, les 16 et 17, signer et bavarder (sujet : Comment écrivez-vous? …ben avec le moins de pieds possible) à Villeneuve sur Lot pour le Salon du livre qui s’articule autour des Femmes du sud (ou l’inverse, mais cela demande une certaine souplesse).

Samedi 23, je monterai vers le nord, en direction de cette grande ville prétentieuse (mais que j’aime bien quand même) pour présenter Tu devrais voir quelqu’un à la médiathèque François Rabelais de Gennevilliers. La rencontre aura lieu à 18h et sera animée par Serge Cabrol de la revue Encres vagabondes.

Je réitère le samedi 30 mai, cette fois à la maison du Banquet de Lagrasse (Aude, au coeur des Corbières, c’est beau comme tout), et en musique puisque le beau et talentueux (je le dis en toute connaissance de cause) Manu Causse m’accompagnera pendant mes lectures, si vous ne pouvez pas venir (parce que vous habitez Paris ou Metz, par exemple), vous pouvez nous entendre en cliquant ici.

Le 4 juin (c’est un jeudi, à 18h), je signe / discute / lis en musique à la librairie Ombres Blanches (Toulouse, where else?).

Mercredi 10 juin, de 17h à 18h : je cause à la radio sur Altitude (93.5 à Toulouse), dans l’émission Paroles d’écrivains.

Dimanche 14 juin, lecture musicale de Tu devrais voir quelqu’un en clôture du Marathon des mots (la programmation est en cours et le site n’est donc pas encore à jour) de Toulouse, à 17h30 à l’Ostal Occitania.

Et puis c’est tout pour le moment. Pas très intéressant, tout ça, mais il faut bien justifier le sous-titre de ce non-blog. Et puis, si je ne fais pas la pub de ma propre actualité, qui le fera à ma place? Ce n’est pas comme si j’avais des attachés de presse qui s’occupaient de la promotion de mon livre… Oups, je l’ai dit. Tant pis, je laisse.

Ah si, tant que j’y pense : la salon de Balma (voir dans les parages de ce non-post (tiens, j’ai fait un ping), entre le règlement intérieur et l’azote liquide), c’était bien. La séance de signature à la Poste aussi, parce que j’ai papoté avec la libraire et les organisateurs pendant que les usagers venus en masse faisaient la queue. Pour poster leurs recommandés, retirer leurs colis, clôturer leur Livret A (vu que c’est la crise), mais pas tellement pour acheter un livre. L’initiative était intéressante, cela dit, et en revoyant un peu la formule, ça peut marcher. Amener les livres (et leur auteur avec) sur des lieux où on ne les attend pas, je suis pour, quitte à essuyer un peu les plâtres, et à poser la première couche de peinture (rouge vif satiné) juste derrière.

À propos de plâtre, je ne suis plus dans la sélection du prix Orange, malgré tous les votes de GL** que j’ai eus. Pas bien compris comment ça marche, tout ça… Je suis un peu marrie, parce que les 15000€ du prix m’auraient permis de lever un peu le pied sur les traductions à 2 balles (j’exagère, c’est parfois 2 balles et demi) et les journées de 12 heures de transcriptions-corrections-plomberie, tout ça pour payer le loyer et la nourriture des poissons rouges (dont l’un est bleu, mais il l’ignore). À la place, je crois bien que je me serais (re)mise à l’écriture. Je dois boucler un recueil de nouvelles. Mais pas le temps. D’ailleurs, qu’est-ce que je fais là?

Allez, encore un peu.

Juste pour le plaisir de me contredire, je lis beaucoup en ce moment (à la place de dormir, par exemple), et j’ai découvert une nouvelle auteur (sans ‘e’ parce que je trouve ça laid). C’était ma voisine de salon à Balma, et comme cela se fait de s’intéresser aux autres dans ces circonstances, (entre autres) j’ai pris et ouvert son livre, j’ai lu les premières pages, et je l’ai acheté. Anne-Christine Tinel, en plus d’être une lumineuse jeune femme, est brillante (le plus fort, c’est qu’avec tout ça, elle ne fait même pas mal aux yeux). Je passe sur le fait que, comme personne, elle est très sympathique et que nous nous sommes bien amusées, et j’en viens à l’essentiel pour vous recommander la lecture de son roman, Tunis, par hasard. Je sais mal parler des livres que j’aime, alors je vous laisse apprécier par vous-même, et par bribes :

