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L’art de la dispersion

Posted by Emmanuelle Urien on avr 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

J’ai tellement à faire en ce moment qu’il n’est pas question que je non-blogue ces jours-ci. Pas aujourd’hui, en tout cas. Demain non plus, d’ailleurs, je suis bien trop occupée, ce serait une perte de temps catastrophique.

Ce qui m’amène à penser que je suis actuellement en train de non-non-bloguer. Étourdissant, non?

Mais voilà, il faut que je vous dise : j’ai reçu hier un message de mon hébergeur qui m’informait que je dépassais, sur mon site, les 80% de trafic autorisé, et que je devais, sous peine de fermeture, de confiscation de mes biens et de prison à vie, racheter de la bande passante ou supprimer des visiteurs. Allez savoir pourquoi, j’ai acheté. Alors que c’est la crise. Tout ça pour vous.

Du coup, je suis allée voir les statistiques du site, pour la première fois. C’est joli, il y a des graphiques en couleur (mais pas de camemberts, je suis déçue, j’aime bien les camemberts), des chiffres après la virgule (avant aussi), et ça me permet de savoir si vos chaussettes sont assorties quand vous vous connectez. Je sais tout.

…Bon, peut-être pas tout, mais il semblerait que depuis deux mois, ce non-blog en particulier accueille jusqu’à 300 visiteurs par jour. C’est beaucoup. Il me semble donc légitime et judicieux d’établir un non-règlement intérieur qui permettra d’éviter les encombrements et garantira la jouissance paisible des lieux. C’est vrai, quoi, un peu de discipline, que diable!

Alors, article 1 – Objet : Le présent règlement intérieur fixe, conformément à certaines dispositions qui restent à définir si on a le temps, les règles relatives à la discipline applicable sur un non-blog,les procédures et sanctions interdisciplinaires de la profession ainsi que les dispositions relatives aux droits de la défense des visiteurs, l’abus d’autorité en matière littéraire et statistique dans les relations internautiques, l’hygiène corporelle et la sécurité morale sur ce non-blog.

Article 2 – Champ d’application : Les champs, les prés, les forêts, mais aussi les rues, les boulevards et, dans une moindre mesure, les sentiers de montagne bordés de fleurs sauvages.

Article 3 – Affichage : Le présent règlement doit être affiché sur votre frigo à l’aide de petites coccinelles aimantées ou, à défaut, recopié à la main sur tout ou partie de votre avant-bras gauche (droit pour les gauchers).

Article 4 – Horaires : pas avant 9h, s’il vous plaît, et pas trop fort.

Article 5 – Présence : d’esprit, de préférence. Des contrôles seront effectués à l’entrée. Le vestiaire est gratuit, mais pas obligatoire.

Article 6 – Retard : possible avec un mot d’excuse autoproduit récapitulant les circonstances ayant présidé aux atermoiements, procrastinations et autres faux-fuyants.

Article 7 – Accès : cliquer fort, sauf avant neuf heures.

Article 8 – Discipline : les visiteurs sont placés sous l’autorité de leur chef qui sera autoproclamé. Tout visiteur est susceptible d’être chef, à condition de se conformer à ses propres instructions et d’être généralement en accord avec lui-même. La co-existence de plusieurs chefs est admise mais peu souhaitable, sauf si tout le monde est chef, mais du coup ça ne sert plus à rien et c’est le bazar, alors qu’autrement, c’était drôlement bien rangé.

Article 9 – Sanctions disciplinaires : tout agissement considéré comme fautif pourra faire l’objet des sanctions énoncées ci-après : petit mot réprobateur écrit au Bic rouge ; gros yeux avec sourcils froncés ; mise à pied (une fois le gauche, une fois le droit) ; mutation sur le blog de Wrath ; rétrogradation en non-chef (ou en chef pour qui ne le serait pas) ; peine capitale. La nature de la sanction sera connue à l’issue d’une procédure complexe et réglementée faisant intervenir de petits bouts de papier, un chapeau, et un huissier.

Article 10 – Défense des visiteurs : les visiteurs pourront assurer leur propre défense, sauf s’ils sont préalablement jugés coupables, en vertu de la disposition non encore définie mais très intéressante qui dit que la mauvaise foi fait loi.

Article 11 – Harcèlements sexuel et moral : interdits, sauf par consentement mutuel, mais je préférerais que vous alliez faire ça ailleurs, je n’ai pas les équipements nécessaires.

Article 13 – Prévention des accidents : attention à la marche, è péricoloso sporgersi, ralentir chantier, watch the dog. Vous voilà prévenus, n’allez pas vous plaindre, après.

Article 14 – Boisson, repas, fumage, tout ça : faites comme chez vous (sauf pour les miettes). Et essuyez vos pieds en sortant.

Voilà, je crois que c’est parfaitement clair. Maintenant, vous faites comme vous voulez.

À part cela, j’avais plein de choses à raconter, mais j’ai dû m’égarer.

