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(Ni) Vert ni sage (mauvais jeu de mots, tpjl)

Posted by Emmanuelle Urien on juin 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Oui, bon, j’ai voté. Mon bureau était assez loin (vu que je n’ai toujours pas signalé mon 18e changement d’adresse en trois ans), et j’y suis allée en vélo, forcément.

Mais revenons plutôt sur les événements de la semaine. Ils sont nombreux, mais comme je m’en voudrais d’entrer dans les détails de ma vie privée, je me contenterai de vous signaler que jeudi 4, je lisais musicalement à Ombres Blanches (avec Manu Causse dans le rôle du guitar hero), et que vous n’étiez même pas là. C’est dommage, les quelque trente auditeurs (quinze selon la police) présents ont aimé. Qu’à cela ne tienne : nous réitérons la performance (car c’en est une, surtout quand les réserves en eau se font rares) dimanche 14 juin à 18h pour le Marathon des mots à l’Ostal Occitania (rue Malcousinat à Toulouse).

Par ailleurs, mais c’est tout de même là que je voulais en venir, l’atelier expo Zofer vernira vendredi prochain (le 12) une exposition de peinture bizarrement intitulée KESKIFéCON?, où vous pourrez (si vous venez) vous demander ce qui fait que Manu Causse et Emmanuelle Urien prennent parfois le pinceau, le couteau, le tube, la ficelle ou les doigts (liste non exhaustive) pour exprimer on ne sait quoi (mais ça peut venir) à travers la couleur, la matière et les formes. Et dans la série lego, ergo sum, nous musicalirons de nouveau quelques textes à cette occasion, un petit four à la main, un verre dans l’autre. À ce sujet, je cherche des volontaires pour tenir les livres. Pupitres s’abstenir.

Et puisque vous avez lu jusqu’au bout, outre l’affiche de l’expo, je vous mets une ou deux images en avant-première. Chic, non?

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Programmation en cours

Posted by Emmanuelle Urien on mai 8, 2009 in Raconte-moi ta vie, Rien à voir

Ça commence demain* ce soir : l’atelier des Zofer vernit une nouvelle exposition, joliment (et justement) appelée Corps et graphies ;de belles photos de Yannick Zofer, et tout autour des vidéos qui racontent l’aventure, de la musique qui l’enveloppe, et des lectures (par Jean-Luc Krauss) qui les rehaussent. Il faut venir à Toulouse, rue du dix avril, pour voir et entendre tout cela, aujourd’hui, vendredi 7 mai à 19h, ou (re)venir ensuite jusqu’à la fin du mois.

Nous, on y sera.

Et comme on est en mai, les salons et autres lieux où l’on cause fleurissent. J’irai donc, les 16 et 17, signer et bavarder (sujet : Comment écrivez-vous? …ben avec le moins de pieds possible) à Villeneuve sur Lot pour le Salon du livre qui s’articule autour des Femmes du sud (ou l’inverse, mais cela demande une certaine souplesse).

Samedi 23, je monterai vers le nord, en direction de cette grande ville prétentieuse (mais que j’aime bien quand même) pour présenter Tu devrais voir quelqu’un à la médiathèque François Rabelais de Gennevilliers. La rencontre aura lieu à 18h et sera animée par Serge Cabrol de la revue Encres vagabondes.

Je réitère le samedi 30 mai, cette fois à la maison du Banquet de Lagrasse (Aude, au coeur des Corbières, c’est beau comme tout), et en musique puisque le beau et talentueux (je le dis en toute connaissance de cause) Manu Causse m’accompagnera pendant mes lectures, si vous ne pouvez pas venir (parce que vous habitez Paris ou Metz, par exemple), vous pouvez nous entendre en cliquant ici.

Le 4 juin (c’est un jeudi, à 18h), je signe / discute / lis en musique à la librairie Ombres Blanches (Toulouse, where else?).

Mercredi 10 juin, de 17h à 18h : je cause à la radio sur Altitude (93.5 à Toulouse), dans l’émission Paroles d’écrivains.

Dimanche 14 juin, lecture musicale de Tu devrais voir quelqu’un en clôture du Marathon des mots (la programmation est en cours et le site n’est donc pas encore à jour) de Toulouse, à 17h30 à l’Ostal Occitania.

Et puis c’est tout pour le moment. Pas très intéressant, tout ça, mais il faut bien justifier le sous-titre de ce non-blog. Et puis, si je ne fais pas la pub de ma propre actualité, qui le fera à ma place? Ce n’est pas comme si j’avais des attachés de presse qui s’occupaient de la promotion de mon livre… Oups, je l’ai dit. Tant pis, je laisse.