La nécessité de la trace ne surgit qu’avec la disparition. C’est pourquoi les contes s’achèvent au début du bonheur, nous laissant dans une frustration qui est celle du spectateur ; ce n’est pas tant que le bonheur n’ait pas d’histoire ; c’est plutôt que l’histoire du bonheur est intransmissible, une expérience irréductible au langage. (…) Exister, être heureux, magnifique adéquation entre la conscience et l’être, se fout éperdument des histoires. (…) L’histoire commence quand se referme à deux battants la porte du paradis. La parole arrive avec les morts.***

Et encore :

Tu aimes la mère passionnément ; mais tu grandis contre elle ; dans la douleur douce de son giron, tu apprends à ne pas lui ressembler. C’est cette obsession féroce, qui passera par blesser la mère tant aimée, qui te pousse dès le plus jeune âge dans des comportements qui ne sont pas ceux des petites filles, puis des jeunes filles, de ton âge. Le matin, quand la mère commence long circuit de sa journée, courses, repas, ménage, vaisselle, linge, couture, tu attrapes avec sauvagerie ton oreiller, et tu le places sur ton visage. Quitte à étouffer, tu ne veux pas entendre les bruits familiers de la kyrielle des obligations qui incombent aux femmes. Tu grandis comme une princesse, dans la paresse et l’innocence. (…) Obscurément tu es la princesse de la mère ; mais le père ne te regarde pas de cet œil-là. Première fille après quatre fils, tu es la porte par où entre le mal dans la demeure. Coupable par nature, par nature féminine.

Une écriture magnifique qui permet de porter un regard dégagé de toute complaisance sur la société tunisienne, et soutient une douleur lancinante qui finira par s’apaiser au décompte du temps. (On dirait du Télérama, je l’avais bien dit que je ne savais pas faire l’article… tpjl) Anne-Christine aura bientôt un site, restez accroché à la souris, je vous tiens au courant.

That’s all for today, folks. Profitez bien de ce long week-end et du soleil des éclaircies de la température relativement clémente pour un mois de janvier.

*J’ai écrit le début de ce non-post hier, comme quoi je m’y étais tout de même prise bien à l’avance…

**Gentils Lecteurs

***(Le choix de ce passage n’est pas anodin, il me semble voir exprimé clairement pour la première fois, dans ces phrases, la raison pour laquelle j’écris du noir, pourquoi je fais le récit du malheur plutôt que celui du bonheur)

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L’art de la dispersion

Posted by Emmanuelle Urien on avr 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

J’ai tellement à faire en ce moment qu’il n’est pas question que je non-blogue ces jours-ci. Pas aujourd’hui, en tout cas. Demain non plus, d’ailleurs, je suis bien trop occupée, ce serait une perte de temps catastrophique.

Ce qui m’amène à penser que je suis actuellement en train de non-non-bloguer. Étourdissant, non?

Mais voilà, il faut que je vous dise : j’ai reçu hier un message de mon hébergeur qui m’informait que je dépassais, sur mon site, les 80% de trafic autorisé, et que je devais, sous peine de fermeture, de confiscation de mes biens et de prison à vie, racheter de la bande passante ou supprimer des visiteurs. Allez savoir pourquoi, j’ai acheté. Alors que c’est la crise. Tout ça pour vous.

Du coup, je suis allée voir les statistiques du site, pour la première fois. C’est joli, il y a des graphiques en couleur (mais pas de camemberts, je suis déçue, j’aime bien les camemberts), des chiffres après la virgule (avant aussi), et ça me permet de savoir si vos chaussettes sont assorties quand vous vous connectez. Je sais tout.

…Bon, peut-être pas tout, mais il semblerait que depuis deux mois, ce non-blog en particulier accueille jusqu’à 300 visiteurs par jour. C’est beaucoup. Il me semble donc légitime et judicieux d’établir un non-règlement intérieur qui permettra d’éviter les encombrements et garantira la jouissance paisible des lieux. C’est vrai, quoi, un peu de discipline, que diable!

