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Glossolalie

Posted by Emmanuelle Urien on mai 31, 2010 in Rien à voir

C’est officiel : en ce moment, je crée peu, et je ne fais plus de musique. Tout le monde le dit derrière mon dos, à voix basse pour que je ne l’entende pas, et dans des langues étrangères pour plus de sûreté, certains utilisent même de l’encre sympathique afin de ne pas éveiller les soupçons.*

Voire!

Du coup, le week-end passé (fort vite, ma foi, et sans se retourner, le lâche), aiguillonnée par quelque propos à caractère provocateur dont je tairai la provenance par respect de l’anonymat de son auteur, j’emprisonnai au lasso une boucle musicale qui passait, attachai avec la même corde le compositeur à sa chaise et à sa guitare jusqu’à ce que ladite boucle soit gravée à jamais dans la mémoire de son ordinateur, puis m’enfermai à double tour dans mon cerveau droit (c’est là que, paraît-il, j’entrepose à la va-comme-je-te-pousse les portées, les clés de sol et de douze, les pinceaux, une gamme complète de plumes d’oie et son encrier assorti, mes pointes et mon tutu de tulle ainsi que de nombreux accessoires introuvables même au Télé-achat), bien décidée à m’abstraire du monde tant que je n’aurais pas prouvé à sa face que j’étais / il était / nous étions encore dotés de cette facilité à créer qu’oncques ne perdîmes ou laissâmes s’étioler dans l’impuissante consternation (ou la consternante impuissance, j’aime bien aussi) que confèrent aux artistes les plus capricants (bêê) les petits jours qui passent, l’air de rien, et se déguisent pour se ressembler alors qu’en fait non, pas du tout**. A cane non magno saepe tenetur aper, et asinus asinum fricat (hi han). La semaine prochaine, on passe au B.

Vingt minutes*** plus tard, hop.

Ah ah****.

Des paroles en douze langues établissant les bases d’une nouvelle métaphysique de la grammaire indo-européenne (mais je ne perds pas de vue les basques, finnois, hongrois, turcs et autres isolats le premier qui dit 2000 je le sors), une mélodie déclinant une gamme mixolydienne complexe à double détente avec retour automatique à la ligne et triple loop piquée, un travail de sonorisation expérimentale à faire oublier 4’33 », des arrangements que même FR David il en redemanderait, deux cafés et l’addition*****.

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, devant vos yeux ébahis, je vais pour la première fois sur ce non-blog Ajouter Un Son. Les gens du deuxième rang*****, je veux bien que vous reculiez, la manipulation peut être hasardeuse, et qui dit hasard dit danger, comme l’ont si bien compris nos amis anglo-saxons.

… mais si, ça marche. C’est vous. C’est la faute de votre navigateur qui n’est pas au goût du jour (un correspondant anonyme me signale qu’on prononce désormais « à jour »). Ou alors c’est le plugin qui bugge.

Quoi qu’il en soit, chers auditeurs, ne changez pas de fréquence!

Tadââââaaaaaaaaaa (j’ai la flemme de mettre tous les accents circonflexes, mais le cœur y est)!

Heimatspoema.mp3

(entre glossolalie teutonne, romancero gitano et chevauchée sauvage, excusez du peu.)

Et là (les occupants du troisième rang peuvent-ils rejoindre au fond de la salle ceux du deuxième? C’est à cause du monsieur de la sécurité, il est intransigeant. Et il mesure deux mètres, ce qui ne gâche rien), je ne sais pas très bien si la manipulation a fonctionné. Je n’en aurai conscience, sans doute, qu’une fois non-posté ce non-billet, ce qui peut ralentir les choses.

Bon, ça marche, là?

Mais bon sang, Lilienwald, te rends-tu compte qu’à cette heure et à ce stade de ton monologue, les visiteurs, s’il en fût (Kanterbräu, sors de ce post), ont déjà – ou n’ont pas – écouté ce fichier? Rosensee, il faut t’y faire, tu es complètement décalée!*****************

* Laissez tomber, la paranoïa, c’est has been, on parle désormais de syndrome de perception vindicative altérée (PVA). D’ailleurs, c’est l’objet de la 8e saison du Dr House non je l’ai pas dit je le regarde pas je sais pas qui c’est j’ai même pas la télé ou alors un tout petit peu et c’est pas ma faute monsieur le juge (je viens de battre le record de la plus longue phrase barrée, voir note ** – notez que c’est moi qui détenais le précédent).

** Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d’écrire la plus longue phrase du monde, mais chaque fois je suis interrompue grossièrement par la petite voix dans ma tête qui me dit qu’il faudrait déjà voir à dépasser Proust qui en a pondu une de 243 mots, sans parler des autres genre Joyce, et que moi je ne sais pas compter si loin, et alors mon petit doigt sur le clavier cherche aussitôt le point. Et tant que j’y suis, si le propriétaire de la petite voix en question voulait bien se présenter à l’accueil, on la lui remettrait avec plaisir et un soulagement affiché en 4×3 elle est facile celle-là veux-tu bien te taire.

*** Deux heures, en fait. Mais je préfère que la postérité retienne la rapidité de mon génie plutôt que ma paresse neuronale.

****Au choix : rire sardinique (c’est comme sardonique, mais je me suis trompée de touche et comme je trouve ça joli, je laisse – c’est mon côté poisson) ; exclamation vaguement auto-dérosoire (tiens, j’ai retrouvé mon o) ; faute de frappe (je voulais écrire Eh eh) ; transition maladroite mais méritoire ; Ah ah.

***** Celle-là, j’ai déjà dû la faire. Tant pis, je laisse. C’est dire si j’assume mes non-propos sur ce non-blog.

****** Tout le monde sait qu’il n’y a jamais personne au premier rang.

***************** Et à plus d’un titre (je vous laisse réfléchir sur cette intervention sinistre) … incidemment, je suis consciente que, côté notes de bas de page, ça ne va pas mieux depuis la dernière fois. Mais je vous fais confiance pour trouver votre voie (en gros, lisez de haut en bas) ; pour ma part, et comme d’habitude, je me retire du monde dans un monastère avec chocolat (minimum 75% de cacao) et wifi. Amen.

PS : il est long, ce non-post. Je vous prie donc de m’en non-excuser. Et aussi : crédits photo Régis, Juliana et moi-même.

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