Ah, oui : Patricia Parry, une fille du noir que l’on voit partout à Toulouse en ce moment, vient de recevoir le grand prix du roman du Festival international du film policier de Liège avec ses Cinq leçons sur le crime et l’hystérie. Je dis bravo, elle l’a bien mérité. Et aussi : lisez-le!

Restons en Belgique : Luce Wilquin vient de publier un recueil de nouvelles intitulé Nuageux à serein. Elle me l’a envoyé, manière de clin d’oeil, vu que l’auteur en est Patrick Dupuis himself, l’un de mes éditeurs préférés puisqu’il oeuvre avec brio chez Quadrature, qui a publié mon Toute humanité mise à part en 2006. Je lis.

J’ai également fini un très beau roman, Le coeur cousu, de Carole Martinez, qui raconte le destin, en Espagne et en Afrique du nord, d’une lignée de femmes maudites. Une spirale sombre émaillée de couleurs violentes, une trame serrée, presque étouffante, de réalisme cru et de fantastique… je vous le recommande.

Quoi d’autre? La mise en ligne d’un excellent site propulsé par l’Unesco et la Bibliothèque du Congrès aux États-unis, celui de la Bibliothèque numérique mondiale. Je le mentionne d’autant plus volontiers qu’avec mon compagnon et collègue de travail, nous avons contribué aux traductions et révisions d’une partie de son contenu. Nous avons aussi traduit des turbines d’hélicoptères, transcrit des pompes physiques et biologiques, et je suis devenue intermittente du spectacle. Vous voyez, ça avance.

Avis aux Toulousains et frontaliers : ce week-end, je suis à Balma pour le salon du Livre et du vin, le plus important de la région. Je commence samedi matin par une signature… à la Poste! Je vous dirai si ça marche, mais je trouve l’initiative amusante et intéressante.

Côté egopub, Tu devrais voir quelqu’un a fait l’objet d’une chroniquette (tpjl) dans Marie-Claire, et d’un article dans Toulouse Mag. J’ai la flemme de scanner. Et d’un sympathique billet sur Mille et Une pages. Merci aux auteurs des blogs de lecteurs, ils sont pour les livres un relai de plus en plus important.

Je clos par une rengaine : Tu devrais voir quelqu’un, présélectionné pour le prix Orange du livre (602 candidats à ce jour!), attend les votes de ses lecteurs. Seuls trente ouvrages seront sauvés le 30 avril. Vous pouvez l’aider à en faire partie (tiens, pourquoi ça change de police de caractère, tout à coup?), en commençant par cliquer ici. La suite vous regarde.

Bien, je crois que le contenu de ce non-post justifie assez bien son titre. Alors je vous laisse, j’ai de l’azote liquide sur le feu.

(Faudrait une ou deux images, aussi. Partez pas, je cherche.)

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Bribes en attendant mieux.

Posted by Emmanuelle Urien on mar 23, 2009 in egopub, Raconte-moi ta vie

Désolés pour le chien se joue jusqu’au 28 mars au Fil à Plomb à Toulouse. Jusque là, ça marche bien.

Je serai demain mardi (24 mars) à 19h à la librairie Le Scribe à Montauban en compagnie de Patricia Parry. Apéro-concert-lecture avec Manu Causse et moi suite aux débat et dédicaces.

Vendredi 27 mars à 19h, le charmant et talentueux Cyrille Pomès vous invite au venissage de son exposition Sans rancune (esquisses sur carnets) à l’atelier Véronique et Yannick Zofer, à Toulouse. (Lien ci-contre, fouillez un peu.)

Il fait un temps magnifique à Toulouse en ce moment, et la vie serait belle si, par de furieux coups du sort et, très certainement, un mauvais alignement de Mercure dans la maison de Vénus (ça se voit que je n’y connais rien?),  beaucoup de mes amis et de mon amour ne se sentaient pas si mal. J’ai ancré mes deux pieds sur terre, carré mes épaules, ouvert mes bras : je suis une cellule de soutien psychologique (surtout, ne pas me demander qui me soutiendra moi) et j’y crois. Dans ma tête, je regarde les feuilles des arbres grandir au bord des branches. Savoir qu’elles tomberont un jour ne m’empêchera pas de les trouver belles.

Tu devrais voir quelqu’un suscite des réactions enthousiastes, mais la presse n’en parle pas. Ce n’est pas tellement pour la gloire, vu que je suis trop timide et empotée pour passer à la télé, mais franchement, me savoir l’auteur d’un best-seller, en ce moment, ça m’arrangerait, côté loyer et tout ça… ‘fin bon : pour ceux qui auraient lu et apprécié, vous pouvez le dire ici, on ne sait jamais (oui, je sais, le pitch est abominable, mais je n’y suis pour rien).

Quelques belles chroniques, merci à leurs auteurs:

Panta Rei

Georges Flipo

Impudique

Christine Laverne

J’attends, mieux. J’attends de mieux en mieux. Patience. (Et la question du jour : avoir confiance en l’Homme, est-ce croire en Dieu, ou au Père Noël?)

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