Alors, article 1 – Objet : Le présent règlement intérieur fixe, conformément à certaines dispositions qui restent à définir si on a le temps, les règles relatives à la discipline applicable sur un non-blog,les procédures et sanctions interdisciplinaires de la profession ainsi que les dispositions relatives aux droits de la défense des visiteurs, l’abus d’autorité en matière littéraire et statistique dans les relations internautiques, l’hygiène corporelle et la sécurité morale sur ce non-blog.

Article 2 – Champ d’application : Les champs, les prés, les forêts, mais aussi les rues, les boulevards et, dans une moindre mesure, les sentiers de montagne bordés de fleurs sauvages.

Article 3 – Affichage : Le présent règlement doit être affiché sur votre frigo à l’aide de petites coccinelles aimantées ou, à défaut, recopié à la main sur tout ou partie de votre avant-bras gauche (droit pour les gauchers).

Article 4 – Horaires : pas avant 9h, s’il vous plaît, et pas trop fort.

Article 5 – Présence : d’esprit, de préférence. Des contrôles seront effectués à l’entrée. Le vestiaire est gratuit, mais pas obligatoire.

Article 6 – Retard : possible avec un mot d’excuse autoproduit récapitulant les circonstances ayant présidé aux atermoiements, procrastinations et autres faux-fuyants.

Article 7 – Accès : cliquer fort, sauf avant neuf heures.

Article 8 – Discipline : les visiteurs sont placés sous l’autorité de leur chef qui sera autoproclamé. Tout visiteur est susceptible d’être chef, à condition de se conformer à ses propres instructions et d’être généralement en accord avec lui-même. La co-existence de plusieurs chefs est admise mais peu souhaitable, sauf si tout le monde est chef, mais du coup ça ne sert plus à rien et c’est le bazar, alors qu’autrement, c’était drôlement bien rangé.

Article 9 – Sanctions disciplinaires : tout agissement considéré comme fautif pourra faire l’objet des sanctions énoncées ci-après : petit mot réprobateur écrit au Bic rouge ; gros yeux avec sourcils froncés ; mise à pied (une fois le gauche, une fois le droit) ; mutation sur le blog de Wrath ; rétrogradation en non-chef (ou en chef pour qui ne le serait pas) ; peine capitale. La nature de la sanction sera connue à l’issue d’une procédure complexe et réglementée faisant intervenir de petits bouts de papier, un chapeau, et un huissier.

Article 10 – Défense des visiteurs : les visiteurs pourront assurer leur propre défense, sauf s’ils sont préalablement jugés coupables, en vertu de la disposition non encore définie mais très intéressante qui dit que la mauvaise foi fait loi.

Article 11 – Harcèlements sexuel et moral : interdits, sauf par consentement mutuel, mais je préférerais que vous alliez faire ça ailleurs, je n’ai pas les équipements nécessaires.

Article 13 – Prévention des accidents : attention à la marche, è péricoloso sporgersi, ralentir chantier, watch the dog. Vous voilà prévenus, n’allez pas vous plaindre, après.

Article 14 – Boisson, repas, fumage, tout ça : faites comme chez vous (sauf pour les miettes). Et essuyez vos pieds en sortant.

Voilà, je crois que c’est parfaitement clair. Maintenant, vous faites comme vous voulez.

À part cela, j’avais plein de choses à raconter, mais j’ai dû m’égarer.

Ah, oui : Patricia Parry, une fille du noir que l’on voit partout à Toulouse en ce moment, vient de recevoir le grand prix du roman du Festival international du film policier de Liège avec ses Cinq leçons sur le crime et l’hystérie. Je dis bravo, elle l’a bien mérité. Et aussi : lisez-le!

Restons en Belgique : Luce Wilquin vient de publier un recueil de nouvelles intitulé Nuageux à serein. Elle me l’a envoyé, manière de clin d’oeil, vu que l’auteur en est Patrick Dupuis himself, l’un de mes éditeurs préférés puisqu’il oeuvre avec brio chez Quadrature, qui a publié mon Toute humanité mise à part en 2006. Je lis.

