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Monstres, purgatoire et autres divertissements

Posted by Emmanuelle Urien on mai 19, 2010 in egopub

Bien sûr que si, ça compte, d’annoncer les choses au tout dernier moment. C’est une méthode que j’ai développée en collaboration avec la Nasa, qui confère une intensité particulière au communiqué, et qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous en dire  plus pour d’évidentes raisons de confidentialité – vous aurez compris que le sort de la planète est en jeu.

Oui, bon, peut-être que j’exagère un peu, mais voilà tout de même une allégation qui me permet de remonter de trente places au classement du championnat du monde de la mauvaise foi.

Les esprits les plus acérés l’auront lu entre les lignes : ce soir, il y a lecture musicale de nouvelles au Théâtre de Poche.

Voilà qui tombe bien, me direz-vous : un intense désespoir était justement en train de vous saisir à la pensée du grand vide qu’était votre vie parce que ce soir, ce soir entre tous, vous n’aviez rien à faire. Pas d’amis à inviter, pas de famille à visiter, pas de télévision à allumer (d’ailleurs, vous n’avez pas de télévision et c’est tout à votre honneur), plus un seul livre à lire (ce qui en revanche est une honte, sans vouloir enfoncer le clou).

Pour tout dire, vous envisagiez de mettre fin à vos jours, au moins pour les 24 prochaines heures. Alors que la solution était bêtement à votre portée ; d’ailleurs je vous l’amène sur un plateau, la voici, servez-vous.

« Écouter Manu Causse et Emmanuelle Urien au Théâtre de Poche, mais bon sang, Jim, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt? Je crois que mon divorce avec Samantha m’a ôté tout sens commun et que l’OPA hostile de l’entreprise de John sur mes puits de pétrole en Tanzanie m’a ébranlé plus que je ne saurais le dire, Brendan. »

Et puis, heureuse coïncidence, vous habitez Toulouse. Ou sa banlieue. Ou ses environs. Ou sa région, plus ou moins proche. Quoi qu’il en soit, en partant maintenant, vous pouvez être au 10, rue El Alamein pour 21 heures ce soir. En petites foulées, ça passe. Et sinon, tant pis, vous avez une séance de rattrapage demain soir, même heure.

Vous pouvez réserver en cliquant sur des liens comme celui-ci ou celui-là. Vous pouvez aussi ne pas réserver et nous faire la surprise, on sera contents aussi. Et les retardataires (ceux qui auraient flâné en route pour faire des guirlandes de pâquerettes et des poupées en coquelicots, je sais qu’il y a des adeptes, et  je respecte leur différence) qui n’arriveraient que vendredi peuvent se rattraper en assistant à la millième représentation (c’est un chiffre que je lance sur un coup de tête, un peu au hasard, mais on n’en a jamais été aussi proche) de Tonton Maurice est toujours mort, la pièce de Manu Causse qui, après une tournée internationale, revient au Poche où elle est née.

Sinon, en bref et en vrac : Court, noir, sans sucre, qui s’est récemment réincarné chez Quadrature, poursuit sa seconde vie avec bonheur, Vénus Atlantica, une nouvelle érotique grâce à laquelle je vais enfin pouvoir prétendre à la postérité, sortira dans un coffret chez In8 en septembre, j’ai un nouveau canapé, je traduis à tour de bras mais me consacrerai au moins à mi-temps à l’écriture de mon roman dès le mois prochain, Clara, une grande lectrice, s’est bloqué la mâchoire en lisant mes nouvelles, après être tombée dans Choir, j’aime toujours autant ce qu’écrit Éric Chevillard, mon dernier recueil de nouvelles attend toujours de trouver un éditeur (notez qu’au lieu d’attendre, il ferait mieux de se bouger), l’hortensia est en boutons et les capucines feuillissent à foison dans ma courette au pied des Alpes suisses, et je n’ai rien à me mettre pour ce soir où, j’allais oublier de le mentionner heureusement que vous m’y faites penser, je lis mes nouvelles et celles de Manu Causse au Théâtre de Poche.

Et comme, pour une fois, je n’ai fait aucun renvoi en bas de page (je me porte vraiment de mieux en mieux, la thérapie comportementale fait ses effets), j’ajoute un Post scriptum (c’est un traitement palliatif très efficace) :

P.S. : mes plates excuses à tous les G.C.* dont les messages attendent encore une réponse de ma part, réponse que je ne peux pas leur promettre parce que je suis plutôt honnête, comme personne. Et dans ce même esprit de franchise, outre les excuses, je leur dois d’être touchée par le contenu de ces mails : ce n’est pas parce que je n’ai pas le temps d’y répondre que je ne les lis pas, et ils me font plaisir, alors merci à tous, je vous embrasse (si vous ne m’avez jamais envoyé de message auquel je n’ai pas répondu, ne lisez pas ce qui précède).

* Gentils correspondants.

Zut, j’ai craqué.

Des bises à tous, et une grande tape virile dans le dos aux autres.

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