Ah si, tant que j’y pense : la salon de Balma (voir dans les parages de ce non-post (tiens, j’ai fait un ping), entre le règlement intérieur et l’azote liquide), c’était bien. La séance de signature à la Poste aussi, parce que j’ai papoté avec la libraire et les organisateurs pendant que les usagers venus en masse faisaient la queue. Pour poster leurs recommandés, retirer leurs colis, clôturer leur Livret A (vu que c’est la crise), mais pas tellement pour acheter un livre. L’initiative était intéressante, cela dit, et en revoyant un peu la formule, ça peut marcher. Amener les livres (et leur auteur avec) sur des lieux où on ne les attend pas, je suis pour, quitte à essuyer un peu les plâtres, et à poser la première couche de peinture (rouge vif satiné) juste derrière.

À propos de plâtre, je ne suis plus dans la sélection du prix Orange, malgré tous les votes de GL** que j’ai eus. Pas bien compris comment ça marche, tout ça… Je suis un peu marrie, parce que les 15000€ du prix m’auraient permis de lever un peu le pied sur les traductions à 2 balles (j’exagère, c’est parfois 2 balles et demi) et les journées de 12 heures de transcriptions-corrections-plomberie, tout ça pour payer le loyer et la nourriture des poissons rouges (dont l’un est bleu, mais il l’ignore). À la place, je crois bien que je me serais (re)mise à l’écriture. Je dois boucler un recueil de nouvelles. Mais pas le temps. D’ailleurs, qu’est-ce que je fais là?

Allez, encore un peu.

Juste pour le plaisir de me contredire, je lis beaucoup en ce moment (à la place de dormir, par exemple), et j’ai découvert une nouvelle auteur (sans ‘e’ parce que je trouve ça laid). C’était ma voisine de salon à Balma, et comme cela se fait de s’intéresser aux autres dans ces circonstances, (entre autres) j’ai pris et ouvert son livre, j’ai lu les premières pages, et je l’ai acheté. Anne-Christine Tinel, en plus d’être une lumineuse jeune femme, est brillante (le plus fort, c’est qu’avec tout ça, elle ne fait même pas mal aux yeux). Je passe sur le fait que, comme personne, elle est très sympathique et que nous nous sommes bien amusées, et j’en viens à l’essentiel pour vous recommander la lecture de son roman, Tunis, par hasard. Je sais mal parler des livres que j’aime, alors je vous laisse apprécier par vous-même, et par bribes :

La nécessité de la trace ne surgit qu’avec la disparition. C’est pourquoi les contes s’achèvent au début du bonheur, nous laissant dans une frustration qui est celle du spectateur ; ce n’est pas tant que le bonheur n’ait pas d’histoire ; c’est plutôt que l’histoire du bonheur est intransmissible, une expérience irréductible au langage. (…) Exister, être heureux, magnifique adéquation entre la conscience et l’être, se fout éperdument des histoires. (…) L’histoire commence quand se referme à deux battants la porte du paradis. La parole arrive avec les morts.***

Et encore :

Tu aimes la mère passionnément ; mais tu grandis contre elle ; dans la douleur douce de son giron, tu apprends à ne pas lui ressembler. C’est cette obsession féroce, qui passera par blesser la mère tant aimée, qui te pousse dès le plus jeune âge dans des comportements qui ne sont pas ceux des petites filles, puis des jeunes filles, de ton âge. Le matin, quand la mère commence long circuit de sa journée, courses, repas, ménage, vaisselle, linge, couture, tu attrapes avec sauvagerie ton oreiller, et tu le places sur ton visage. Quitte à étouffer, tu ne veux pas entendre les bruits familiers de la kyrielle des obligations qui incombent aux femmes. Tu grandis comme une princesse, dans la paresse et l’innocence. (…) Obscurément tu es la princesse de la mère ; mais le père ne te regarde pas de cet œil-là. Première fille après quatre fils, tu es la porte par où entre le mal dans la demeure. Coupable par nature, par nature féminine.

Une écriture magnifique qui permet de porter un regard dégagé de toute complaisance sur la société tunisienne, et soutient une douleur lancinante qui finira par s’apaiser au décompte du temps. (On dirait du Télérama, je l’avais bien dit que je ne savais pas faire l’article… tpjl) Anne-Christine aura bientôt un site, restez accroché à la souris, je vous tiens au courant.

That’s all for today, folks. Profitez bien de ce long week-end et du soleil des éclaircies de la température relativement clémente pour un mois de janvier.

*J’ai écrit le début de ce non-post hier, comme quoi je m’y étais tout de même prise bien à l’avance…

**Gentils Lecteurs

***(Le choix de ce passage n’est pas anodin, il me semble voir exprimé clairement pour la première fois, dans ces phrases, la raison pour laquelle j’écris du noir, pourquoi je fais le récit du malheur plutôt que celui du bonheur)

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