J’ai également fini un très beau roman, Le coeur cousu, de Carole Martinez, qui raconte le destin, en Espagne et en Afrique du nord, d’une lignée de femmes maudites. Une spirale sombre émaillée de couleurs violentes, une trame serrée, presque étouffante, de réalisme cru et de fantastique… je vous le recommande.

Quoi d’autre? La mise en ligne d’un excellent site propulsé par l’Unesco et la Bibliothèque du Congrès aux États-unis, celui de la Bibliothèque numérique mondiale. Je le mentionne d’autant plus volontiers qu’avec mon compagnon et collègue de travail, nous avons contribué aux traductions et révisions d’une partie de son contenu. Nous avons aussi traduit des turbines d’hélicoptères, transcrit des pompes physiques et biologiques, et je suis devenue intermittente du spectacle. Vous voyez, ça avance.

Avis aux Toulousains et frontaliers : ce week-end, je suis à Balma pour le salon du Livre et du vin, le plus important de la région. Je commence samedi matin par une signature… à la Poste! Je vous dirai si ça marche, mais je trouve l’initiative amusante et intéressante.

Côté egopub, Tu devrais voir quelqu’un a fait l’objet d’une chroniquette (tpjl) dans Marie-Claire, et d’un article dans Toulouse Mag. J’ai la flemme de scanner. Et d’un sympathique billet sur Mille et Une pages. Merci aux auteurs des blogs de lecteurs, ils sont pour les livres un relai de plus en plus important.

Je clos par une rengaine : Tu devrais voir quelqu’un, présélectionné pour le prix Orange du livre (602 candidats à ce jour!), attend les votes de ses lecteurs. Seuls trente ouvrages seront sauvés le 30 avril. Vous pouvez l’aider à en faire partie (tiens, pourquoi ça change de police de caractère, tout à coup?), en commençant par cliquer ici. La suite vous regarde.

Bien, je crois que le contenu de ce non-post justifie assez bien son titre. Alors je vous laisse, j’ai de l’azote liquide sur le feu.

(Faudrait une ou deux images, aussi. Partez pas, je cherche.)

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Sous forme de liste (ou presque).

