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Révolution de septembre

Posted by Emmanuelle Urien on août 31, 2011 in egopub

L’été gris-bleu s’achève dans un feu d’artifice de pages bien remplies. Certes, la métaphore laisse à désirer, mais j’ai des excuses : j’ai épuisé tout mon stock de bons mots dans les livres que j’ai traduits ces derniers mois, les corrections de mon recueil de nouvelles à paraître dans les semaines qui viennent et, plus encore je l’espère, dans un roman enfin achevé.

Le recueil, j’en ai déjà parlé, j’en reparle, car on ne parle jamais assez des recueils de nouvelles – et pas seulement les miens.

Tous nos petits morceaux sort le 11 septembre aux éditions D’un noir si bleu. En quatrième de couverture, il est écrit ceci :

« Les miroirs en voient de belles… Quand ils prennent la parole, témoins presque passifs de nos intimités, c’est pour nous renvoyer leur version de notre histoire, fidèle ou déformée par le rôle qu’ils y jouent, et mettre en lumière nos lâchetés secrètes comme nos éclats les plus audacieux.

Dans un exercice de style inédit, Emmanuelle Urien explore à l’occasion de son quatrième recueil de nouvelles des univers aux reflets disparates. Sous l’apparente froideur des miroirs, l’émotion affleure. Sans tain. »

Douze nouvelles dans lesquelles, pour une fois, je sors de l’intérieur de mes personnages où ça commençait à coller pour les observer sous l’angle parfois improbable de leurs reflets changeants (c’est beau comme un poème inédit de Marceline Desbordes-Valmore ; tant pis, je laisse). Comme on ne se refait pas (ou alors, tout doucement pour ne pas déranger), l’ambiance reste noire et les destins souvent tragiques, ce qui n’empêche pas l’humour, je vous jure.

(Parallèlement et par le plus grand des hasards, Manu Causse sort, le même jour et chez le même éditeur, son Petit guide des transports à l’usage du trentenaire amoureux, dont je vous recommande la lecture. Se conserve très bien au congélateur.)

Dans une frénésie de communication, je présenterai Tous nos petits morceaux lors de divers salons et festivals cet automne, à commencer, le 11 septembre, par l’incontournable « Place aux Nouvelles » à Lauzerte (82), « La 25e heure du Livre » au Mans (72) les 8 et 9 octobre, puis « Les Passants considérables » les 22 et 23 octobre à Salins les Bains (39) et enfin, « Livres à vous à Voiron » (38) du 4 au 6 novembre. Le tout avec des lectures musicales.

Passons maintenant au sujet que vous attendiez tous en étranglant votre souris d’impatience, la Revolución. Car ça y est, j’ai fini. Voilà presque deux ans que j’avais entamé l’écriture de mon deuxième, interrompue longuement et souvent au profit d’activités de traduction plus rémunératrices liées à l’obligation ingrate qui nous est faite d’acquitter mensuellement des factures alors qu’on pourrait très bien tout payer en une seule fois le jour de sa retraite. J’ai donc achevé, il y a quelques jours, « La femme de Schrödinger ». Et je me suis bien amusée.

Et où est la révolution, dans tout ça? me direz-vous avec ce sens de l’à-propos qui ne vous fait jamais défaut.

La révolution, c’est que ce roman, je l’ai remis, non pas à un ou des éditeurs, mais à Pontas, une agence littéraire et audiovisuelle qui a souhaité me représenter. J’attaque donc désormais la forteresse éditoriale internationale par la face nord, et libérée du poids de l’attente, des relances et des négociations. Et qui plus est avec une équipe de toute évidence dynamique, et hautement sympathique. Aventure à suivre…

Quelques mots sur le roman lui-même :

La Femme de Schrödinger

Assise sur la balançoire en face de son mari, elle vivait le parfait amour.  Elle le croyait, du moins. Car les tape-culs sont traîtres, et il faut être deux pour garder l’équilibre.

Quittée par son mari après qu’il l’a trompée avec sa meilleure amie, Fatiha souffre d’une maladie très banale en pareilles circonstances : elle se sent à la fois morte et vivante, même si elle admet l’inutilité de se jeter par la fenêtre d’un premier étage et l’absurdité de haïr une rivale absente puisque le destin a fait mourir la garce. Narratrice subjective, pleureuse extravagante, Fatiha embarque le lecteur dans la démesure parfois comique que peut acquérir une situation tristement banale. Comme ses trois enfants la préfèrent en vie, elle va lutter pour tenir en respect la douleur et la haine. Conseillée par sa mère psychiatre, Fatiha passe à l’action : effacer la source du mal, décréter que Julien est mort – même si le défunt téléphone régulièrement aux enfants. Jusqu’au jour où il disparaît pour de bon.

Et là, je vous le fais en anglais, pour le côté international qui ne vous aura pas échappé dans ma démarche à base d’ouverture sur le monde :

Schrödinger’s woman

For years, she had been sitting happily on the see-saw, living a well-balanced, perfect love with her husband. She didn’t see the saw that sent her sprawling.

After her husband Julien cheated on her with her best friend and left her, Fatiha is suffering from a very common disease in such circumstances: she’s both alive and dead – though she admits there is no point in jumping out of a first-floor window and no sense in hating a rival who, ironically, just died. Subjective narrator of her own drama, Fatiha is an extravagant mourner and drags the readers into the comical excesses caused by this sad, trivial situation. As her three children would rather have her alive, she struggles to keep hate and grief at bay. With the support of her psychiatrist mother, Fatiha goes into action: to remove the source of the trouble, she will declare her ex-husband dead – although the deceased regularly phones the children. Until the day Julien actually disappears.

Dark and mordant, Emmanuelle Urien’s latest novel reminds us that emotionally disturbed individuals don’t always act in a rational way but that, in spite of erratic behavior patterns, they remain deeply human nonetheless.

Voilà voilà. Je vous laisse, j’ai trois livres et demi à traduire d’ici la fin de l’année et un tronc d’arbre à poncer. Bonne rentrée à tous…

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