Posted by Emmanuelle Urien on jan 21, 2009 in Raconte-moi ta vie

  • 19 février 2009 : parution de Tu devrais voir quelqu’un. L’auteur est tiraillée entre l’envie d’annoncer la sortie de son premier roman à la face du monde qui n’en attendait pas tant (vu que c’est le roman qui va révolutionner la littérature en général et le monde en particulier, l’inverse étant également vrai tiens j’ai déjà dû dire ça quelque part tant pis je laisse. Mais je barre, quand même.) et (car il y a un et, vu qu’il y avait un entre, rappelez-vous) le bombardement chirurgical (ce qui ne veut rien dire, sauf à la télé) de l’emplacement précis de la rangée de l’entrepôt de l’imprimerie qui abrite les exemplaires dudit roman, dans la mesure où la parution de ce dernier est appelée à ruiner une carrière aussi prometteuse qu’embryonnaire (l’inverse, etc.), à cause de l’inanité du contenu, de la pauvreté du style, de la vacuité du propos, de la platitude de l’expression. Et aussi des répétitions.
  • 16 janvier 2009 (et alors, je n’ai jamais dit que je racontais les choses dans l’ordre) : le groupe LoFi a fait un joli premier concert à trois (Manu Causse + Sylvain Loyseau + Emmanuelle Urien = LoFi) pour l’ouverture du Salon du Livre d’hiver à Montgiscard (31) devant un public captif (c’est soit un terme de marketing, soit une expression pour dire qu’on avait bouclé toutes les sorties pour être certains que les gens restent à nous écouter, et qu’en plus on leur avait attaché les mains dans le dos pour les empêcher de se boucher les oreilles) et, il m’a semblé, conquis. Peut-être pas à 100%, mais à 94,78%. En gros. Enfin bon, c’était bien. Du coup, on enregistre bientôt une démo de cinq titres à la française, en attendant la suite (qui sera plutôt à la va-comme-je-te-pousse, avec des morceaux d’autres langues dedans).
  • Depuis quelques jours : j’ai décidé de chercher un metteur en scène pour monter ma pièce « Dessine-moi une maison », qui est à présent achevée. Le théâtre amateur toulousain s’est en effet déclaré intéressé, mais recule devant les moyens humains (218 comédiens, dont 2 pingouins) et techniques (une grue de 75m, 95800 voitures Majorette, 1 paquet de craies de couleur) à engager. Bon, en réalité, il faut 5 comédiens (4 hommes dont un Noir, et 1 femme) plus des tas de petits rôles (dont un enfant et un chien) et un paquet de craies de couleurs. C’est une comédie (le premier qui part dans un grand rire incrédule sort) qui dure environ 1h15 (ou 1h30, je sais plus), qui se passe sur un trottoir en ville, et voilà. Je me suis régalée à l’écrire, et j’aimerais bien que le monde entier (ah, voilà que ça me reprend) se régale à la voir. Par conséquent, si vous êtes intéressé, faites-moi signe (par mail). Si vous êtes Steven Spielberg aussi, mais je préférerais une adaptation cinématographique par Woody Allen les frères Coen.
  • Ces dernières semaines, j’ai beaucoup, avec Manu Causse, travaillé à la libération des Gmörks. Disons qu’il a assumé la partie créative (dessin, légendes), et moi l’aspect technique (blog, mise en page, traductions). Ce sont des sortes de petits dessins comme qui dirait de presse, qui peuvent sembler absurdes et le sont bien souvent, mais qui donnent, quand on y réfléchit, bien des leçons sur l’humanité (en général) et les Gmörks (en particulier). Ou pas, c’est comme vous voulez. Quoi qu’il en soit, on s’amuse bien, et des traducteurs de tous les pays sont sur le coup, et les Gmörks sont partout.
  • Demain (jeudi 22 janvier), j’anime la 2e session de mon atelier d’écriture consacré aux arts de la rue, petit miracle né d’un partenariat improbable entre la Boutique d’Écriture du Grand Toulouse et l’Usine. Comme d’habitude, j’ai le trac, mais moins que la semaine dernière où j’ai pu faire connaissance avec mes participants, tous charmants, comme quoi l’envie d’écrire rend aussi aimable que les carottes, tant pis je laisse.
  • Juin 2009 : je participerai au Marathon des mots (sauf frappe chirurgicale sur les stocks de mon roman), mais je ne peux pas vous en dire plus parce que mon rendez-vous avec le directeur vient d’être repoussé (ou alors c’est du teasing, mais ce serait mesquin).
  • Franck Garot (nouvelliste, blogueur et chroniqueur vedette sur MCD) vient de créer un blog une nouvelle fenêtre quotidienne d’expression littéraire où des auteurs triés sur le volet et passés au tamis fin vont décliner jour après jour un aphorisme d’Éric Chevillard. Je ne vous en dis pas plus mais vous invite à vous y rendre directement en cliquant là, ou alors sur Les 807 dans la colonne des liens qui se trouve à gauche vu qu’il n’y en a pas à droite. Ah tiens non, c’est l’inverse. Zut. Tant pis je laisse, tout ça. J’aime beaucoup ce projet, et comme j’ai gentiment été invitée à en faire partie, j’ai écrit des 807 aussi.
  • Là, maintenant, tout de suite : j’ai faim (je suis totalement hors sujet, mais ça fait toujours une ligne de plus).
  • Mars, aux environ du 5 et jusque vers le 9 : Je serai à la Foire du livre de Bruxelles, sur le stand de mon belge éditeur Quadrature, et je grifouillerai des petites phrases sur mes livres le 6 de 16h à 17h, et aussi de 19h30 à 21h30, et puis le même jour je rencontrerai une classe du collège Saint-Michel où Toute humanité mise à part semble être au programme depuis trois ans, et je re-signe le 7 de 12h30 à 14h, et voilà. Pour le moment.

Merci de noter que cette liste n’est pas exhaustive et pourra être complétée à tout moment et de quelque manière que ce soit sans qu’aucun reproche en soit fait à l’auteur.

Et tiens, j’ajoute une illustration (oui, désolée, mais je continue à me disperser dans des formes d’art parfois discutables).

La bise à tous, une bonne année, et la santé, surtout.

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Il commençait à se faire tard, et c’est alors que.

Posted by Emmanuelle Urien on déc 3, 2008 in Rien à voir

Bien sûr, j’ai mille chose à faire, cinq cents projets en tête, deux cents dans mon ordi et vingt-trois sur le métier.

Bien sûr, je suis partiale.

Bien sûr, et là je n’ai plus d’argument pour mon réquisitoire, mais tant pis je laisse et on va passer à la défense.

(c’était l’intro du billet – oui, je dis billet, maintenant, parce que post, pff, et article, bof, mais billet, oui, et en plus c’est Schlabaya qui me l’a soufflé avec son inconscient superpuissant. Tiens, au fait, j’ai rajouté un lien vers son blog, outre celui-ci.)

C’est n’importe quoi, ces parenthèses.

Je voulais juste vous parler d’un auteur, et de son livre, et de sa pièce de théâtre, et de sa peinture, et de tout ce merveilleux talent encore trop méconnu qui va vous exploser un jour au visage et alors là vous serez bien punis de n’avoir pas ouvert les yeux plus tôt hola, Bijou, tout doux, ne nous emballons pas, on va faire simple pour commencer.

Un livre (et son auteur, forcément, du coup), voilà de quoi je tenais à vous entretenir.

Visitez le purgatoire – emplacements à louer.

(Et non, ce n’est pas parce que je connais bien l’auteur que je n’ai pas le droit d’en parler. Tais-toi, vil détracteur obscurantiste. En plus, je n’ai aucune influence sur le CAC40, alors c’est dire si mon avis importe peu. Mais lisez quand même, allez, et fermez-moi cette parenthèse en sortant, ça fait des courants d’air.)

C’est un livre (oh le scoop) dans lequel on rencontre des fantômes sous forme de cœurs de lettres de silhouettes de voix de taches de sang de vin d’ossements sous le sable de corps cherchant à vivre et cherchant à mourir de souvenirs vivaces enfouis de secrets enfin révélés de peurs de souffrances et de joie (respirez).

Bref : ça parle des hommes, femmes comprises. Ça parle de tout ce qu’on est vous et moi, de tout ce qu’on craint et ressent, bien souvent sans se l’avouer ou même en être conscient. Ça raconte des histoires qu’on a presque vécues, il s’en serait fallu de peu. Ça dit l’entre-deux de nos vies quand on ne sait plus trop quoi penser, vers qui se pencher, à quoi croire.

Et c’est dit à la façon de Manu Causse, qui écrit ses livres comme il parle sur son blog, avec la sensibilité parfaite qu’on n’attend plus des hommes (femmes comprises), avec ce contretemps absurde que l’écrit vole à la parole (ou l’inverse), avec ce sentiment que la voix du conteur est là, dans votre oreille, au moment même où vous lisez.

Lisez, vous verrez (entendrez).

Et l’éditeur est drôlement pro, et drôlement gentil, et drôlement drôle.

…Bon, et sinon, il faut aussi que vous alliez un peu au théâtre, vu que Noël arrive, et même si ça n’a rien à voir. Et alors, ça tombe bien, dites, parce que justement, et ça m’évite une transition des plus maladroites, la pièce de Manu Causse, celui-là même qui, est rejouée ce mois-ci au Théâtre de Poche (Toulouse, l’autre capitale de la France, Haute-Garonne) trois semaines durant. Tonton Maurice est toujours mort, mais il revient pour vous à partir du 17 décembre pour dix représentations seulement, dépêchez-vous, et tiens, l’affiche, hop :

…Ben allez, hop.

Non. Pas moyen.

Tant pis, je laisse, et je reviens demain pour coller l’affiche, et conclure ce billet décousu chiffonné.

Comme si j’étais à ça près. Vu que j’ai dit l’essentiel.

Zou.

Et le lendemain :

(Ah : l’affiche et le bandeau de Tonton Maurice sont de Christophe Chalmette ; le dessin de couverture de Visitez le purgatoire est de Manu Causse ; le reste n’engage que moi.)

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